Jocelyn Lessard

À la recherche des avantages coopératifs

12 Mai. 2017

La FQCF a tenu une plénière sur les avantages coopératifs pendant le congrès du 6 et 7 avril. La discussion a été animée, mais le processus devant conduire à l’identification des avantages s’est avéré inapproprié. Retour sur une démarche à compléter.

L’OBJECTIF À ATTEINDRE

Les coopératives forestières existent depuis plusieurs décennies, mais il est sage de s’interroger périodiquement sur les avantages offerts aujourd’hui aux membres et aux partenaires externes.

Considérant les assises théoriques et l’utopie sur laquelle repose la coopération, il n’est pas certain qu’elles connaissent et utilisent tout le potentiel de ce modèle d’organisation des personnes. La plénière participative visait à identifier les principaux avantages coopératifs internes actuels.

UNE DÉMARCHE TROP AMBITIEUSE

Il existe une gradation importante entre les avantages les plus évidents et ceux qui sont les plus complexes à comprendre et à mettre en marché. Comme la FQCF compte des coopératives de travailleurs et de producteurs, dont les avantages diffèrent, il n’était pas facile de réaliser cela en une session de quatre-vingt-dix minutes. Le défi qui était à relever consistait à résumer des propositions complexes afin d’en simplifier la présentation et à faire prendre position l’assistance avec une méthode qui s’est avérée ne pas comprendre suffisamment de nuances.

Ajoutons à cela l’apprentissage de l’outil technologique utilisé, des sondages Adobe Connect, et vous arrivez à un résultat qui rate la cible. J’assume la responsabilité de cette situation. En travaillant avec trop d’ambition sur le déroulement, j’avais déjà des doutes sur notre capacité de bien maitriser le sujet en si peu de temps. J’avais même déjà suggéré au CA de réduire la voilure. Les membres du conseil avaient d’ailleurs convenu de limiter la session aux avantages internes.

La FQCF a obtenu le support de l’IRECUS qui a contribué à raffiner le déroulement, mais ses représentants devaient travailler avec un cadre qui avait été trop mal défini au départ. Dans ce contexte, ce qui est vraiment réjouissant est que les représentants des coopératives ont tenté malgré tout de jouer le jeu.

Les échanges ont été intenses, mais les limites du processus proposé ont été rapidement détectées. Les coopératives tiennent maintenant à aller plus loin en ne faisant pas l’économie d’une discussion plus profonde.

DES AVANTAGES À DÉMONTRER

Au début du spectre se trouvent les avantages les plus évidents. Ils découlent de la nature même des coopératives. Il est question ici de la démocratie, une personne un vote, et de la transparence, tous les membres ont droit de connaître la situation exacte de la coopérative.

S’ajoute à ces avantages évidents, la participation des membres aux excédents et la possibilité de faire partie du conseil d’administration. Ce sont des avantages gigantesques, que les autres formes d’entreprises ne peuvent offrir. Les coopératives qui ne donnent pas ces avantages doivent s’interroger sérieusement afin de déterminer si elles sont toujours des coopératives.

Ce sont cependant loin d’être les seuls avantages. Il existe une littérature relativement abondante sur les autres avantages théoriques potentiels que les coopératives peuvent offrir et qui existent dans certaines coopératives. Les travaux de recherche qui présentent ces avantages s’appuient sur des analyses économiques et sociologiques.

Par exemple, il a été démontré scientifiquement qu’il existe des failles de marché liées au fait qu’il est impossible d’avoir véritablement confiance aux entreprises capitalistes, surtout quand il s’avère difficile de vérifier leurs promesses sur leurs produits ou services. Volkswagen a donné un exemple assez évident de cette notion avec la découverte du stratagème visant à réduire frauduleusement les émissions polluantes de certains de ses moteurs diesel et essence lors des tests d’homologation.

En principe, puisque les coopératives ne sont pas motivées par le rendement sur le capital, mais plutôt par la satisfaction des besoins des membres, on peut leur faire confiance. Est-ce que toutes les coopératives sont conscientes de cet avantage? Que doivent-elles faire pour que cette présomption soit réelle et que tous ceux qui doivent le savoir l’apprennent? Nous n’avons pas été capables d’approfondir suffisamment cette discussion pendant le congrès, mais, compte tenu de l’intérêt manifesté par les coopératives, le conseil d’administration devra maintenant proposer une nouvelle démarche. Nous devrons prendre le temps qu’il faut pour identifier les avantages spécifiques des coopératives forestières et pour les mettre en marché stratégiquement.