Marc Beaudoin

Être fiers de nos bons coups

12 Mai. 2015

Ça nous est tous arrivé, je crois. Cette sensation d’avoir visé dans le mille, d’avoir réellement compris et d’avoir fait les bons choix. Un peu comme quand notre père revenait d’une mauvaise journée de travail et qu’il remarquait, sans l’avoir demandé, que ma chambre était ramassée, la tondeuse passée, la vaisselle lavée et le chien sorti. Quelle sensation de bien-être! Bien entendu, après la bonne humeur retrouvée, nous avions droit à la crème glacée, question d’entretenir les bonnes habitudes!

Une situation périlleuse

Sur toutes les tribunes, nous l’entendons, le secteur forestier aura besoin de la contribution des producteurs privés afin de soutenir le redéploiement de l’industrie de la transformation. Alors que la possibilité de la forêt publique diminue, celle de la forêt privée augmente. À l’heure actuelle, la possibilité forestière de la forêt privée approche le tiers de la possibilité forestière totale. C’est énorme comme potentiel.

Avec ce constat, il est tout à fait normal que le plan de match dévoilé par le ministre LAURENT LESSARD s’articule autour de la mobilisation des bois issus de la forêt privée. Constat et plan d’action que nous supportons, rappelons-nous.

Bien plus avancé qu’il n’y paraît

Outre ce partage de vision, il est vraiment intéressant de constater à quel point le plan d’action du ministre concorde avec celui que nous appliquons depuis 2011. En effet, les trois grands éléments proposés sont: la formation, l’efficacité du programme et l’engagement des propriétaires. Prenons le temps de regarder de plus près et constatons les similitudes ensemble.

La formation

Dans son plan d’action, le ministre insiste sur l’importance de donner l’information nécessaire afin que le propriétaire comprenne les bienfaits de la récolte forestière tant du point de vue habitat faunique, production forestière que revenus personnels. Nous croyons en cette approche et nous l’appliquons depuis plusieurs années.

D’ailleurs, les chiffres récoltés lors du dernier Rendez-vous hivernal des groupements forestiers démontrent que les propriétaires regroupés sont davantage mobilisés envers la récolte de bois. Il reste toutefois du travail à faire, et depuis maintenant un an, des groupements forestiers ont développé des formations qui permettent de mieux outiller les techniciens forestiers en termes de techniques de récolte, de fiscalité, de règlements municipaux, de faune, de service à la clientèle, etc. Ainsi, ces derniers disposent maintenant de connaissances plus approfondies pour accompagner le producteur dans la récolte de bois.

Maximiser l’impact

Évidemment, avec l’état des finances publiques, il va de soi que le gouvernement en veut plus pour son argent. À cet effet, le ministre désire s’assurer que le maximum des investissements de l‘État serve à créer de la richesse en réalisant le plus de travaux sylvicoles possible.

Depuis 2011, le gouvernement du Québec a reconnu le modèle d’affaires des groupements forestiers. Par cette décision, nous nous sommes engagés à définir clairement, avec le ministère, les balises qui permettraient de s’assurer que les investissements de l’État seraient utilisés en respectant les objectifs du Programme de mise en valeur de la forêt privée.

Ainsi chacun des groupements forestiers a procédé à une évaluation de son modèle d’affaires. Chaque dossier a été révisé par le ministère et un plan de mise en conformité a été établi pour chacun. Aujourd’hui, plus que jamais, nous pouvons dire que seuls les groupements forestiers sont en mesure de s’assurer que les sommes investies par l’État pour l’aménagement en forêt privée servent à la mise en valeur et non à enrichir un propriétaire d’entreprise.

Des propriétaires engagés

Le gouvernement estime qu’il vaut mieux investir chez un propriétaire qui est engagé envers la récolte de bois que chez un propriétaire qui a peu d’intérêt en la matière afin d’assurer un retour sur l’investissement. Le ministère entend évaluer les moyens qui rendraient à terme cet engagement.

Nous avons été heureux d’informer le ministre que cette démarche est amorcée et réalisée en grande partie depuis 2011. En effet, avec la participation du ministère, les groupements forestiers ont investi plus de 1.2M$ afin de faire signer une nouvelle convention d’aménagement à nos producteurs. Par cette convention, les membres des groupements acceptent le fait que les travaux d’aménagement mènent à la récolte de bois et qu’ils doivent poursuivre les objectifs de leur groupement forestier pour continuer à recevoir de l’aide regroupée.

La suite dans les idées?

Nous sommes fiers du travail accompli dans le dossier de la récolte de bois en forêt privée. Nous sommes fiers d’avoir pris de l’avance sur le plan d’action du ministère et d’être prêts à passer à une vitesse supérieure. Mais, si tout cela a été possible, n’oublions pas que c’est en grande partie parce que le min- istre de la forêt et les groupements forestiers du Québec peuvent profiter d’un vrai partenariat.