Martin Béland

Bilan d’année 2016

17 Fév. 2017

Après une année mouvementée, voici mon bulletin d’évaluation de quelques événements touchant les coopératives.

Note A

Pas beaucoup de nouvelles de grande envergure, mais dans la marge, ma note la plus forte va à un projet pilote auquel participent deux coopératives avec le MFFP dans une région. Ils déploient une stratégie intégrée pour les AIPL pour récolter le bois et remettre le site en production en synergie. La stratégie consiste à supporter l’étape de la récolte et du transport du bois afin d’économiser plus tard pour la sylviculture en visant un coût total inférieur. Bravo pour ce bris de silos.

La FQCF a invité des partenaires pour participer à un groupe de travail sur l’entrepreneuriat forestier. Nous n’avons pas encore de résultats concrets, mais l’enthousiasme des partenaires associés nous permettent d’espérer que nous en aurons.

Note B

Le Forum Innovation Bois n’a pas réinventé la roue, mais l’enthousiasme du ministre et l’espoir de travailler ensemble sur l’image du secteur forestier me semblent très positifs. L’évaluation du plan conjoint de l’Office de producteurs de plants forestiers du Québec a permis de mettre en relief que le Québec s’est doté d’une machine très efficace pour produire des plants forestiers en quantité et qualité.

Le maintien du budget sylvicole à 225 M$ constitue une très bonne nouvelle pour l’industrie sylvicole. La livraison 2016 a été chaotique, mais l’investissement démontre l’importance de la sylviculture.

L’effort de mobilisation des bois en forêt privée a donné des résultats encourageants, au moins chez nos membres. Non seulement des volumes supplémentaires ont été récoltés, mais les mobilisations régionales pour trouver ensemble des solutions conduisent à une culture de collaboration intéressante.

Note C

En général, les relations entre les coopératives, Rexforêt et le MFFP pour la sylviculture sont saines. J’aurais donné une meilleure note si les écarts étaient moins grands entre les régions. J’ai du mal à comprendre, et à accepter, que certaines coopératives ne profitent pas d’un même esprit de collaboration.

Après avoir investi autant de temps pour remplir l’enquête sur les coûts de la sylviculture en 2015, je ne comprends pas pourquoi nous n’avons pas encore les résultats à la fin de 2016.

Note D

Le délai pour libérer les enveloppes des AOP a constitué une expérience éprouvante. La saison sylvicole est courte et la qualité de la planification critique. Les coopératives ont été incertaines tout l’été et quand les appels d’offres sortent tardivement, les opérations ne sont pas efficaces. Plusieurs coopératives apprécient de bénéficier des occasions que procure le libre marché des bois, mais les pratiques du BMMB ont des effets déstructurants. Sa capacité de s’approprier n’importe quand et n’importe où des secteurs induit une incertitude permanente. Les détenteurs de GA sont devenus incapables de planifier le déploiement de leur réseau de voirie.

En visant à vendre le bois le plus cher possible, dans un contexte de rareté, il introduit une pression excessive pour capturer l’amélioration de la valeur des produits. Au bout de la chaîne, les entrepreneurs forestiers subissent la pression pour compenser ce prélèvement de l’État et les usines peinent à se rentabiliser.

Les dynamiques sont différentes dans chaque région, mais les difficultés grandissantes, et parfois angoissantes, pour écouler les sousproduits du sciage et les essences sans preneur affaiblissent aussi les coopératives.

Enfin, l’absence de fonds du programme biomasse forestière devient ridicule. Ce programme est extrêmement populaire. Il contribue à réduire les GES d’une manière mesurable à des coûts très compétitifs. Le Fond vert existe pour réduire nos GES et il accumule des surplus honteux. Comme il finance le programme biomasse, pourquoi ne pas réinjecter des sommes? C’est quoi le problème?

Note E

Le cul-de-sac où se trouve l’accord du bois d’oeuvre mérite certainement un E. Cette note ne concerne pas les moyens mis en oeuvre, nos gouvernements et l’industrie forestière ont travaillé intensément face à un interlocuteur doté d’une légendaire mauvaise foi. La note E est pour le résultat : aucune entente et une plainte déposée par la Coalition américaine. J’espère bien donner un A à nos gouvernements pour avoir mis en place des moyens pour aider l’industrie à faire face à cette situation à la fin de la prochaine année. C’est mon voeu le plus cher pour 2017. Joyeuses fêtes!