Renald Bernier

En marche!

18 Oct. 2016

À cette époque de l’année, j’ai la chance d’être invité par plusieurs groupements forestiers afin d’assister à leur assemblée générale. Dans tous les cas, je fais tout en mon pouvoir pour être présent et, à moins de situations extraordinaires, j’y arrive.

Certains pourraient dire que ça fait partie de mon mandat. C’est vrai, mais honnêtement, j’assiste à ces assemblées pour des raisons plus égoïstes. En effet, je dois vous dire que de rencontrer les producteurs regroupés, pour qui l’on travaille à l’année longue me permet de me ressourcer. Le contact avec nos gens me rappelle l’importance des groupements forestiers dans le développement de nos régions et m’aide à croire que je ne travaille pas en vain.

Cette année le climat est spécial. Plusieurs choses ont changé et des attentes claires ont été énoncées. Contrairement aux dernières années, cette année, nous avons pu parler de bonnes nouvelles. Que ce soit la possibilité d’étaler le revenu des producteurs sur une période de sept ans, l’augmentation du plafond d’exemption de la taxe sur les opérations forestières, l’indexation du programme de remboursement de taxes foncières ou l’ajout de 12 M$ dans la mobilisation des bois, nous pouvons affirmer qu’il y a de bonnes nouvelles pour la forêt privée.

Une fenêtre grande ouverte

Nous avons maintenant un objectif clair, celui de récolter 1 million de mètres cubes de plus. Cet objectif est costaud; car une telle augmentation n’a jamais pu être observée dans les dernières années. Cela signifie que chaque groupement forestier doit augmenter sa récolte de bois de 33%.

Et permettez- moi d’être clair, nous ne pouvons pas échouer. Depuis que je travaille dans le monde de la forêt privée, jamais une aussi belle fenêtre ne s’est ouverte afin de convaincre l’État que d’investir en forêt privée, c’est payant! Si nous livrons la marchandise, nous ouvrons la porte à un financement conséquent. Si nous livrons la marchandise, la forêt privée devient réellement un centre de création de richesse pour l’État. Cette occasion se présente à nous et nous devons la saisir dès cette année, car il n’y aura pas de seconde chance.

Des ajustements!

Bien certainement, tout n’est pas parfait. Le marché des bois n’est pas encore solide dans toutes les régions. Dans certains cas, la mobilisation des bois ne sera pas facile. On doit aussi s’adapter à un nouveau mécanisme d’établissement des taux qui, on le sait tous, demande encore du travail afin de le rendre pleinement efficace, et j’en passe.

Ces éléments à eux seuls pourraient justifier une démobilisation envers les bois en forêt privée. Mais ce ne sera pas le cas. Ce ne sera pas le cas, car en parlant à nos producteurs regroupés, j’ai la ferme conviction que tous sont prêts à mettre l’épaule à la roue. Les discussions que j’ai eues avec les employés de nos groupements forestiers m’encouragent car je vois une volonté de sortir des sentiers battus, de partager de l’expertise entre groupements forestiers. On peut affirmer que cet objectif ne sera pas atteint par des groupements forestiers individuellement mais par «les» groupements forestiers collectivement.

On ne peut pas tout faire seul

Il est dors et déjà convenu que RESAM mettra tous les efforts afin d’atteindre les objectifs de mobilisation des bois. Si nous sommes prêts à le faire, l’ensemble des partenaires doit aussi embarquer dans le jeu et saisir l’importance du moment. Si les groupements forestiers doivent mobiliser le bois des producteurs regroupés, nos partenaires doivent aussi y contribuer.

Quelques exemples? L’État doit plus que jamais diminuer les contraintes administratives dans la gestion du programme dès cette année et miser sur l’expertise des forestiers en place. Les industriels doivent favoriser l’achat de bois en forêt privée une fois pour toute. S’ils attendent trop, on passera tous en dessous de la table. Que dire aussi de l’amélioration de la fluidité dans le processus de prescription et de règlementation. Là encore nos partenaires peuvent y contribuer. On pourrait en ajouter encore sur deux autres pages mais on en oublierait.

Le fait est que jamais nous ne pourrons tout prévoir pour assurer le succès de la prochaine saison. Par contre, nous pouvons tous, et je parle ici de tous les partenaires de la forêt privée et des producteurs, garantir que nous mettrons tous les efforts nécessaires afin de nous adapter en cours de saison pour livrer la marchandise.