Feux de forêt au Québec en 2012

Beaucoup d’incendies, mais pas de situation critique

Photo: SOPFEU

26 Sep. 2012
Fanny Roux-Fouillet

L’été 2012 aura été particulièrement actif pour la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). Au total, l’organisation a combattu 732 incendies depuis avril dans l’ensemble de la province.

Le nombre de feux de forêt qui ont frappé le Québec en 2012 est donc nettement supérieur à la moyenne des 10 dernières années (559 feux). «C’est une de nos années les plus occupées en 20 ans», analyse MÉLANIE MORIN, agente à l’information de la base de Maniwaki. Toutefois, une moins grande superficie de forêt est partie en fumée cette année. En effet, 36 000 hectares ont brûlé depuis avril, contre 116 000 en moyenne pour la dernière décennie.

Pas de situation critique

«Nous n’avons pas eu de situation critique avec la foudre cette année», explique ÉLOISE RICHARD, agente à l’information au siège social de la SOPFEU. «La foudre allume parfois des centaines de feux en une journée. On peut être vite surchargé », poursuit-elle. Les foyers combattus par la SOPFEU cet été étaient essentiellement d’une petite superficie, «mais ce sont des feux qui brûlent en profondeur », détaille Mme Richard. Ce type d’incendie demande beaucoup de travail aux pompiers, qui doivent notamment creuser la terre pour être capable de l’éteindre.

L’homme souvent en cause

Cette année encore, l’humain a été la cause de la majorité des feux de forêt qui ont touché le Québec. La base de Maniwaki recense pour son compte 61% des feux allumés par l’homme. Les incendies de cause humaine sont essentiellement dus à des brûlages de nettoiement et à des feux de récréation en forêt. «Souvent, il s’agit de négligences, comme des campeurs qui oublient d’éteindre un feu de camp», commente JOSÉE POITRAS, agente à l’information de la base de Roberval. «Les feux d’origine humaine sont cependant éteints plus vite, car ils sont plus faciles d’accès », affirme-t-elle.

Le Sud-Ouest est le plus touché

La région la plus touchée a été l’ouest de la province, «et particulièrement le sud-ouest, où il a fait très beau et où il a très peu plu», détaille Éloïse Richard. La base de Maniwaki à elle seule a en effet combattu plus de 300 incendies cet été. Le pire mois a été juillet pour l’ensemble de la province. «Il y a eu trois semaines sans précipitations », rappelle Mélanie Morin. Sur les 732 brasiers recensés cet été, 243 ont eu lieu en juillet. Le mois de mai a également été assez actif pour la SOPFEU, avec 170 foyers.

Un printemps précoce

Le grand nombre de feux de cet été peut être expliqué entre autres par l’arrivée hâtive du printemps, avec des températures atteignant les 30°C dès le mois de mars. «Habituellement, nous effectuons nos premières interventions vers la mi-avril, mais cette année nous avons dû intervenir dès mars», raconte ROBERT LEMAY, agent d’information de la base de Val-D’Or. «La fonte rapide de la neige et le manque de précipitations ont asséché le sol très vite», continue-t-il.

Rester prudent en automne

Bien que les températures se rafraîchissent déjà, les forêts québécoises ne sont pas encore à l’abri des incendies. «Les gens prennent d’assaut la forêt pour des activités comme la chasse. Et comme le feuillage sèche et tombe, cela peut occasionner des incendies», explique Josée Poitras. Toutefois, ce sont souvent des feux d’une moins grande intensité.

Miser sur la prévention

La SOPFEU mise sur la prévention pour aider à diminuer le nombre de feux de cause humaine. Des campagnes d’information ont lieu et l’organisation travaille en partenariat avec les municipalités pour rejoindre le plus possible de résidents. «Nous faisons beaucoup de prévention et d’interventions dans les médias, mais la majorité des feux est encore causée par l’homme», regrette Mélanie Morin. Au cours des 10 dernières années, 70% des incendies qui ont touché les forêts québécoises ont été déclenchés par l’humain.

Règles de sécurité

Afin de réduire le nombre de feux de cause humaine, la SOPFEU invite les citoyens à respecter quelques règles élémentaires de sécurité. Pour les brûlages, choisissez une journée sans vent et assurez-vous d’avoir une source d’eau à proximité. Si possible, pensez à d’autres alternatives comme le compost ou les écocentres. Si vous allumez un feu de camp, faites-le dans un lieu dégagé, trop proche des arbres, et évitez de faire un trop grand feu. Enfin, éteignez vos mégots de cigarette sur un sol minéral. Pour plus d’information visitez le site internet de la SOPFEU.