Marc Beaudoin

Une communauté d’intérêts

28 Nov. 2013

L’autre jour, durant les dernières secondes d’un tournoi de hockey que nos garçons s’apprêtaient à gagner, je me suis surpris à regarder dans les estrades. Une atmosphère de pur plaisir régnait. Dans un autre contexte, nous n’aurions pu envisager que des personnes d’horizons aussi différents pourraient s’entendre aussi bien. Un intérêt commun l’a permis, celui de notre équipe de hockey.

L’autre jour, durant les dernières secondes d’un tournoi de hockey que nos garçons s’apprêtaient à gagner, je me suis surpris à regarder dans les estrades. Une atmosphère de pur plaisir régnait. Dans un autre contexte, nous n’aurions pu envisager que des personnes d’horizons aussi différents pourraient s’entendre aussi bien. Un intérêt commun l’a permis, celui de notre équipe de hockey. Bien évidemment, chacun a un intérêt personnel, celui de son enfant. Les choix des entraîneurs sont souvent jugés à partir de l’impact qu’ils ont sur sa propre progéniture. Mais la réalité refait surface tôt ou tard et rattrape tout un chacun et les bons joueurs finissent par se regrouper autour d’un même objectif, soit le bien de l’équipe. Heureusement!

Un conflit?

Il en va de même du côté professionnel. Je crois sincèrement que notre capacité à nous regrouper sera des plus importantes au cours des prochaines années. Un message clair et cohérent est essentiel, d’autant plus que la confiance de la population envers les gestionnaires des biens publics se désagrège. Un tel état d’esprit oblige ces derniers à user d’une grande prudence qui, une fois exacerbée, peut se transformer en barrière et nuire à l’efficacité. Il est aisé de voir des conflits d’intérêts. Le meilleur moyen de ne pas en avoir ne serait-il pas de rassembler autour d’une même table des acteurs qui n’ont pas d’intérêt? On sait tous que là n’est pas la solution. Pour que le travail se fasse, il faut que les participants partagent des intérêts, des préoccupations communes afin de trouver des pistes de développement. Les agences de mise en valeur de forêts privées en sont un bon exemple. Les partenaires qui y siègent ont différents intérêts qui peuvent parfois créer des divergences entre eux. Cependant, tous visent le développement du potentiel de la forêt privée dans son ensemble. À la fin, les penchants de chacun s’équilibrent autour de décisions consensuelles. Si l’on n’accepte pas que les acteurs aient des intérêts envers la forêt privée, on ne pourra jamais prendre de décisions éclairées, c’est certain.

Une manière d’être

Pour assurer la réussite d’un projet, ça prend du monde intéressé provenant de divers horizons. Ainsi, nous sommes en mesure d’allier dynamisme et vision large pour rendre optimales nos interventions. Les groupements forestiers ont compris cet adage bien avant moi et l’appliquent avec ferveur depuis des dizaines années. N’est-ce pas la genèse de nos organisations : rassembler les forces vives de la communauté pour en assurer son développement optimal? Combien de dossiers avons-nous pu mener à terme de cette manière? Citons simplement la régionalisation de la prise de décision, la défense des budgets, la certification forestière, les règles de gouvernance, le régime forestier, etc. N’oublions pas non plus les dossiers plus spécifiques à certaines organisations comme la captation de carbone et la forêt publique.

L’implication

RESAM s’avère un acteur important dans la communauté d’intérêts des groupements forestiers. En fait, c’est le point de rencontre des 42 groupements forestiers du Québec. L’implication de RESAM dans de nombreux dossiers peut être très utile. Toutefois, elle serait futile sans l’intérêt des groupements forestiers envers leur propre région, la forêt privée et leur association provinciale. Ce sont eux qui sont nos oreilles et nos yeux. C’est le partage d’information, d’expérience et de ressources qui fait la force de notre réseau, qui fait que la chaîne soit incassable du premier au dernier maillon. Cette communauté d’intérêts nous permet d’avoir une vision complète des différentes problématiques. Il est ensuite aisé de conseiller nos membres et de les aider en utilisant les différents outils à notre disposition. Pour maintenir l’efficacité de nos actions, il est essentiel de nourrir les liens entre tous les groupements forestiers. Ne pas s’en préoccuper serait comme se présenter à un examen sans avoir étudié, les chances de réussite sont alors presque nulles. Le congrès annuel de RESAM sera encore une belle occasion pour le faire. Heureusement pour nous, contrairement aux nombreux gérants d’estrade que l’on peut voir dans des arénas, les groupements forestiers préfèrent être sur la glace et contribuer à faire avancer le développement de la forêt privée. J’attends avec impatience d’échanger avec vous tous afin de rendre notre communauté d’intérêts encore plus unique, plus efficace et plus solide.