Le Groupe NBG au Témiscouata

10 ans d’expertise dans le sciage du bois de tremble

L’entreprise NBG met en marché annuellement plus de 22 millions de p.m.p. de tremble, sous forme de bois de grade, composantes de palettes et bois carré de qualité et de dimensions variées.

L’entreprise NBG met en marché annuellement plus de 22 millions de p.m.p. de tremble, sous forme de bois de grade, composantes de palettes et bois carré de qualité et de dimensions variées.

Photo: Guy Lavoie

24 Sep. 2013
Claude Morin

La scierie du Groupe NBG de Rivière-Bleue au Témiscouata vient de franchir l’étape de sa première décennie d’existence. Spécialisée dans le sciage du bois de tremble, l’usine emploie une quarantaine de travailleurs et a réussi à diversifier considérablement sa gamme de produits fabriqués, à partir de cette essence forestière de feuillu mou à croissance rapide.

L’entreprise NBG met en marché annuellement plus de 22 millions de p.m.p. de tremble, sous forme de bois de grade, composantes de palettes et bois carré de qualité et de dimensions variées. Son chiffre d’affaires se situe à près de 7 millions $ et représente ainsi le plus important employeur de Rivière-Bleue.

Un partenariat d’affaires bénéfique

L’usine de sciage de Rivière- Bleue au Bas-Saint-Laurent a vu le jour en 1983, sous la propriété de l’industriel Raoul Guérette. Elle a par la suite été acquise par Produits forestiers Alliance en 1995 et par la société américaine Bowater en 2001. En février 2003, un regroupement de partenaires du Témiscouata (Bégin et Bégin, Norampac Cabano et les groupements forestiers de l’Est du lac Témiscouata, du Kamouraska ainsi que la Corporation agroforestière du Transcontinental) décide de s’en porter acquéreur. « L’intérêt pour nous de faire l’acquisition de cette scierie de bois de tremble était de conserver en région une usine de transformation de cette catégorie de bois afin de favoriser la mise en marché des bois de nos producteurs, hormis celui du bois à pâte pour le feuillu mou », précise l’actuel directeur général du Groupement forestier du Témiscouata, né de la fusion du groupement de l’Est du lac Témiscouata avec la Corporation agroforestière du Transcontinental, FRANCIS ALBERT.

Dix ans plus tard, cette association d’affaires se poursuit entre ces quatre acteurs de l’économie forestière du Kamouraska et du Témiscouata. Une mise en marché inventive « Au début, NBG comptait trois ou quatre clients au maximum. Aujourd’hui, notre liste de clients atteint et même dépasse la quarantaine d’acheteurs de nos produits », explique le directeur général du Groupe NBG et de Bégin et Bégin, FRÉDÉRIC DUBÉ. « C’est sûr qu’on a consacré de nombreux efforts pour accroître la diversification de nos produits issus du bois de tremble. Maintenant, nous sommes en mesure de répondre aux diverses commandes de nos clients en considérant une grande variété de dimensions possibles. Nous avons appris à jumeler plusieurs clients afin d’établir un patron de sciage qui nous permet d’atteindre la rentabilité », ajoute-t-il.

Historiquement connu pour la fabrication de bois de palette, l’usage du tremble destiné à d’autres fins connaît désormais un essor intéressant, estime le directeur général du Groupement forestier du Témiscouata, Francis Albert. « Présentement, l’usine produit différentes dimensions de bois de tremble destinées au secteur des composantes spécialisées dans l’aluminerie et les chaînes de montage de l’industrie automobile. Nous produisons moins de palettes de bois traditionnelles bien connues dans ce secteur pour nous concentrer sur divers éléments des composantes industrielles », fait-il valoir. Pour Francis Albert, ce virage stratégique a été salutaire : « Avec la crise vécue depuis 2006 et surtout en 2008- 2009, si nous n’avions pas eu cette variabilité de produits, c’est clair que nous aurions été dans l’obligation de fermer parce que le marché de la palette de bois était complètement tombé à plat. »

Au total, la scierie de Rivière-Bleue propose en ce moment à ses différents clients 42 produits distincts, conçus à partir du bois de peuplier faux-tremble.

Difficultés d’approvisionnement en bois de tremble

L’usine du Groupe NBG détient un volume d’approvisionnement en tremble de 25 200 m3, en provenance de la forêt publique. Cette attribution annuelle moyenne depuis 2008 ne représente que le quart des besoins de l’usine de sciage. « La majorité de nos sources d’approvisionnement en bois de tremble provient de la forêt privée du Bas-Saint-Laurent, du Nouveau-Brunswick ainsi qu’un très faible pourcentage de nos voisins du Maine. Nous poursuivons tout de même nos démarches pour tenter d’augmenter la proportion de bois de tremble en provenance de la forêt publique régionale pour approvisionner notre usine », dit le directeur général, Frédéric Dubé.

Pour le directeur général du Groupement forestier du Témiscouata, Francis Albert, il s’agit dorénavant du principal obstacle à surmonter pour assurer la pérennité de l’entreprise. « Notre grand défi des prochaines années, c’est l’approvisionnement. On incite d’ailleurs nos propriétaires et tous les autres producteurs qui ne sont pas nécessairement actionnaires à couper du bois de tremble », souligne-t-il. Le directeur général du Groupe NBG ajoute : « Heureusement que nous avons une excellente collaboration des producteurs de boisés privés du Bas-Saint-Laurent, du Nouveau-Brunswick et du Maine, sinon nous serions aux prises avec de sérieuses difficultés d’approvisionnement pour alimenter notre usine de sciage de Rivière- Bleue. Présentement, en raison de notre manque d’approvisionnement nous fonctionnons à 40% de notre capacité industrielle. »

Divers projets d’avenir

L’usage industriel du peuplier faux-tremble, nommé tout simplement tremble, s’est surtout fait connaître sous les formes de bois à pâte, placage, contre-plaqué et panneaux de particules. Son utilisation comme pièces de bois scié de diverses dimensions connaît à présent une croissance intéressante. Diverses applications de composantes industrielles utilisées dans les chaînes de montage automobile et dans les alumineries ont fait leur preuve et représentent maintenant un marché prometteur. Le potentiel du tremble comme bois de grade de type sélect, destiné au marché de l’exportation, semble aussi se tracer une voie d’avenir. « À mon avis, le bois de tremble demeure encore trop inconnu malgré un potentiel d’avenir intéressant. C’est pourquoi, nous envisageons divers projets de deuxième transformation du tremble. L’un de ces projets progresse à bon rythme. Nous avons bon espoir de le mettre de l’avant à notre usine de Rivière-Bleue, au début de l’année 2014 », constate avec enthousiasme Frédéric Dubé. « Les deux, trois dernières années ont été très difficiles et on a réussi à passer au travers. Pour ma part, je suis très heureux de voir cette usine en activité aujourd’hui, d’autant plus que le marché reprend et que nous sommes prêts pour affronter l’avenir », conclut le directeur général, Frédéric Dubé.