Conseils d'André Picard de La Financière agricole du Québec

À savoir pour acheter, léguer et rentabiliser un lot boisé

Pour être admissible au programme de financement forestier, plusieurs conditions s’appliquent, que ce soit pour un premier ou un deuxième lot.

Pour être admissible au programme de financement forestier, plusieurs conditions s’appliquent, que ce soit pour un premier ou un deuxième lot.

Photo: Guy Lavoie

23 Jan. 2013
Bernard Gauthier

Saviez-vous que 27 000 entreprises agricoles et 1 400 entreprises et petits propriétaires forestiers au Québec ont obtenu un financement à des conditions privilégiées? C’est la conséquence de s’adresser à un regroupement telle La Financière agricole du Québec.

Financement forestier

Pour être admissible au programme de financement forestier, plusieurs conditions s’appliquent, que ce soit pour un premier ou un deuxième lot. « La meilleure façon de s’assurer qu’un projet soit accepté, est de tenir compte de sa capacité d’exploitation forestière et des revenus qu’il engendrera », explique ANDRÉ PICARD, directeur du financement agricole et forestier, La Financière agricole du Québec.

Parmi les conditions, le futur acheteur doit détenir ou en voie d’obtenir un certificat de producteur forestier. C’est une condition essentielle pour exploiter un lot. Pour l’obtenir, la façon est simple. Il suffit de compléter un formulaire à l’un des bureaux d’enregistrement du Québec (agences régionales des forêts privées ou syndicats des producteurs de bois). Parmi les critères d’admissibilité, le propriétaire doit posséder une superficie à vocation forestière d’au moins 4 hectares, dotée d’un plan d’aménagement forestier certifié conforme aux règlements de l’agence régionale de mise en valeur des forêts privées par un ingénieur forestier.

L’aménagement d’un boisé privé d’une superficie minimale de 60 hectares et la viabilité du projet sont deux autres critères pour obtenir de l’aide financière de La Financière agricole. Voilà la raison pour laquelle il est important pour un petit propriétaire de faire partie d’un groupement forestier pour être éligible s’il ne dispose pas de 60 hectares de terre. Les activités couvertes financièrement sont l’élaboration de plans d’aménagement forestier, l’aide technique, l’exécution de travaux sylvicoles et la fourniture de plants pour le reboisement. De façon générale, le montant maximum de l’aide financière et la nature des travaux admissibles varient selon les agences. Cependant, il est possible d’affirmer que le pourcentage de remboursement du montant des travaux est le même pour toutes les agences, soit 80%.

Conditions avantageuses

« Nous avons des conditions très avantageuses permettant aux emprunteurs d’obtenir un taux fixe ou variable basé sur le taux hypothécaire résidentiel sur lequel nous appliquons un rabais additionnel variant de 0,30 à 0,60% pour un terme de 1 à 7 ans », poursuit M. Picard.

La Financière agricole du Québec dispose d’un volume de prêts si important que son pouvoir auprès des institutions financières lui permet d’obtenir de meilleures conditions pour l’ensemble de ses clients. Les prêts sont garantis à 100% jusqu’à concurrence de 750 000 par entreprise forestière, ce qui permet de répondre généralement à tous les besoins. Chaque année, La Financière agricole prête de 20 M$ à 25 M$ à des entreprises forestières et petits propriétaires de lots.

Léguer de son vivant?

Pour André Picard, la question de transférer une propriété est beaucoup plus souhaitable de le faire de son vivant. À son avis, tout est plus visible et simple à exécuter. « La planification successorale est plus facile à exécuter avant qu’après un décès. Lorsque vient le temps de transférer une propriété, il y a souvent la question d’équité et de continuité de l’activité de l’exploitation qui peut entrer en ligne de compte. Il y a des gens qui vont léguer par testament leur immeuble à leurs descendants. Mais cela amène souvent un questionnement. Prenons l’exemple d’une famille de quatre enfants. Deux d’entre eux ne sont pas intéressés. Alors, comment évaluer l’équité dans tout ça? Souvent, nous allons accompagner nos gens pour leur assurer un financement qui permettra de répondre aux préoccupations pour ceux qui acquièrent les lots et aux autres ayant pris une autre direction.

Défis pour rentabiliser

Dans le secteur forestier, les options pour rentabiliser les investissements sur son lot ne sont plus ce qu’elles étaient. « Il s’agit d’un secteur en pleine mutation. Les prix des diverses matières premières demeurent peu élevés, le recyclage de plusieurs matériaux gagne du terrain. Le bois est présentement laissé pour compte. Nous avons un défi d’occupation et d’aménagement à réaliser. Les propriétaires de lots boisés ont à coeur d’avoir des terres bien aménagées, en ordre. Cela les incite à intervenir en forêt pour des coupes commerciales ou des travaux d’aménagement », indique M. Picard.

À son avis, la baisse de la demande du côté américain n’a pas eu nécessairement d’impact sur les prix des lots. Il précise que cela revient à dire qu’il y a des gens qui acquièrent des lots non pas dans l’intention de les exploiter comme revenu principal, mais comme revenu d’appoint. Ce qui, dit-il, ne met pas de pression sur la rentabilité de l’exploitation.

Est-ce que cela change le profil des acheteurs de lots aujourd’hui? Selon André Picard, plusieurs personnes ont suffisamment de superficie et bien protégé la ressource en étant capable de la renouveler par des plantations. « Je dirais que ces gens-là ont continué à acquérir des lots, mais ils ne sont pas légion. Il ne se crée pas beaucoup d’entités comme ça aujourd’hui. Ce qu’on voit le plus souvent, ce sont des gens qui acquièrent un lot boisé, font de l’entretien, de l’aménagement, mais assurément ce n’est pas leur revenu principal.

D’autres en revanche, peuvent exploiter un lot à temps partiel avec un ou deux employés. Au total, le portefeuille en prêts garantis de La Financière agricole est de 4,2 milliards de dollars dont 83 millions de dollars en prêts forestiers