Renald Bernier

Ce à quoi je m’attends pour cette année

29 Sep. 2014

Nous sommes déjà à la fin mai. Même si le printemps a été long, vous êtes tous au boulot depuis plusieurs semaines. Planification, recrutement, reboisement, vous êtes en plein début de saison et le temps manque. Vous avez tous un plan et vous espérez pouvoir le mettre en application. Reste à savoir si les budgets seront au rendez-vous, si la température coopérera, si les marchés seront bons, etc.

De mon côté aussi il y a beaucoup d’espoir et d’attentes. Comme vous, je crois que tous les éléments sont en place pour que l’on puisse réellement parler d’une relance du secteur forestier. Les marchés semblent vouloir coopérer. Nous avons un gouvernement qui croit en la forêt comme créateur de richesse. Nous avons des groupements forestiers qui, plus que jamais, sont prêts à livrer la marchandise, mais par­dessus tout, nous avons plus de 36 000 propriétaires regroupés au sein de nos organisations qui sont mobilisés envers la produc­ tion ligneuse. 80% des détenteurs d’un statut de producteur sont membres des groupements forestiers, ce n’est pas rien. Comme les conditions sont réunies, voici ce à quoi je m’attends pour cette saison :

• Des annonces qui stabiliseront les acteurs de la forêt privée

Ce n’est pas nouveau, cette année encore, nous devons amorcer les travaux sans connaître les budgets d’investissements sylvicoles en forêt privée. Lors du Rendez­vous national sur la forêt québécoise, tous les inter­ venants avaient dénoncé cette situation improductive. Un engagement de l’État était annoncé autour de ce consensus afin de doter le secteur forestier, tant public que privé, d’une prévisibilité dans les investissements sylvicoles. Le gouvernement en place s’est déjà en­ gagé pour la partie forêt publique. Avec l’importance qu’il accorde au secteur forestier, je m’attends à ce que le même genre d’annonce soit fait aux acteurs de la forêt privée.

• Un virage vers la rigueur – Rapport Belley

Depuis plusieurs années, RESAM tape sur le clou de l’efficacité dans la livrai­ son des programmes en forêt privée. Nous avons été en mesure de fournir des pistes de gain d’efficacité qui pour­ raient permettre l’investissement sup­ plémentaire de plus de 5M$ en travaux sylvicoles. Par contre, des changements importants s’imposent dans notre façon de faire les choses.

Pour la prochaine saison, je m’attends à ce que des changements importants s’amorcent dans le fonctionnement de la livraison du programme par les agen­ ces. D’une part, nous devrons mettre la responsabilité professionnelle au centre de la prise de décision. L’État devra aussi indiquer clairement ses attentes envers les agences de mise en valeur des forêts privées. Un travail en profondeur devra être amorcé et finalisé afin de se doter d’un mécanisme de détermination des taux justes et crédibles. Chaque sou di­ rigé au mauvais endroit, chaque tâche accomplie pour rien diminue le nombre d’hectares réalisés sur le terrain et nous n’avons plus les moyens d’être ineffi­caces.

• Le respect des décisions du Rendez-vous sur la forêt privée

Les décisions du Rendez­ vous sur la forêt privée de mai 2011 ont été le fruit d’un long processus dans lequel, cha­cun des partenaires a pu faire valoir sa vision. Il s’agit d’un consensus fragile qui survit par le maintien de toutes les déci­ sions. Il y aura beaucoup de changements au cours des prochaines semaines. Beau­ coup de pistes de solution à la création de richesse en forêt privée. Je m’attends toutefois à ce que l’on respecte le parte­ nariat de la forêt privée et que l’on re­ specte les décisions prises en 2011. Si des changements étaient nécessaires, je m’attends à ce que les partenaires soi­ ent de nouveau réunis afin de trouver une solution consensuelle.

• Une réelle symbiose entre la forêt publique et privée

Le principe de résidualité doit permettre au bois de la forêt privée d’être une source d’approvisionnement prioritaire de l’industrie de la transformation. Or, on s’aperçoit que la proportion de bois privé qui compose les approvisionnements de l’industrie ne cesse de chuter, et ce, malgré la disponibilité de bois privé.

Actuelle­ment, la forêt publique agit beaucoup plus comme notre principal compétiteur que comme une source résiduelle d’approvisionnement. Je m’attends que, dès cette année, l’État, avec ses partenaires, étudie cette question et trouve un moyen d’appliquer l’intention du législateur avec le principe de résidualité

• La reconnaissance par tous que les groupements forestiers sont un outil incontournable pour la mise en valeur des forêts privées

Les résultats sont là, les groupements forestiers sont un instrument unique et puissant permettant de regrouper des propriétaires. 78% du programme passe traditionnellement par nos en­ treprises, plus de 80% des détenteurs d’un statut de producteur de bois sont membres des groupements forestiers. Ce sont des signes qui ne mentent pas. Plusieurs acteurs reconnaissent cet état de fait. Par contre, d’autres sem­ blent encore le nier. Depuis deux ans, les groupements forestiers du Québec mettent des efforts gigantesques afin de standardiser leur modèle d’affaires et ne laisser aucune place à l’improvisation. Je m’attends cette année à ce que tous les acteurs de la forêt privée le recon­ naissent et puissent travailler de concert avec nous.