Adoption d’une Charte du bois

Le bois est à la mode. Sur la photo, le nouveau restaurant St-Hubert de Trois-Rivières. Mais en plus du cosmétique, le bois devra être considéré dans la construction de tout nouvel édifice du gouvernement québécois. Voilà un des points inscrits dans la Charte du bois dévoilé le 30 avril dernier.

Le bois est à la mode. Sur la photo, le nouveau restaurant St-Hubert de Trois-Rivières. Mais en plus du cosmétique, le bois devra être considéré dans la construction de tout nouvel édifice du gouvernement québécois. Voilà un des points inscrits dans la Charte du bois dévoilé le 30 avril dernier.

Photo: Guy Lavoie

29 Mai. 2013
Marie-Claude Boileau

Le bois devra être considéré dans la construction de tout nouvel édifice du gouvernement québécois. Voilà un des points inscrits dans la Charte du bois dévoilé le 30 avril dernier. Un projet d’ailleurs bien accueilli par le domaine forestier.

«Notre gouvernement démontre aujourd’hui, par la Charte du bois, la volonté ferme de mettre en place des moyens plus efficaces pour favoriser l’utilisation d’un matériau transformé localement. En plus de consolider et même de créer des emplois pour nos communautés et dans les régions, une utilisation accrue du matériau bois constitue une contribution tangible à la réduction des gaz à effet de serre», soutient la ministre des Ressources naturelles, MARTINE OUELLET.

Le gouvernement québécois a décidé de montrer l’exemple quant à l’application de la Charte du bois puisqu’il est un important donneur d’ouvrage. Pour tous projets financés en tout ou en partie par des fonds publics, le gestionnaire de projet devra systématiquement démontrer qu’une solution bois a été évaluée et qu’un calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES), comparant le recours au bois à différentes solutions de construction, a été effectué à l’étape d’avant-projet.

Les projets de rénovation, qui impliquent l’ajout de superficie, seront soumis à la Charte. Le gouvernement mettra en place une grappe industrielle réunissant les acteurs de la filière construction de bois afin d’assurer une démarche cohérente pour favoriser l’utilisation du bois et le développement de produits du bois à valeur ajoutée. Un autre élément important de la Charte du bois est qu’on permettra dorénavant la construction de bâtiment en bois de cinq ou six étages qui était limitée à quatre auparavant. Ce point répond à une demande de l’industrie. «Les nouvelles techniques de construction permettent ce rehaussement. Nous avons travaillé en collaboration avec la Régie du bâtiment afin qu’elle élabore une mesure québécoise en attendant que des normes permanentes soient intégrées à la réglementation», mentionne, AGNÈS MALTAIS, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale et la ministre responsable de la Condition féminine.

En plus d’utiliser une ressource locale, construire en bois est une solution écologique et un moyen efficace pour lutter contre les GES. Le bois a la propriété de capter les atomes de carbone contenus dans le gaz carbonique (CO2). En moyenne un mètre cube de bois permet d’emprisonner une tonne de CO2. Par ailleurs, le gouvernement a créé un plan de formation pour que les ingénieurs et architectes aient les connaissances satisfaisantes pour l’utilisation du bois dans la construction. L’adoption de la Charte du bois permettra d’appuyer la recherche et le développement, notamment en créant des produits du bois à forte valeur ajoutée, en innovant dans les procédés de construction utilisant le bois en plus de concevoir des bâtiments dits «verts» à grande efficacité énergétique.

Réactions

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) s’est dit favorable à la Charte du bois. Il voit d’un bon oeil l’obligation d’utiliser du bois dans la construction et de calculer les émissions de GES dans les projets. «Cette annonce vient identifier les moyens pour concevoir davantage d’édifices commerciaux ou institutionnels en bois, trouver des débouchés pour de nombreux projets à valeur ajoutée, consolider des emplois dans notre industrie et ultimement, développer nos marchés», souligne ANDRÉ TREMBLAY, président-directeur général du CIFQ.

Même son de cloche du côté du Centre d’expertise sur la construction commerciale du bois (cecobois). L’organisme est satisfait de voir que le bois sera maintenant considéré sur le même pied que l’acier ou le béton. Selon eux, la Charte du bois apportera un vent de renouveau. «Avoir l’opportunité de soumissionner et de démontrer que le bois peut être tout aussi efficace, performant et économique que les autres solutions, est tout ce que l’industrie demande», mentionne LOUIS POLIQUIN, directeur de cecobois. Il ajoute que son organisation peut offrir des outils de conception, des guides techniques et de l’information sur les projets du bois aux professionnels qui en font la demande. FPInnovations s’est également réjoui de l’annonce. «Le leadership dont fait preuve ce gouvernement favorise l’innovation dans un domaine en expansion comme l’ingénierie des bâtiments en bois tout en contribuant au développement économique régional et en réduisant les émissions de GES», avance PIERRE LAPOINTE, président et chef de la direction. Selon eux, la construction de bâtiments résidentiels en bois de cinq et six étages permettra d’ouvrir un vaste marché à l’industrie de première et seconde transformation du bois massif.