16, 17 et 18 novembre 2012

Bilan du premier Forum sur l’énergie

La Cité de l’Énergie, à Shawinigan.

La Cité de l’Énergie, à Shawinigan.

Photo: courtoisie

La Cité de l’Énergie, à Shawinigan.

La Cité de l’Énergie, à Shawinigan.

Photo: courtoisie

19 Jan. 2012
Isabelle Chartier

Les 16, 17 et 18 novembre dernier, la ville de Shawinigan était l’hôte d’un événement d’envergure: le premier Forum québécois sur l’énergie. L’objectif? Offrir aux décideurs et acteurs socioéconomiques de toutes les régions du Québec l’occasion de discuter des enjeux liés à la consommation d’énergie et de la nécessité de prendre un virage vers un Québec sans pétrole. Plus de 300 personnes provenant de partout au Québec ont répondu à l’appel.

Tenu sous la présidence d’honneur de ANDRÉE-LISE MÉTHOT, fondatrice de Cycle capital, et animé par JACQUES MOISAN, ancien directeur de l’information à TVA, le Forum a accueilli plusieurs personnalités. PIERRE ARCAND, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), a participé à la table ronde qui a marqué l’ouverture de l’événement. RENÉ VÉZINA, chroniqueur économique au journal Les Affaires, Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal, RICHARD MESSIER, vice-président au sein de Léger- Marketing, FRANÇOIS REEVES, cardiologue et auteur, et STEVEN GUILBEAULT, cofondateur d’Équiterre, étaient parmi les nombreux conférenciers et experts venus enrichir le débat et livrer leur vision d’un avenir énergétique gagnant pour le Québec. Le savoir-faire québécois a également été mis à l’honneur lors de la Foire de l’énergie, où plus d’une vingtaine d’exposants ont présenté leurs réalisations novatrices.

Pistes d’action prometteuses

Prendre un virage vers un Québec sans pétrole pose plusieurs défis de taille. La transition énergétique doit avantager le Québec à la fois sur les plans économique, social et environnemental. Parmi les moyens d’action envisagés, le développement du transport collectif s’avère un enjeu prioritaire, non seulement dans les grandes villes, mais dans l’ensemble de la province. En plus de procurer de nombreux bénéfices liés à l’environnement, le transport en commun engendre des retombées économiques importantes et contribue à augmenter notre qualité de vie. L’utilisation de la biomasse constitue une autre piste d’action qui suscite beaucoup d’intérêt. Le contexte actuel au Québec est propice au développement de ce marché. La biomasse est une ressource abondante et renouvelable, jusqu’à maintenant sousutilisée. Une fois transformée, elle peut notamment être utilisée pour le chauffage industriel, institutionnel ou commercial. Si elle est récoltée de façon responsable, en assurant la qualité de l’environnement, le maintien de la biodiversité et la productivité des forêts, la biomasse peut non seulement contribuer au remplacement des énergies fossiles, mais également devenir un important moteur économique pour les régions.

Un engagement concret

Le point culminant du Forum a été le lancement de la Déclaration d’engagement pour une stratégie de réduction de la dépendance au pétrole (www. rdvenergie.qc.ca). Cette déclaration, qui constitue la première démarche concrète de la société québécoise pour s’affranchir du pétrole, a été présentée par PHILIPPE BOURKE, directeur général du Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ). Les signataires de la déclaration sont déjà plus d’une centaine. «Nous souhaitons que le gouvernement du Québec s’inspire de notre déclaration afin que les idées qu’elle véhicule se reflètent dans les politiques publiques», souligne M. Bourke. «Nous croyons qu’un tel projet devrait constituer la pierre angulaire de la stratégie qui permettra au Québec d’atteindre l’objectif de réduction des émissions de GES qu’il s’est fixé pour 2020, c’est-à-dire une réduction de 20% sous le niveau de 1990.»

Une démarche à poursuivre

La démarche de consultation et de mobilisation de la population, qui s’est déployée tout au long de l’année à travers les Rendez-vous de l’énergie et qui s’est conclue par la tenue du Forum québécois sur l’énergie, a permis de sensibiliser les participants à la dépendance du Québec envers le pétrole. «Nous sommes très heureux du succès de l’événement», affirme Philippe Bourke. «Maintenant que les décideurs sont mobilisés et qu’une prise de conscience s’est opérée dans le milieu, il faut pousser plus loin la démarche. La réflexion entamée doit mener à des actions concrètes.» En collaboration avec le MDDEP, le RNCREQ envisage la mise en place de tables régionales de concertation, dont le mandat serait de mettre en oeuvre les plans d’action qui découleront de la stratégie de réduction de la dépendance au pétrole. «Le domaine de l’énergie est complexe et les enjeux qui s’y rattachent le sont tout autant», explique M. Bourke. «Il faudra continuer le travail de sensibilisation et d’information auprès de l’ensemble de la population. Les décideurs devront soutenir davantage les initiatives visant la réduction de notre dépendance au pétrole en y attribuant les ressources financières nécessaires. » La déclaration d’engagement deviendra alors un véritable projet de société.