Marc Beaudoin

Comme ça passe vite

30 Jan. 2018

Au moment où j’écris ces lignes, mes enfants viennent de terminer leur semaine d’examens. J’avoue, ça m’a rappelé certains souvenirs de les voir étudier à tous les soirs. J’ai aussi pris un malin plaisir à leur rappeler qu’ils n’auraient pas eu à travailler si tard s’ils s’y étaient pris plus tôt. Honnêtement, ce n’était pas si vrai, mais c’était une façon de redire les mots que mes parents n’ont pas cessé de me dire durant mes années scolaires…

Dernièrement, j’ai eu à préparer un petit mot pour les 20 ans du Comité sectoriel de main-d’oeuvre en aménagement forestier. Là aussi, j’eus à me plonger dans le passé. J’ai regardé les premières parutions du « Professionnel au bouleau », quelques vieux Procès-verbaux, etc. C’est fascinant de constater qu’en 1995, on parlait déjà des problèmes de maind’oeuvre qui approchaient.

La démagogie devait faire son oeuvre et faire en sorte que moins de jeunes entreraient sur le marché du travail. Les tâches deviendraient aussi plus complexes et demanderaient aux travailleurs une formation accrue. C’est comme si j’entendais mes parents m’exhorter d’étudier un peu plus ce week-end!

En effet, Peut-être avons-nous été devins en ciblant les problèmes de main d’oeuvre qui arriveraient tôt ou tard. Toutefois, nous devons reconnaître que tout en écoutant ces paroles d’il y a près de vingt ans, nous n’avons pas eu à vivre tout de suite avec une pénurie. Peut-être avons-nous même fini par croire que ce problème n’apparaîtrait pas de notre vivant… Qui sait? Sauf que là, l’heure de l’examen a sonnée et force est d’admettre que nous ne sommes pas prêts. Il y a quelques nuits de travail à investir pour obtenir la note de passage…

UN PROFESSEUR PARTICULIER?

La situation n’est peut-être pas désespérée. En effet, dès 1995, il est apparu évident aux principaux acteurs, notamment du monde forestier, que ni le gouvernement, ni les entreprises, ni les syndicats ne peuvent régler les problèmes de main-d’oeuvre à eux seuls. « Pour que des solutions efficaces soient implantées, il faut que toutes les parties prenantes s’y soient ralliées. » disait-on alors.

C’est à ce moment qu’un enseignement important de l’époque peut nous ramener sur la bonne voie. Les principaux décideurs du monde du travail ont choisi d’y mettre en commun leur expertise et leurs idées afin de produire des interventions adaptées aux besoins des entreprises et de la main-d’oeuvre. Ils ont créé les comités sectoriels. Aujourd’hui, plus que jamais nous devons mettre nos forces en commun.

UN ENVIRONNEMENT QUI CHANGE

Aujourd’hui, le monde forestier autant que celui des autres secteurs doivent concrètement faire face aux défis que posent le vieillissement de la population, la concurrence mondiale, la complexité accrue des métiers.

Par contre, le secteur forestier doit aussi composer avec des enjeux qui lui sont propres, comme l’apparition du principe de mise aux enchères pour le bois et les travaux sylvicoles, la planification réalisée par l’État et le travail saisonnier. En fait, tous ces changements nous dirigent vers une seule conclusion : La main-d’oeuvre est en première ligne. C’est la main-d’oeuvre qui subit les premiers effets de ces changements. C’est la main-d’oeuvre qui devra aussi subir les premiers ajustements. Ce qui nous amène à constater que l’on ne peut plus rien prendre pour acquis, que les temps ont changé pour de bon.

Ce n’est pas la fin du monde, mais c’est notre capacité d’adaptation aux changements qui constitue l’élément stratégique pour assurer la prospérité. Il est désormais temps de tous nous pencher sur notre vision de la main-d’oeuvre par rapport à l’avenir. C’est cette main-d’oeuvre qui est l’âme et la force qui permettent de faire pousser la forêt et de créer de la richesse à partir de celle-ci. Mais rappelez-vous bien, on ne cherche pas des moyens de demeurer dans le passé, mais plutôt de profiter des ouvertures qui se dessinent. Sans quoi, on échouera à l’examen.