Renald Bernier

Du pain sur la planche !

12 Déc. 2018

La vie a repris son cours. Le nouveau gouvernement est en place, une bonne saison s’achève. Il est maintenant temps de remettre en marche plusieurs dossiers très importants pour les groupements forestiers et la forêt privée. Voici le menu :

LATITUDE PROFESSIONNELLE

Actuellement, une part significative des investissements sylvicoles servent à l’encadrement, à la technique et aux tâches administratives. Nous croyons qu’une large part des augmentations d’investissements nécessaires en forêt privée se cache dans les investissements déjà consentis.

De 15% à 20% du temps des techniciens et ingénieurs forestiers des groupements forestiers est utilisé à des tâches administratives improductives induites par l’absence de reconnaissance du jugement professionnel. Considérant que les salaires de ces employés représentent 18 M $, ce sont de 2,7 M $ à 3,6 M $ qui pourraient être dirigés vers le terrain. Qui plus est, nous pouvons rediriger le 3 M $ en administration vers la création de richesse en positionnant l’ingénieur forestier au centre du processus de reddition de comptes du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP);

DES PROGRAMMES DIRECTS

Le Programme de mise en valeur de la forêt privée doit être renouvelé. Ce programme est essentiel à la création de richesse à partir de la forêt privée. N’oublions pas que même avec cette aide, il en coûte 33% moins à l’état de produire un mètre cube en forêt privée.

Or, actuellement, les ressources sont insuffisantes pour réaliser tous les scénarios sylvicoles des producteurs enregistrés. Il faut viser au minimum de réaliser toute la séquence forestière si nous voulons être cohérents.

FISCALITÉ DU PRODUCTEUR FORESTIER

Un travail de révision de la fiscalité s’impose. Plusieurs administrations publiques ailleurs dans le monde disposent d’une fiscalité innovante, qui permet aux propriétaires de réaliser des travaux qu’ils n’auraient pas effectués sans cette aide. Plusieurs mesures permettent l’atteinte des objectifs:

› Une exemption d’impôt des revenus nets (25 000 $ et moins) provenant de la récolte de bois pour le propriétaire si les travaux sont réalisés par un agent autorisé.

› Une exemption de taxes municipales si la propriété détient un plan d’aménagement respecté.

› L’ajustement des valeurs foncières en fonction de la valeur des bois.

› La mise en place d’un CELI forestier.

› Etc.

RÉGLEMENTATION MUNICIPALE

Enfin, la teneur de la réglementation municipale concernant les coupes forestières constitue dans bien des régions une contrainte aux travaux de récolte, qui prime parfois sur le droit de produire du producteur. Les règles paraissent dans certains cas abusives et découragent le propriétaire d’agir sur sa propriété. Un chantier national concernant la réglementation municipale touchant la forêt s’impose.

MAIN-D’ŒUVRE

Le maintien et le renouvellement d’une main-d’œuvre intervenant chez les propriétaires forestiers sont essentiels pour assurer la mise en valeur des lots boisés. En effet, par sa nature, la main-d’œuvre est le principal facteur de production dans la réalisation de travaux sylvicoles. Son importance peut aller jusqu’à 78% du coût total de certains travaux. Le recrutement et la rétention des travailleurs demeurent donc des défis pour les organisations.

Pour attirer et retenir la main-d’œuvre dans les organisations œuvrant en forêt privée, ou pour permettre au propriétaire de réaliser lui‐même ses travaux, il est essentiel de pouvoir offrir des conditions de travail stables et bien rémunérées, dans un contexte où ce travail revêt un caractère saisonnier. Une planification judicieuse des travaux d’aménagement forestier, jumelée à une polyvalence accrue de la main-d’œuvre, est un des facteurs qui favorisent la rétention de la main-d’œuvre sylvicole.

Les ouvriers et les techniciens seront utilisés à leur plein potentiel en réalisant une gamme diversifiée de tâches durant une plus longue période dans une année. Il est cependant évident que cette planification ne peut être réalisée sans une vision à long terme des investissements requis. Pour cette raison, il est essentiel de viser un pacte sur au moins 5 ans.

EN GUISE DE CONCLUSION

Chez RESAM, on ne manque pas d’ambitions ni d’idées. Les propriétaires regroupés sont au cœur de toutes ces problématiques et ont, plus que jamais, envie de participer. Nous mettrons l’épaule à la roue avec nos partenaires afin de placer la forêt privée encore plus au cœur des préoccupations de Québécois.