Bersaco modernise ses équipements

Martin Claveau

16 Oct. 2019

Le 6 juin dernier, à Sacré-Cœur au Saguenay, c’est avec une fierté non dissimulée que les responsables de Bersaco ont levé le voile sur le récent processus de modernisation de l’entreprise.

Martin Claveau

Cette coopérative solidement implantée à Bergeronnes sur la Côte-Nord fait bande à part dans son domaine. Bien que la PME fasse partie intégrante du concept de Boisaco, dont les fondations sont au Saguenay, l’entreprise est située à Bergeronnes sur la Haute-Côte- Nord. Elle est donc en retrait des autres usines de Boisaco. « Nous faisons quand même partie intégrante des activités de Boisaco », affirmait cependant le directeur général, LUCAS DESCHÊNES, lors de son allocution devant un parterre d’une soixantaine de personnes réunies pour l’occasion.

Depuis 2002, Bersaco fabrique des composantes de palettes en bois à partir de billes de bouleaux et de trembles. Ses produits sont vendus sous forme d’ensembles à des grossistes, qui les revendent principalement sur le marché américain. Ainsi, 95 % de la production de Bersaco est destinée aux États-Unis.

Avec un volume annuel d’utilisation de 110 000 m3 de bois et un chiffre d’affaires de 5,5 millions $, l’usine de Bersaco est un employeur important pour sa communauté. L’entreprise emploie 35 personnes sur le site de Bergeronnes, mais près d’une trentaine d’emplois lui sont aussi directement liés sur le site de Boisaco à Sacré-Cœur. « Nous partageons beaucoup avec Boisaco et nous sommes très bien intégrés au groupe », soulignait le directeur qui connaît fort bien le regroupement, car il a également travaillé pour les autres usines.

L’entreprise s’approvisionne localement, car le bois qu’elle utilise provient de la Côte-Nord et du Saguenay. L’aspect le plus distinctif de Bersaco demeure le fait que l’entreprise utilise des feuillus pour générer sa production, ce qui est plutôt rare. Sur la Côte-Nord, les conifères sont nettement plus abondants et beaucoup plus faciles à utiliser.

Modernisation récente

Bersaco fonctionnait bien, mais elle faisait face à un problème. « Nos équipements étaient désuets et n’avaient pas été conçus pour travailler avec du feuillu », indique M. Deschênes. Les dirigeants de l’entreprise, de concert avec les travailleurs, ont donc jugé que le temps était venu de moderniser leur usine. « Dans un premier temps, nous avons dû démanteler notre ancien équipement de sciage », rappelle le directeur. Cette portion du projet a été réalisée par les employés de Bersaco et a duré quelques semaines. Par la suite, le nouvel équipement a pu être mis en place par un sous-traitant. Le coût total du projet est évalué à 1 million $. « Nous avons dû faire entrer un très un gros kit dans une petite usine. Les employés ont même dû défaire le toit pour que ça fonctionne », rigole M. Deschênes.

Vite fait et bien fait

Ce faisant, il a donc été nécessaire de refaire également certains murs. Le résultat constitue toutefois une réussite selon lui. « Nous avons accompli un petit miracle, puisque la décision d’aller de l’avant a été prise en janvier, au retour des vacances des fêtes et en juin, tout était effectif. Nous sommes maintenant bien équipés et nous obtenons déjà un très bon rendement de notre nouvel équipement », dit-il.

Selon le directeur, les employés de Bersaco ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation, à travers tout le processus, pour que le changement se fasse sans anicroche. Pour certains, il a été nécessaire de réapprendre à couper et à scier du bois. Cela ne présente pas une mince tâche pour des gens qui travaillent de la même manière depuis des années. « Nous nous en sommes très bien tirés », se réjouit-il.

Le prochain défi pour Bersaco sera celui de la motorisation selon Lucas. « Nous avons un beau projet d’empilement automatique. Ça devient nécessaire, car il est de plus en plus difficile de renouveler notre main-d’œuvre qui est malheureusement vieillissante » conclut-il. Après avoir traversé avec succès une période d’adaptation cette année, l’entreprise se trouve sur la bonne voie et examine maintenant les nombreuses possibilités qui s’offrent à elle.