Alerte à la tordeuse des bourgeons de l’épinette

La TBE est un insecte défoliateur qui s’attaque aux essences résineuses telles que le sapin baumier, l’épinette blanche et l’épinette rouge.

La TBE est un insecte défoliateur qui s’attaque aux essences résineuses telles que le sapin baumier, l’épinette blanche et l’épinette rouge.

Photo: Guy Lavoie

18 Jan. 2012
Karine Provost

L’été dernier, le Monde Forestier vous présentait un état de la situation épidémique de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE). Bien que l’épidémie actuelle demeure loin des sommets historiques des années 70 à 90, il apparaît clairement que l’insecte continue sa propagation dans l’Est du Québec.

«Le plus récent relevé aérien des dommages associés à la TBE démontre que les superficies infectées ont plus que doublé en un an», déclare LOUIS MORNEAU, entomologiste forestier, Service de la gestion des ravageurs forestiers du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). «Les régions les plus durement touchées par l’épidémie demeurent la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’Abitibi-Témiscamingue. Ce qu’il y a de nouveau cette année, c’est l’apparition de dégâts au sol causés par l’activité de l’insecte au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie-Îles-de-la- Madeleine.»

La TBE en chiffres

La TBE est un insecte défoliateur qui s’attaque aux essences résineuses telles que le sapin baumier, l’épinette blanche et l’épinette rouge. Entre 2010 et 2011, les superficies attaquées par ce ravageur ont augmenté, passant de 765 740 hectares (ha) à 1 642 957 ha. De ces superficies, 30% présentaient un niveau de défoliation grave, c’est-à-dire plus de 70% de perte de la pousse annuelle. Les superficies ont pratiquement triplé sur la Côte-Nord (532 000 ha à 1 300 000 ha). L’épidémie semble néanmoins se résorber graduellement en Outaouais. En effet, les relevés démontrent que les superficies infectées ont diminué en 2011, passant de 16 246 ha à 2 580 ha.

La lutte se poursuit en 2012

Dans le cadre du programme de lutte contre la TBE adopté en 2009 par le gouvernement, la SOPFIM élabore en ce moment son programme de protection 2012. M. Morneau: «Le programme de protection prend de plus en plus d’ampleur, ce qui reflète la croissance de l’épidémie.» Grâce à ses activités de pulvérisation aérienne d’insecticide biologique, la SOPFIM vise à préserver au moins 50% du feuillage des essences vulnérables. Au cours de l’été dernier, près de 63 000 ha de forêts de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont bénéficié d’arrosage aérien. La SOPFIM traite annuellement entre 5 à 10% de l’ensemble du territoire infesté. Les zones présentant un niveau de risque accru de dommages anticipés sont qualifiées d’aires admissibles à la protection. «Contrairement au dernier grand épisode épidémique, la lutte à la TBE se fait de façon beaucoup plus ciblée. En déterminant des aires admissibles à la protection, cela nous permet de concentrer nos efforts aux endroits prioritaires. L’objectif du programme de protection n’est pas d’enrayer totalement le passage de l’insecte, mais bien de permettre aux arbres de survivre à la suite d’une attaque», explique M. Morneau. La lutte à la TBE ne se fait pas uniquement du haut des airs. Plusieurs autres actions permettent également de diminuer l’impact associé à la TBE. M. Morneau: «Certaines mesures préventives telles que l’orientation des priorités de récolte permettent de diminuer la vulnérabilité des peuplements. À l’inverse, le calendrier des activités de récolte oriente les mesures de protection. Un peuplement devant être récolté dans un avenir rapproché ne nécessitera pas d’arrosage aérien. De plus, des plans spéciaux de pré-récupération peuvent également être entrepris pour les peuplements gravement touchés.»

La SOPFIM en bref

La SOPFIM est un organisme privé à but non lucratif instauré en 1990. Seul organisme reconnu dans la lutte biologique contre les ravageurs forestiers au Québec, la SOPFIM a pour mission d’offrir des services spécialisés de lutte contre les insectes qui menacent les forêts, l’agriculture et la santé humaine. Son financement est assumé conjointement par l’industrie forestière et le gouvernement du Québec. Afin d’assurer la pérennité des forêts du Québec, la SOPFIM est l’organisme mandaté par le gouvernement pour contrer l’action de la TBE. Est-ce que le travail de la SOPFIM permet réellement de venir en aide à nos forêts? «Bien que l’épidémie ait débuté en 2006, le taux de mortalité demeure néanmoins faible», conclut M. Morneau.

Sources : Site internet de la SOPFIM : http://www.sopfim.qc.ca Site internet du MRNF : www.mrnf.gouv.qc.ca MRNF, Relevés aériens des dommages causés par les insectes : http://www.mrnf.gouv.qc.ca/forets/fimaq/insectes/ fimaq-insectes-portrait-releves.jsp