Annie Beaupré

Du rêve à la réalité

4 Fév. 2021

Pour plusieurs personnes, c’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante. J’adhère à cette maxime. Quand on a des rêves, on se projette dans l’avenir, on a un but devant soi et ça nous aide à avancer.

Une vision du secteur

Le 16 décembre dernier, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a présenté la Stratégie nationale de production de bois de son gouvernement qui s’inscrit dans le plan de relance économique du Québec. Cette stratégie des plus ambitieuses vise à pratiquement doubler la récolte de bois au Québec en l’espace de 60 ans. Elle s’appuie sur la vision suivante : « Fort d’un régime forestier bâti selon les principes de l’aménagement forestier durable des forêts, le Gouvernement du Québec agit dans le but d’augmenter la valeur des forêts publiques et privées afin de contribuer davantage à la création de richesse au bénéfice de l’ensemble des régions du Québec, tout en assurant son rôle dans la lutte contre les changements climatiques. ».

Pour moi la Stratégie nationale de production de bois, c’est un beau rêve dont s’est doté le secteur forestier. Je crois fermement en une utilisation plus soutenue de nos forêts et de ses produits comme outil de lutte contre les changements climatiques. Je vois beaucoup de potentiel et plusieurs possibilités de développement.

Les pieds sur terre

Pour les entreprises et les travailleurs qui œuvrent dans le secteur forestier, rêver n’est toutefois pas suffisant. Ils doivent composer jour après jour avec une plus grande insécurité et une perte importante d’efficacité. Pour produire un plus grand volume de bois en forêt publique et en forêt privée, créer davantage de richesse et contribuer significativement à la lutte contre les gaz à effet de serre, il faudra pouvoir compter sur une foresterie saine et dynamique pour cultiver la forêt et approvisionner la structure industrielle.

Pour doubler la récolte de bois, il faudra impérativement augmenter la possibilité forestière en pratiquant des activités de sylviculture plus soutenues. Pour intensifier les travaux sylvicoles, les entreprises auront besoin de prévisibilité afin de développer leur plein potentiel et d’optimiser les investissements du gouvernement. Des fonds supplémentaires seront nécessaires et pas seulement pour faire du rattrapage en regard à l’indexation annuelle qui n’a jamais lieu, mais pour réellement réaliser davantage de travaux. Il faudra également trouver une solution structurante pour le renouvellement des ententes de réalisation de travaux sylvicoles en forêt publique, car sans cela je crains bien que nous nous dirigerons vers l’effondrement de cette industrie.

Du côté de l’approvisionnement, il faudra s’attaquer aux problèmes qui engendrent un coût de la fibre des plus élevés au pays et améliorer la planification pour obtenir une meilleure prévisibilité.  Il sera indispensable de soutenir davantage les entrepreneurs forestiers, un maillon de la chaîne de valeur trop souvent oublié des décideurs. Pour ce faire, plusieurs propositions ont été déposées au ministère par le Groupe de travail sur l’entrepreneuriat forestier.

Bref, il faudra améliorer la compétitivité de l’industrie et l’efficacité du régime forestier pour faire de ce rêve une réalité. Des investissements seront nécessaires, de même que de la volonté pour changer les choses et innover. Mais aurons-nous les moyens de nos ambitions? Aurons-nous le courage de mettre en place tous les éléments essentiels à la concrétisation de cette audacieuse vision de l’avenir? La confirmation des budgets pour la forêt privée et de l’enveloppe pour la réalisation de travaux sylvicoles pour la prochaine année m’amène à croire que non. J’espère sincèrement me tromper.

Je conclue mon message en remerciant Stéphane Gagnon pour son dévouement à la présidence de la Fédération. Son aide et son support ont été très précieux pour moi. Nos discussions quasi quotidiennes m’ont aidé à bien intégrer mes nouvelles fonctions de directrice générale. Je pouvais toujours compter sur son support pour prendre des décisions rapides et tester des nouvelles idées avant d’aller plus loin. Il me fait aussi plaisir de souhaiter la bienvenue à William Lebel comme nouveau président. Il comprend bien les différents enjeux de l’organisation et de l’environnement dans lequel elle évolue. Je suis certaine qu’il saura relever le défi avec brio et que tout comme moi il ne demande qu’à croire en la faisabilité de concrétiser ce rêve collectif.