Activités sylvicoles de 2,481 G$ en 2012

Bilan économique des activités sylvicoles en forêt privée

«En 2012, le bois de la forêt privée a représenté 15 % de tout le bois rond consommé par l’industrie forestière du Québec», expliquent Marc-André Rhéaume et Marc-André Côté.

«En 2012, le bois de la forêt privée a représenté 15 % de tout le bois rond consommé par l’industrie forestière du Québec», expliquent Marc-André Rhéaume et Marc-André Côté.

Photo: Guy Lavoie

22 Jan. 2015

La Fédération des producteurs forestiers du Québec a récemment publié le «Portrait économique des activités sylvicoles en forêt privée pour 2012». Le chiffre d’affaires des activités sylvicoles était de 2,481 G$.

Isabelle Le Maléfan

Alors que l’année 2012 a été marquée par un niveau faible d’activités, quelque 24 860 personnes ont eu un revenu issu des activités sylvicoles réalisées chez l’un des 130 000 propriétaires forestiers du Québec. Compte tenu du caractère saisonnier du travail, cela représente 9 399 emplois à temps complet pour les travaux en forêt privée.

2,481 milliards de $

L’essentiel des employés intervient avant la transformation du bois. En effet, 18 496 emplois ont participé à la gestion des programmes, à l’aménagement forestier, à la récolte et la commercialisation du bois et au transport du bois. Tandis que 6 364 emplois s’occupent de la transformation primaire et secondaire du bois provenant de la forêt privée.

Les activités sylvicoles ont généré un chiffre d’affaires de 2,481 G$ dont près de 2,1 G$ provenant de la transformation primaire et secondaire du bois de la forêt privée.

La mise en valeur des forêts privées

Les mesures de soutien gouvernemental représentent plus de 63 millions$ pour la filière avant la transformation du bois. Ces programmes d’aide ont permis de «soutenir l’industrie de l’aménagement forestier présente dans toutes les régions du Québec. Ils engagent les propriétaires forestiers à travailler selon les règles de l’art sylvicole», stipulent les deux auteurs de ce portrait, MARC-ANDRÉ RHÉAUME, ing.f.; et MARC-ANDRÉ CÔTÉ, ing.f, Ph.D.

En 2012, 106 organismes et entreprises ont accompagné les propriétaires forestiers dans des projets d’aménagement forestier à travers la province. Quelque 19 pépinières publiques et privées ont produit des plants forestiers pour le reboisement. Cette activité d’aménagement forestier a permis l’embauche de 2 615 personnes, soit 876 emplois à temps complet. «Les travaux ont été réalisés grâce à un partenariat financier avec les compagnies forestières et 9 316 propriétaires de boisés, ce qui a généré un chiffre d’affaires de 51,6 millions de dollars courants», ajoutent-ils.

La région Chaudière-Appalaches en tête

Le nombre d’emplois varie d’une région à l’autre de la province. Il dépend des montants investis par les programmes d’aide et les volumes de bois vendus aux entreprises de transformation de produits forestiers. En 2012, la région Chaudière- Appalaches comptait 7 255 emplois avant la transformation du bois sur les 18 496 emplois enregistrés au Québec. Suivaient, les régions du Bas-Saint-Laurent avec 2 729, l’Estrie avec 1 587 emplois et le Centre-du-Québec avec 1 554 emplois.

La production de bois et son transport

Même si la production de bois rond a été basse en 2012, 14 961 propriétaires ont quand même produit 4,2 millions de mètres cubes de bois pour alimenter l’industrie des produits forestiers. La récolte de bois de chauffage a été chiffrée à 1,8 million de mètres cubes. Le chiffre d’affaires de la récolte de bois représente 260 millions $, excluant les frais de transport.

En 2012, le volume de bois récolté a engendré 1 603 emplois à temps complet. «La récolte de bois en forêt privée a demandé plus de 140 000 transports au cours de l’année 2012. Ces livraisons permettent d’assurer l’alimentation de plus de 200 usines de transformation du bois réparties sur l’ensemble du territoire québécois», commentent les auteurs. Quelque 806 personnes, soit 487 camionneurs à temps plein et autres employés du secteur,ont participé à cette activité dont le chiffre d’affaires était de 69 millions $.

La transformation primaire et secondaire du bois

«En 2012, le bois de la forêt privée a représenté 15 % de tout le bois rond consommé par l’industrie forestière du Québec», expliquent Marc-André Rhéaume et Marc- André Côté. La récolte de bois a permis de développer 6 364 emplois pour un chiffre d’affaires de 2,1 G$ pour l’industrie.

Un potentiel inexploité

La forêt privée souffre encore des «conséquences de la crise forestière et des impacts liés à l’introduction du nouveau régime forestier limitant l’accès aux usines de transformation du bois», rappellent les auteurs de ce portrait.

Pourtant le potentiel est là. Les boisés privés pourraient engendrer une récolte annuelle de 16 millions de mètres cubes. En 2012, «la récolte n’a été que de 6 millions de mètres cubes en incluant la récolte de bois de chauffage», soulignent-ils. Les deux spécialistes s’accordent pour dire que la forêt privée «pourrait fournir un total de 10,8 millions de mètres cubes de bois, dont 9 millions pour le marché des produits forestiers.

L’augmentation de cette production permettrait de doubler les emplois et le chiffre d’affaires». En utilisant mieux le potentiel des boisés privés, ils estiment qu’il serait «possible de faire progresser le nombre d’emplois à temps complet de 9399 à 14280.» «L’augmentation de la production de bois de la forêt privée québécoise pourrait générer un chiffre d’affaires totalisant 668 millions $ pour les activités en forêt et 4,7 milliards $ pour la transformation de ce bois», concluent-ils.