Atelier Entrepreneuriat forestier québécois: des échanges fructueux

L’événement a été organisé par FORAC et FPInnovations. «C’est un mandat que l’on a obtenu du Groupe de travail sur l’avenir de l’entrepreneuriat forestier parce qu’il souhaitait que ça soit fait par une organisation neutre et associée à la recherche qui était ni patronale ni syndicale », explique LUC LEBEL, directeur de FORAC

L’événement a été organisé par FORAC et FPInnovations. «C’est un mandat que l’on a obtenu du Groupe de travail sur l’avenir de l’entrepreneuriat forestier parce qu’il souhaitait que ça soit fait par une organisation neutre et associée à la recherche qui était ni patronale ni syndicale », explique LUC LEBEL, directeur de FORAC

Photo: archives LMF

14 Juin. 2017

Entrepreneurs forestiers, donneurs d’ouvrage et gens de la recherche et développement étaient réunis les 27 et 28 avril à Québec pour participer à un atelier de travail sur l’entrepreneuriat forestier québécois. L’exercice a permis aux participants d’échanger et d’identifier des solutions quant aux divers enjeux qu’ils vivent.

Marie-Claude Boileau

L’événement a été organisé par FORAC et FPInnovations. «C’est un mandat que l’on a obtenu du Groupe de travail sur l’avenir de l’entrepreneuriat forestier parce qu’il souhaitait que ça soit fait par une organisation neutre et associée à la recherche qui était ni patronale ni syndicale », explique LUC LEBEL, directeur de FORAC.

JEAN-FRANÇOIS GINGRAS de FPInnovations explique que l’objectif était de «trouver des solutions pour aider les entrepreneurs forestiers dans le contexte actuel du régime au Québec où le gouvernement fait la planification, où c’est parfois difficile de financer les entreprises et difficile d’implanter de nouvelles technologies».

DISCUSSIONS REGROUPÉES SOUS QUATRE THÈMES

Les participants ont été choisis de manière égale en fonction de leur métier. Toutes les régions du Québec étaient aussi représentées. Les organisateurs ont donc fait des invitations pour avoir un échantillon représentatif. On ne voulait pas non plus avoir trop de monde puisqu’on voulait que les gens travaillent en petits groupes et puissent échanger facilement.

Leur projet a toutefois fait le tour parmi les entrepreneurs forestiers et plusieurs se sont montrés intéressés. Au final, l’activité a réuni 105 personnes alors qu’on visait 70. «On a eu une excellente participation. Ça a été un bel exercice collectif. Nous avions une diversité de gens autant des entrepreneurs que des forestiers de compagnie, des fournisseurs d’équipement, des associations, etc.», mentionne M. Gingras.

Les deux chercheurs devront synthétiser toutes les informations accumulées pendant l’atelier puis faire ressortir les éléments les plus importants. «L’atelier est une étape vers l’identification d’actions plus précises qui pourraient se transformer en demande d’appui auprès du gouvernement, en recommandations ou en modifications de programmes en place. C’est le Groupe de travail sur l’avenir de l’entrepreneuriat forestier qui décidera», explique M. LeBel.

Lors de l’activité, les participants avaient d’abord droit à une demi-heure de présentations courtes, et ce, pour chacun des quatre thèmes. Des entrepreneurs, donneurs d’ouvrage ou de la recherche et du développement faisaient des présentations de cinq minutes. Ensuite, les membres, groupés autour de tables de 12 personnes, discutaient. Une personne, appelée rapporteur, menait les échanges. «Ce qu’on voulait faire ressortir au cours de ces ateliers, c’était des idées, des énoncés de problèmes, des constats ou des solutions. On n’avait pas donné de consigne précise. On voulait juste qu’ils s’expriment», souligne M. LeBel.

Précisons que les organisateurs avaient auparavant demandé aux participants de répondre à un sondage afin de les préparer à l’événement. Pour le thème de la formation, les gens ont indiqué que certaines formations ne répondaient pas adéquatement à leurs besoins et au contexte. On a noté qu’il y avait parfois un manque de pratique sur les équipements. Certains ont dit que les donneurs d’ouvrage avaient un rôle à remplir et qu’ils devraient mieux exprimer leurs besoins par rapport à la formation. Le mentorat a été suggéré comme piste à explorer.

D’autres trouvent qu’il y a un manque de formation entrepreneuriale. On a aussi proposé de développer la formation à distance. Enfin, on a recommandé que la valorisation des métiers auprès de la nouvelle génération se poursuive.

Côté technologie, les participants ont constaté le changement de paradigme notamment en ce qui concerne l’accumulation de données. Or, on s’est demandé comment faire pour les partager et les mettre en valeur. On a également mentionné qu’il faudrait développer des moyens de communication pour échanger sur le Web ou avoir un hot spot WiFi pour la forêt.

Certains ont souligné qu’il fallait améliorer l’implantation de nouvelles technologies notamment par une planification en amont et en impliquant les gens plus tôt dans le processus. Étant donné les coûts aussi, on a suggéré le partage des risques et des bénéfices. Par ailleurs, on souhaitait avoir une démonstration claire des avantages avant de faire le déploiement d’une nouvelle technologie.

Le volet sur les programmes de financement a suscité beaucoup de commentaires. Selon les participants, les programmes gouvernementaux devraient être complémentaires aux autres modes de financement. Le gouvernement ne peut pas tout faire tout seul. De plus, ils ont dit qu’il fallait apprendre à réduire les risques pour les nouvelles entreprises. Certains ont mentionné que des programmes de financement étaient trop limitatifs et qu’ils ne ciblaient pas les bonnes entreprises. On a enfin suggéré d’avoir un guichet unique pour accéder à l’ensemble des programmes. En ce qui concerne la planification, on souhaite avoir un plan d’une durée plus longue, soit de trois à cinq ans. Le manque de planification et l’incertitude sur le court et moyen terme notamment quant aux volumes nuisent.

M. LeBel s’est dit impressionné par la richesse des informations qui sont recueillies lors des ateliers. Il ajoute que rien n’avait été fait pour les entrepreneurs forestiers depuis plusieurs années. Maintenant, les deux organismes doivent travailler sur leur rapport. Celui-ci devrait être remis au Groupe de travail vers la mi-juin.