Alain Paradis

Bienvenue monsieur le ministre Lessard

29 Sep. 2014

Au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons pas encore officiellement rencontré le nouveau ministre responsable des forêts. Nous avons bien hâte; notre première impression est très favorable.

Un ministère des forêts

L’énergie qui devra être consacrée pour réorganiser la fonction publique autour des nouveaux ministères nous préoccupe, mais nous croyons qu’il sera positif de compter dorénavant sur un ministère responsable des forêts. Le ministre aura plus de temps à consacrer aux dossiers forestiers s’il n’a plus la responsabilité de l’énergie et des mines. La faune et les parcs sont aussi probablement des secteurs d’activités qui comportent une plus grande synergie avec la forêt pour l’action gouvernementale.

Un ministre d’expérience

Le ministre Laurent Lessard n’est pas un nouveau venu. Il connaît les rouages gouvernementaux et il a un vaste réseau de contacts. De plus, il provient d’une région, même si elle est «manufacturière» plutôt que «ressources», mais son passage au ministère responsable des régions lui a donné une bonne connaissance des enjeux auxquels elles font face. En plus, il se décrit lui-même comme un ministre ouvert au dialogue avec les acteurs sectoriels. Il a laissé une forte impression pendant le congrès du CIFQ où il a pris la parole. Son ouverture à trouver des solutions aux problèmes pour lesquels il a déjà été sensibilisé était rassurante. Son affirmation à l’effet que l’industrie forestière doit faire de l’argent a aussi peut-être tracé une démarcation importante. Il a été chaudement applaudi.

Une première annonce appréciée

La première annonce du ministre Lessard portait sur l’ajout d’un budget supplémentaire pour la réalisation de travaux sylvicoles dès la saison 2014- 2015. La présence du premier ministre qui tenait à souligner l’importance qu’il accorde au dossier forestier était majeure. Même si les journalistes nationaux présents n’ont pas posé de questions sur la forêt, ce geste a donné beaucoup de pouvoir au ministre Lessard face à tous ses collègues du conseil des ministres. Il possède un appui au sommet du gouvernement. L’annonce a été effectuée dans la cour d’une coopérative forestière. Ce n’était pas un hasard. Le premier ministre et le ministre responsable des forêts voulaient souligner leur engagement pour les travailleurs forestiers et les coo- pératives forestières les incarnent.

Le premier ministre a d’ailleurs souligné pendant son allocution son admiration pour la coopérative forestière de son comté. L’annonce était aussi intelligente. Certains se sont posés la question, face aux sévères coupures qui s’annoncent et qui affecteront le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), s’il s’agissait de la priorité pour le secteur forestier. Cela mériterait certainement une bonne discussion, mais la répartition du budget faisait preuve d’une fine compréhension du milieu.

L’année dernière, la coupure des budgets avait entraîné le licenciement de plusieurs centaines de travailleurs. Cette situation est dramatique, mais le pire qui pouvait arriver cette année aurait été que le budget supplémentaire serve à réembaucher tout le monde pour une année seulement. Le budget permet un effort supplémentaire pour la préparation de terrain. Puisque les reboiseurs suivaient trop souvent les scarificateurs, il sera dorénavant plus facile de planifier la saison si les terrains sont préparés à l’avance. Le budget supplémentaire pour la voirie forestière était aussi nécessaire parce que plusieurs terrains ne sont pas accessibles. Cela facilitera le respect des obligations en santé, sécurité au travail (SST) pour les distances de marche acceptables pour les travailleurs.

L’augmentation des budgets pour la réalisation des coupes commerciales est tout autant appréciée, pour réussir le virage sylvicole et pour résoudre une partie des problèmes de sous-utilisation des feuillus de qualité pâte. Enfin, le MFFP a davantage de moyens pour supporter les plans spéciaux de récupération, ce qui n’est certainement pas un luxe dans un contexte d’épidémie de la tordeuse et de risques élevés de feux de forêt. Cela donnera aussi un coup de pouce aux industriels. Le problème des régions dont la priorité demeure la mise en valeur des forêts bien régénérées grâce à l’éclaircie précommerciale a été évoqué et le ministre s’est montré ouvert à consi- dérer ces situations particulières. Il nous manque une confirmation que ce budget sera reconduit pour plusieurs années. C’est l’un des sujets que nous souhaitons aborder avec le ministre. Considérant son ouverture pour le changement et sa motiva- tion de consolider le secteur forestier, nous avons plusieurs propositions qui devraient l’intéresser.