Alain Paradis

Déjà un an depuis le Rendez-vous national

2 Déc. 2014

Il y a un an nous étions réunis à Saint-Félicien pour nous doter d’une vision commune pour relancer le secteur forestier. Avons-nous progressé ?

Période d’instabilité évidente

Depuis le Rendez-vous, il y a eu des élections. Nous avons changé de gouvernement, de ministère, de ministre et même de sous-ministre. Dans un tel contexte d’instabilité, le nouveau gouvernement pouvait facilement prendre ses distances et faire d’autres choix.

Un bon bilan pour les mesures à court terme

Certaines mesures découlant de décisions prises au Rendez-vous ont été mises en place immédiatement. D’autres l’ont été par le nouveau gouvernement. Le fonds pour le programme de biomasse a été confirmé et il a suscité un fort engouement, à tel point que tous les argents disponibles pour 2014 ont été rapidement engagés, particulièrement pour des projets industriels, ne laissant plus de sommes disponibles pour les projets à plus faible capacité.

Le gouvernement a aussi donné suite à l’engagement de mettre en place un fonds dédié pour financer les projets en partenariat avec Fondaction et la FQCF. Le premier ministre a également annoncé un budget supplémentaire pour la sylviculture en forêt publique.

Le renouvellement du programme MFOR a été reconduit tel que prévu. Les coopéra- tives ont aussi apprécié la poursuite des projets pilotes de fournisseur-intégrateur et l’obtention de responsabilités supplémentaires pour les travaux techniques entourant les travaux sylvicoles.

Même s’il ne semble pas correspondre aux besoins des entrepreneurs forestiers, le fonds ESSOR a aussi été mis en place pour les investissements dans des équipements productifs pour la récolte. Dans le contexte budgétaire actuel, ce bilan est plutôt positif.

Les travaux en cours

Il avait été planifié à la fin du Rendez-vous de lancer des travaux pour approfondir les sujets plus complexes. Cela a conduit à la mise en place de : trois chantiers (impacts du régime forestier, évaluation des mesures en forêt privée et production de bois), un comité stratégique pour l’avenir de l’industrie et un autre sur l’entrepreneuriat.

Ces travaux ont été suspendus pendant la période électorale. L’arrivée d’un nouveau ministre et la transformation du ministère responsable des forêts a aussi occasionné des délais. Le nouveau gouvernement a tout de même demandé aux présidents de poursuivre leurs travaux. Malgré les attentes, ces travaux n’ont encore rien donné de concret. Ce qui ne change pas, c’est que tous les ministres qui se succèdent pour s’occuper des forêts soutiennent qu’ils ne sont pas là pour modifier le régime forestier. Ils veulent seulement l’améliorer.

Le chantier qui donnait le plus d’espoir était celui qui portait sur les impacts du régime forestier. La première version du rapport nous laisse sur notre faim. Mentionnons qu’il manque encore une pièce majeure pour ce chantier parce qu’une firme doit déposer une analyse économique sur les impacts du régime. Elle n’est toujours pas publique.

La présidente avait un mandat parfaitement ciblé pour s’attaquer aux lacunes évi- dentes du régime. Elle a effectué des recherches et procédé à de nombreuses consultations. À notre désarroi, elle n’a pas retenu toutes les problématiques sur lesquelles nous avions insisté. Le plus préoccupant est cependant que son travail a surtout servi à confirmer qu’il existe des problèmes. Le rapport manque cependant de propositions concrètes pour améliorer les choses.

Est-ce trop difficile de trancher entre tous les intérêts divergents du secteur? Avons-nous besoin d’un processus de concertation à partir du rapport pour trouver des solutions acceptables par le plus grand nombre ? Est-ce que les propositions auraient été trop sensibles pour le MFFP ? Nous ne savons pas quelles suites le ministre entend donner à ce rapport. Pour l’instant, il recueille des commentaires.

Ce dont nous sommes certains est que plusieurs aspects du nouveau régime doivent encore être améliorés rapidement. Il était clair dès le début que le chantier sur la production de bois nous amènerait des changements à moyen terme. De ce côté, nous sommes heureux des orientations proposées, mais nous ne connaissons pas l’accueil du ministre et il sera déterminant. Quant aux autres travaux, ils sont pour l’instant sur la glace pour les entrepreneurs forestiers, ce que nous déplorons sincèrement. Nous n’avons pas non plus beaucoup d’écho du comité stratégique sur l’avenir de l’industrie dont le résultat nous intéresse pourtant beaucoup. Bref, notre enthousiasme ressenti pendant le Rendez-vous a été soutenu en partie pour les mesures à court terme. Celles porteuses de changement à long terme tardent à se matérialiser. Nous en avons pourtant encore bien besoin.