Renald Bernier

2021, une année d’opportunités

16 Déc. 2020

L’édition de Décembre déjà. Cela veut dire que Noël approche. Cela veut aussi dire que ma maison se met en mode célébration. Il faut être honnête, ce ne sera pas encore moi qui fera les décorations cette année. C’est le domaine réservé de ma conjointe. Par contre, je serai appelé sous les drapeaux afin de fournir quelques «voyages» de branches pour faire des couronnes et autres ornements. Je serai appelé à vérifier les courants de lumières pour voir si certaines ampoules auraient brûlées. Et si je suis bien sage, je pourrai peut-être même participer au montage de l’arbre de Noël, mais cela, ce n’est pas certain… En fait cette année, vu les circonstances, on en fera un peu plus, malgré tout.

Sans vouloir faire un mauvais jeu de mots, cette année ne fut pas un cadeau. L’économiste en moi n’aime pas l’incertitude. Cette mélasse qui nous empêche de prendre des risques et d’avancer.  Cette mélasse qui nous donne le goût de se rouler en boule et «d’attendre que ça passe.»

Nous n’avons pas été épargnés de ce côté. Nous avons compris que ce que nous prenions pour acquis, ne l’était pas vraiment. Que notre secteur, bien qu’il soit très important n’est pas à l’abris d’une très mauvaise surprise. Nous avons aussi appris que même si nous voulions faire front commun, nous devions le faire séparément…

En fait, cette année, nous aurions toutes les raisons pour nous apitoyer sur notre sort. Covid-19, manque de prévisibilité, marchés fluctuants, Loi sur les contrats des organismes publics, etc. Ce serait vraiment l’occasion de raffermir nos liens en partageant des moments heureux mais cela encore, ce sera difficile cette année.

Bien qu’économiste, je suis aussi un grand optimiste. J’aime à croire que nous sommes capables de tirer du bon de chaque situation. En effet, cette année, nous avons appris que nous pouvions être résilients. Nous avons aussi appris que nous étions capables de composer avec l’adversité et l’incertitude, beaucoup plus que nous pensions au départ. Nous avons appris qu’en travaillant en partenaires, nous sommes capables de faire évoluer les choses.

Un peu à l’instar des guirlandes qui égayent ma rue en ce moment et avouons-le, Hydro-Québec aussi, ce constat m’apporte beaucoup de réconfort. En effet, cette année, nous avons acquis la certitude que nous pouvions relever des défis pour peu que nous travaillons ensemble. Cela laisse présager de bonnes choses car des défis, nous en aurons encore en 2021.

En fait, si j’y pense bien, ce ne sont pas tant des défis qui nous attendent en 2021, mais plutôt des opportunités. Des opportunités de faire avancer, de faire mieux, ensemble comme secteur. En forêt publique, nous aurons l’opportunité de développer un système d’octroi de contrats qui stabilisera l’industrie de l’aménagement tout en respectant les ententes commerciales internationales. Nous aurons aussi l’opportunité de donner plus de prévisibilité à la planification des travaux. Cette prévisibilité qui manque et qui fragilise notre industrie. Mais c’est aussi cette prévisibilité qui permettra à l’esprit entrepreneurial qui habite nos membres de participer efficacement à la création de richesse en régions forestières.

En forêt privée, nous aurons encore une fois l’occasion de montrer que les acteurs du secteur forment un réseau fort sur lequel on peut dépendre pour donner de la prévisibilité dans les approvisionnements.

Nous aurons aussi l’occasion de mettre à profit l’expertise développée depuis près de 50 ans afin de rendre les processus plus efficaces et performants. Le moment est venu de permettre aux professionnels de jouer pleinement leur rôle.

En 2021, le monde municipal aura l’occasion de donner un coup de pouce au secteur de la forêt privée en utilisant les nouveaux outils fiscaux. Des outils qui favoriseront l’aménagement forestier et la production de bois en forêt privée et qui donneront plus de prévisibilité à l’industrie de la transformation.

Cette année, nous aurons tous l’occasion de montrer notre confiance envers le matériau «bois» en le choisissant pour la construction de nos sièges sociaux, nos entrepôts, nos usines.

La tâche devant nous est impressionnante, mais elle est à notre portée, ne l’oubliez pas. Cette année, nous aurons l’occasions de faire toutes ces choses dans la mesure où nous acceptons de travailler ensemble, en partenariat avec les autorités et tous les acteurs de notre secteur.

Il me reste à vous remercier, les membres, de même que les partenaires et le personnel de Groupements forestiers Québec. Le contexte difficile des derniers mois a fait rejaillir le meilleur de nous. Au final, ce sont nos groupements et nos régions qui en ressortiront plus forts.

Je vous souhaite donc à tous de passer de joyeuses Fêtes en sachant fort bien qu’elles seront bien différentes de celles que nous connaissions. Mais la distance ne veut surtout pas dire que nous serons loin pour autant.