450M$ en travaux sylvicoles en forêt publique

«Jamais auparavant les entreprises impliquées en sylviculture n’ont eu un horizon de planification aussi long devant elles. Cette année, nous pourrons confirmer très tôt le retour au travail de nos équipes, c’est une excellente nouvelle pour nos travailleurs et leur famille», soutient Alain Paradis.

«Jamais auparavant les entreprises impliquées en sylviculture n’ont eu un horizon de planification aussi long devant elles. Cette année, nous pourrons confirmer très tôt le retour au travail de nos équipes, c’est une excellente nouvelle pour nos travailleurs et leur famille», soutient Alain Paradis.

photo: Guy Lavoie

10 Fév. 2015

Le premier ministre du Québec PHILIPPE COUILLARD a annoncé un investissement de 450M$ en travaux sylvicoles pour les deux prochaines années, soit 225 M$ en 2015-2016 et la même somme en 2016-2017. Il a fait cette annonce en compagnie du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, LAURENT LESSARD, et du député de Dubuc et adjoint parlementaire du premier ministre pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, SERGE SIMARD, le 9 février dernier.

Marie-Claude Boileau

«Comme député vivant dans une région forestière, je sais à quel point ce soutien est nécessaire au développement et à la croissance de cette industrie. Dès mon élection, j’ai pris l’engagement de tout mettre en œuvre afin de relancer notre industrie forestière. Aujourd’hui, nous lançons un important signal aux entrepreneurs ainsi qu’aux familles: la forêt québécoise constitue une richesse pour nos communautés, et notre gouvernement entend prendre les moyens nécessaires pour s’assurer de son développement sur l’ensemble du territoire québécois», déclare le premier ministre.

Pour sa part, le ministre Lessard souligne que cette aide permettra aux entrepreneurs en travaux sylvicoles et aux travailleurs forestiers d’obtenir une stabilité et de la prévisibilité. «Nous connaissons actuellement une période de relance importante dans le secteur forestier, et notre gouvernement a la ferme intention d’offrir aux entrepreneurs et aux travailleurs les outils nécessaires pour demeurer des chefs de file mondiaux en mise en valeur et en exploitation forestières», dit-il.

«L’annonce d’aujourd’hui témoigne, une fois de plus, que notre gouvernement accorde une grande importance au secteur forestier et qu’il respecte ses engagements envers son industrie et les communautés qui en dépendent», ajoute le député Simard.

Les travaux qui seront effectués au cours des deux prochaines années financières porteront surtout sur l’intensification de la production ligneuse, la planification forestière, l’exécution des interventions en forêt, leur suivi et leur contrôle, le mesurage des bois ainsi que l’attribution des droits forestiers.

Rappelons qu’une somme supplémentaire de 42 millions de dollars avait été annoncée en 2014-2015 pour la réalisation des travaux sylvicoles, pour un total de 225 millions de dollars.

Présent à la conférence, le président de la Fédération québécoise des coopératives forestières croit que cette annonce, qui arrive tôt dans le processus, donnera l’occasion aux coopératives de planifier adéquatement leur saison. Qui plus est, on connaît déjà le montant pour 2016-2017. «Jamais auparavant les entreprises impliquées en sylviculture n’ont eu un horizon de planification aussi long devant elles. Il s’agit d’une demande répétée depuis longtemps parce que sans prévisibilité, il est très difficile de s’organiser. Cette année, nous pourrons confirmer très tôt le retour au travail de nos équipes, c’est une excellente nouvelle pour nos travailleurs et leur famille», soutient ALAIN PARADIS.

Celui-ci se réjouit de voir que le gouvernement accorde de l’importance au développement forestier. M. Paradis mentionne que les signaux de marchés sont actuellement intéressants pour le bois d’œuvre : la diminution de la valeur du dollar et du coût du pétrole feront en sorte que les activités de récolte et de production de bois d’œuvre devraient être intenses au cours des prochains mois. «Avec l’annonce d’inves- tissements importants en sylviculture, les travailleurs sylvicoles contribueront à mettre en valeur le potentiel des forêts pour l’avenir. Ces deux leviers combinés permettront aux coopératives forestières et aux régions qui dépendent de la forêt de regagner beaucoup de vitalité», affirme-t-il.

RÉNALD BERNIER, président du Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM), s’est dit très encouragé par l’investissement dévoilé par le premier ministre. «Cette annonce envoie un message très positif pour l’avenir des communautés forestières et donne à l’industrie de l’aménagement une prévisibilité importante en matière de planification qui, à terme, permettra une plus grande efficacité dans la réalisation des travaux sur forêt publique», note-t-il.

M. Bernier a également aimé que M. Couillard insiste sur l’importance de prendre en considération les besoins des populations en matière d’emploi et de création de richesse notamment dans le secteur forestier. Il souhaite d’ailleurs que le premier ministre agisse avec cohérence et donne à la forêt privée la même attention que la forêt publique. «Les acteurs de la forêt privée souffrent d’une décroissance des investissements sylvicoles depuis plusieurs années contrairement à ceux de la forêt publique, qui eux, profitent d’une augmentation importante des ressources. Il est temps de rétablir la situation et d’offrir aux familles qui vivent de la forêt privée les mêmes chances de s’épanouir et de créer de la richesse dans leur région», signale-t-il.

Réaction du Parti québécois

SYLVAIN ROY, député de Bonaventure et porte-parole de l’opposition officielle en matière de forêts, rappelle que la prévisibilité des travaux sylvicoles provient d’un consensus dégagé par le gouvernement du Parti québécois lors de la tenue du Rendez-vous national de la forêt québécoise en novembre 2013. Selon lui, l’arrivée des libé- raux a semé l’incertitude sur les conclusions du Rendez-vous. «L’an dernier, le budget avait été confirmé pour un an seulement. Avec l’austérité, le climat est à ce point morose, que ça devient un événement spécial quand on ne coupe pas les budgets.

Qui plus est, le gouvernement libéral se targue d’avoir réinvesti 42 millions, argent qui, dans les faits, vient directement des poches des entreprises forestières qui ont vu leur droit de coupe augmenté», soutient-il.

Alors qu’elle a connu des coupures l’an dernier, M. Roy s’inquiète pour la forêt privée pour laquelle le financement n’a pas été accordé. «De plus, le financement du gouvernement fédéral semble avoir disparu de la carte et ne semble pas faire l’objet d’aucune demande de la part du ministre Lessard alors même qu’on s’approche des élections fédérales.

Depuis l’arrivée des libéraux, le soutien au financement de la foresterie sur les lots privés aura chuté drastiquement de plus de 20% si l’on ne réinvestit pas cette année», prévient-il. Le député de Bonaventure souligne que les propriétaires de forêt privée sont des entrepreneurs passionnés qui s’occupent de leur lot par choix et non par dépit. «Ils occupent le territoire, dynamisent leur environnement et emploient des gens de leur région. Il est important que le gouvernement fournisse les conditions pour que ces entrepreneurs puissent mettre en valeur leurs terres et ainsi prospérer», conclut-il.