Jocelyn Lessard

Bilan encourageant du Forum Innovation Bois (FIB)

6 Nov. 2017

Une centaine de personnes se sont réunies à Rouyn-Noranda pour effectuer le bilan du FIB. La session a été riche et orientée vers l’avenir.

L’ÉLAN DU FIB

Savez-vous que le secteur forestier serait celui qui investit le plus actuellement au Québec? Malgré les conflits commerciaux, la conjoncture est favorable pour les investissements dans les usines. Le FIB n’est pas étranger à cette situation parce que plusieurs programmes gouvernementaux appuient les industriels.

Le ministre Luc Blanchette a été rayonnant pendant la journée et il avait raison d’être fier. Selon l’estimation du MFFP, 80% des mesures du plan de travail du Forum auraient été mis en oeuvre. Plusieurs personnes-ressources ont présenté l’avancement des projets. Déjà 18 M $ sont engagés sur les 45 M $ disponibles dans le programme innovation bois pour des investissements de 90 M $. Sept projets ont aussi été déposés dans le programme de vitrines technologiques doté d’un budget de 11 M $. Le programme de rabais d’électricité suscite aussi un grand engouement puisque quinze entreprises ont déposé des demandes pour un montant total d’investissement de 495 M $.

L’état d’avancement du dossier de lutte contre les changements climatiques a aussi été exposé. Il représente un positionnement extraordinaire pour notre secteur parce que la filière pourrait contribuer à atteindre 30% des objectifs québécois en réduisant des émissions et en capturant du carbone. Le MFFP a aussi souligné son implication dans la campagne d’image «Une forêt de possibilités ». La nouvelle charte du bois adoptée en mai constitue aussi un résultat qui découle du FIB.

MAINTENIR L’ÉLAN

Le ministre Blanchette a été attentif pendant les interventions de la journée. Il ne s’est pas contenté d’écouter. Il était en feu pour annoncer une série de mesures supplémentaires. Les annonces ont totalisé 7,65 M $. Elles visent à soutenir la recherche, notamment en sylviculture et différentes initiatives pour une utilisation accrue du bois.

Il a aussi mentionné son engagement pour augmenter la sylviculture afin de contribuer à la réduction des GES en lien avec les travaux du groupe d’experts sur le climat. Il a confié un mandat au groupe de travail du MFFP pour approfondir les propositions des associations sylvicoles. Il a finalement confirmé la mise en place d’un sixième chantier sur la compétitivité du secteur.

Nous sommes sincèrement soulagés qu’il demeure en poste à ce ministère afin qu’il poursuive son oeuvre. La nouvelle pdg de Transition Énergétique Québec (TEQ) a aussi annoncé que son organisation a déposé des demandes pour que les budgets des programmes qui fonctionnent moins soient transférés vers les plus populaires. Le programme biomasse forestière devrait bénéficier d’un ajout de 25 M $ en 2018 et de 50 M $ en 2019 et 2020. TEQ prévoit aussi orienter une partie du budget du gouvernement fédéral vers le programme biomasse. Elle prévoit donc injecter 125 M $ d’ici à 2023. Wow! Rien n’est confirmé, mais on peut espérer avoir enfin un horizon temporel qui permettra de solliciter sérieusement des clients.

LA QUADRATURE DU CERCLE?

L’ambiance était certainement positive pendant toute cette journée. Le réalisme des acteurs n’avait cependant pas disparu. Deux panels ont conclu la journée. Le premier portait sur les enjeux actuels des industriels de la transformation. Le deuxième traitait plus spécifiquement des défis reliés à la main-d’oeuvre.

En simplifiant beaucoup, l’industrie a souligné l’importance de réduire le coût de la fibre tout en réussissant à augmenter la possibilité forestière. Le panel sur la main-d’oeuvre, qui avait fait exceptionnellement une place à l’aménagement forestier comme source d’approvisionnement, a surtout insisté sur l’importance de se doter d’une vision commune et d’un plan d’action pour assurer le renouvellement de la maind’oeuvre. La question de la compétitivité des conditions de travail a bien sûr été abordée pour relever ce défi.

Est-ce que la conciliation des priorités des deux panels s’apparente au problème mathématique réputé insoluble de la quadrature du cercle? Je ne crois pas que simultanément diminuer le coût de la fibre, augmenter la possibilité et consolider les emplois en forêt soit utopique. Tout le monde, incluant le MFFP, devra cependant travailler sérieusement pour améliorer l’efficacité du système forestier. Il s’agit d’un passage obligé pour que le bel élan du FIB soit durable.