Stephane Gagnon

Une année 2020 riche en défis

16 Déc. 2020

Selon un sondage Léger commandé par La Presse Canadienne en août dernier, un Canadien sur deux estimait que l’année 2020 était la pire année de sa vie. L’année a effectivement été riche en émotions de toutes sortes et en événements. Pour le secteur forestier toutefois, j’aurais plutôt tendance à vous dire : « Défis réussis »!

COVID-19 : Le secteur forestier prioritaire

La pandémie mondiale de COVID-19 a été un défi pour toutes les personnes, toutes les entreprises et tous les secteurs d’activité. La rapidité d’action et la collaboration ont été déterminantes pour limiter les difficultés dans le secteur forestier. Dès le 25 mars 2020, le MFFP avait réussi à gagner son point en faisant inclure la réalisation de travaux sylvicoles dans la liste des activités essentielles. Il a ensuite travaillé en partenariat avec les associations patronales œuvrant en sylviculture pour évaluer ce qu’il en coûtera de plus aux entreprises sylvicoles pour intégrer les mesures de protection supplémentaires afin d’assurer la sécurité des travailleurs, notamment lors des déplacements et de l’hébergement. Pour aider les entreprises sylvicoles à éponger ces frais supplémentaires, le MFFP s’est ensuite empressé de geler 20 M$ dans le budget des appels d’offres en sylviculture en attendant de recevoir des sommes supplémentaires du Conseil du Trésor, sommes que le ministre Dufour est parvenu à obtenir pour assurer une saison complète de travaux.

Les coopératives forestières se sont vite dotées d’un plan de lutte contre la pandémie et ont mis en place une panoplie de mesures pour assurer la sécurité de leurs travailleurs. La majorité des coopératives ont été épargnées et pour celles où le virus a réussi à s’infiltrer, les mesures pour lutter contre la COVID-19 ont rapidement été appliquées et la propagation a été limitée. Je dirais donc ici, défi relevé.

Des prix records pour le bois d’œuvre

Les prix records pour le bois d’œuvre observés pendant l’été ont donné une bouffée d’air frais aux usines de sciage qui en 2019 avaient dû composer avec des prix dépréciés combinés au conflit du bois d’œuvre et un prix de la fibre des plus élevés au pays. En 2020, plusieurs usines ont dû réduire leur production en raison des mesures de distanciation à appliquer. Toutefois, des masses de gens confinés à résidence ont décidé d’en profiter pour faires des rénovations. L’offre réduite combinée à l’explosion de la demande a constitué la recette parfaite pour faire augmenter les prix.

La FQCF de plus en plus présente sur le terrain

En 2020, la FQCF a continué à offrir son support aux coopératives en allant former sur le terrain des entrepreneurs, des opérateurs et des personnes-ressources sur l’utilisation des systèmes de mesurage des têtes des abatteuses-façonneuses et de leurs données. De plus en plus de coopératives demandent à recevoir cette formation et s’intéressent à l’utilisation du tableau de bord. Un véritable service d’itinérance des systèmes embarqués est maintenant mis à la disposition des coopératives et de leurs entrepreneurs.

Un congrès annulé mais un colloque d’automne réussi

Notre congrès devant avoir lieu en avril, ce dernier a dû être annulé en raison de la pandémie. L’équipe de la Fédération a toutefois relevé le défi de nous concocter un colloque d’automne des plus intéressants, et ce, de façon virtuelle. Chaque conférence a accueilli une trentaine de participants.

Une révision du régime forestier en cours

Depuis le temps que nous souhaitions une révision du régime forestier, nous étions très heureux cet été d’entendre le premier ministre du Québec nous promettre la livraison d’une nouvelle mouture du régime forestier, notamment, pour offrir une meilleure prévisibilité aux entreprises.

L’annonce du 6 novembre dernier sur les ajustements d’ordre administratif et réglementaire en a déçu plusieurs. Le ministre nous a toutefois confirmé que d’autres annonces viendront, dont celle sur la Stratégie de production de bois qui devrait être dévoilée quelques jours après l’écriture de ces lignes. Les attentes sont élevées, car les défis sont grands. Les changements devront redonner de la stabilité aux entreprises impliquées en sylviculture et améliorer la prévisibilité des opérations de récolte, tout en s’attaquant directement aux problèmes qui ont fait exploser le coût de la fibre. J’espère sincèrement que je pourrai vous revenir l’an prochain en vous disant la même chose : « Défis réussis »! Je termine en vous souhaitant une très heureuse période des fêtes.