AFAT: forêt privée au menu

Louis Prévost (gauche) du Bureau du forestier en chef et Stéphane Paul, directeur général du Syndicat des producteurs de bois AT comparent les courbes de rendement sur forêts publiques et le rendement en forêt privée lors de la sortie terrain.

Louis Prévost (gauche) du Bureau du forestier en chef et Stéphane Paul, directeur général du Syndicat des producteurs de bois AT comparent les courbes de rendement sur forêts publiques et le rendement en forêt privée lors de la sortie terrain.

Photo: courtoisie

15 Juin. 2017

Depuis quatre ans, l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT) organise le Rendez-vous des ressources naturelles. Lors de la dernière édition, le thème principal était la forêt privée.

Marie-Claude Boileau

«Chaque année, il y a une thématique un peu particulière. On essaie de rassembler la plupart des acteurs du milieu. Cette édition-ci portait sur la forêt privée. Le timing était bon puisqu’on met divers projets en branle en Abitibi-Témiscamingue», explique NICOLAS BEAULÉ, agent de développement de l’AFAT.

Malgré le contexte politique, la récolte de bois a augmenté au cours des deux dernières années. D’ailleurs, les usines manquent de bois. Étant donné qu’elles n’ont accès qu’à 75% des approvisionnements, elles doivent aller chercher ailleurs le 25% manquant. «On jugeait que la forêt privée n’était pas assez mise à contribution, mentionne M. Beaulé. C’est pourquoi on a mis sur pied un projet de démarcheur en aménagement pour les forêts privées en Abitibi-Témiscamingue. Cette personne a pour mandat d’aller frapper aux portes de ceux qui ne sont pas dans les rouages, les mécanismes de la forêt privée actuellement. On s’est rendu compte que ça marche beaucoup», souligne-t-il. Il ajoute que l’objectif de 100 000 m3 pour l’an prochain risque d’être atteint.

Sauf que récolter plus de bois implique un plus grand reboisement. Or, les budgets dans les agences de mise en valeur n’ont pas augmenté. «L’objectif du Rendez-vous sur les ressources naturelles était de mettre l’emphase sur le fait qu’on est déficitaire au niveau des budgets dans les agences de mise en valeur des forêts privées pour faire du reboisement. Étant donné qu’on ne pallie pas au niveau des récoltes suffisamment et qu’on met plus de bois sur le marché, il va y avoir un écart», indique-t-il.

L’événement annuel a permis de réunir tous les acteurs importants du milieu. «Tout le monde doit mettre l’épaule à la roue», soutient M. Beaulé. Ainsi, des représentants de la Chambre de commerce, des entrepreneurs, des producteurs et des maires ont participé à la journée. En tout, 130 personnes étaient présentes. L’AFAT et ses partenaires désiraient sensibiliser les participants à la forêt privée et à son potentiel notamment au fait qu’elle permette à des gens de travailler en plus de contribuer à l’économie en fournissant du bois à des usines.

L’organisation se réjouit du déroulement du Rendez-vous des ressources naturelles. Elle a pu compter sur la présence du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, LUC BLANCHETTE qui a fait une allocation à l’ouverture. MARC-ANDRÉ CÔTÉ, directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec de même que MARC BEAUDOIN, directeur général du Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) ont donné des conférences.

La présentation d’un nouveau calcul des possibilités forestières pour la forêt privée par un consultant a été un point fort de la journée. «Ça a été intéressant pour beaucoup de monde de voir la variabilité au niveau des intrants qu’on a dans ce calcul des possibilités forestières. On sait que nous, on utilise la possibilité forestière qui est un peu basée sur les études en forêt publique. Ce n’est pas du tout le même rendement quand on aménage les anciennes friches. Il nous a dévoilé un potentiel par MRC qui était à la hausse parfois jusqu’à 30% supplémentaire quant aux récoltes possibles», mentionne M. Beaulé.

VISITE TERRAIN

Les participants ont également effectué une visite terrain. Ils sont allés voir une parcelle où il y a des récoltes chez un entrepreneur privé puisque sa coupe était facilement visible. «On a abordé des thèmes comme l’acceptabilité sociale, la règlementation municipale, les termes techniques de remise en production. Il a aussi été question du fonctionnement de la récolte, de la quantité de mètres cubes à l’hectare qui en est sorti, les investissements initiaux et ce que ça pouvait rapporter. Il y avait une sensibilisation à faire auprès de certains producteurs et des acteurs qui lorsqu’ils voient une coupe trouvent ça laid. Il faut les conscientiser à ça», soutient M. Beaulé.

L’organisateur est satisfait que l’événement ait permis des échanges entre des gens qui n’en ont pas l’occasion en temps normal. Il espère maintenant que l’activité aura des suites notamment par du bois plus près des forêts et gérés par les acteurs.