Renald Bernier

Un beau rendez-vous en perspective

13 Mai. 2014

En 1995, les partenaires de la forêt privée se sont rencontrés afin de définir une nouvelle façon d’assurer la mise en valeur du territoire privé. Ce faisant, nous voulions tirer le maximum de ce que cette ressource pouvait offrir en termes de développement au Québec.

C’est à ce moment que nous avons vu apparaître des éléments de règlementation municipale contre les coupes abusives, un financement tripartite et bien sûr, la naissance des agences de mise en valeur des forêts privées. À cette époque, il y avait une volonté très claire, les partenaires voulaient un forum d’échange et une structure régionale qui seraient en mesure d’adapter les interventions en forêt privée à leur contexte particulier. Pour y arriver, on comptait sur l’utilisation des forces des partenaires afin de maintenir la structure la plus légère possible et ainsi diriger le plus de ressources possible vers la réalisation de travaux.

L’évolution des choses

Évidemment, il s’est passé plusieurs évènements depuis le Sommet sur la forêt privée de 1995. Trois autres rencontres du genre se sont succédées, une crise économique s’est déclarée. Plusieurs décisions ont été prises. Des engagements ont été reconsidérés, etc. La structure même des agences a évolué. Pendant que certaines faisaient le choix de se coller aux objectifs de départ, d’autres choisissaient d’étendre leur influence. Est-ce mal? Pas nécessairement. Croire qu’un concept de gestion de la forêt privée comme celui mis en place en 1995 pouvait passer 19 années sans subir des modifications aurait été naïf. Il a évolué selon les besoins et le contexte de son époque.

Un questionnement qui tombe à point

La question que nous devons nous poser par contre c’est: avons-nous les outils nécessaires pour atteindre le plein potentiel de la forêt privée, aujourd’hui? La question mérite d’être posée, non? Nous sommes dans une ère de changements. Un nouveau régime forestier se met en branle. Les paradigmes ne sont plus les mêmes. Le marché du bois s’est modifié, etc. L’heure est à évaluer notre positionnement et nos besoins pour les prochaines années. Le MRN a reconnu ce besoin. Lors du Rendez-vous national sur la forêt québécoise, l’État décidait de mettre en place un chantier sur l’efficacité des mesures en forêt privée. De manière spécifique, le mandat consiste à évaluer le mode actuel de gestion des agences et à proposer des pistes d’amélioration en vue d’accroître l’efficacité dans la livraison des programmes. Cette réflexion est d’autant plus essentielle qu’elle sera complexe. La portée de ce travail impose qu‘il soit réalisé avec «toute la famille». Pour cette raison, les groupements forestiers se sont donné rendez-vous les 17 et 18 février prochains pour discuter, pour voir en avant. Les résultats nous serviront à alimenter les travaux du chantier mené par monsieur MICHEL BELLEY évidemment. Mais ce sera surtout l’occasion de se positionner sur ce que l’on veut afin de mettre en marche l’énorme potentiel des groupements forestiers et de la forêt privée du Québec.

On ne peut présumer des résultats

C’est dans ces moments-là que j’aimerais avoir une boule de cristal, enfin une qui fonctionne. On ne peut présumer des résultats. Je sais que la régionalisation des décisions est importante pour nous et que le forum de discussion qu’offrent les agences est un actif. Par contre quelles sont les idées qui nous permettront de tirer avantage de notre reconnaissance, qui permettront de diriger le maximum de ressources sur le territoire? Je ne peux m’avancer pour l’instant, car je sais qu’avec l’expérience de tout un chacun qui sera au rendez-vous, il y aura plusieurs avenues auxquelles je n’aurais pas pensé et qui seront porteuses de solutions innovatrices.

Un travail difficile

Depuis que je suis président de RESAM, j’ai toujours constaté avec fierté que les propriétaires regroupés ont toujours respecté leurs engagements. Bien sûr parfois, il aurait été tentant d’être délinquant en constatant que d’autres sont moins rigoureux. Encore une fois, la tentation sera là, mais nous n’y succomberons pas. Nous travaillerons à améliorer les choses, et non pas retourner en arrière. Nous sommes un partenaire fiable, c’est certain. Mais plus que cela, nous sommes le fer de lance de l’aménagement de la forêt privée et en tant que tel, nous trouverons les moyens pour que la forêt privée du Québec contribue à son plein potentiel au développement de notre société.