Marc Beaudoin

Fore!

27 Mai. 2013

Un de mes passe-temps favoris, c’est de jouer au golf. Plus jeune, j’y ai consacré tous mes temps libres. Depuis que j’ai des enfants, bien, j’ai des enfants hein! Ça ne m’empêche toutefois pas de suivre les professionnels et d’y jouer le plus souvent possible, notamment pour gagner le tournoi du congrès RESAM…

En fin de semaine, j’ai pris le temps de regarder le tournoi des maîtres. Pour ceux qui suivent ça un peu, c’est fantastique et plein de rebondissements. Pour un, tout semble bien aller et tout à coup, une balle dans l’eau et le joueur est hors circuit. Pour l’autre, il se croit en bonne position pour gagner et lorsqu’il doit réussir un coup, hop! la pression s’abat sur lui et il flanche. Si bien que souvent, c’est celui qui est dans sa bulle et qui réussit à garder le «focus» sur ce qu’il a à faire qui remporte le veston vert.

Le début de la saison

Les parallèles sont faciles à faire avec le monde forestier. Le début de la saison de golf rime aussi avec le début de la saison forestière. Cette année, ce début de saison est très spécial, car il s’agit aussi du début officiel du régime forestier. Le – nouveau monde – que l’on a préparé depuis plusieurs années… On en a parlé souvent, mais là, on va le vivre pour de vrai.

À quoi s’attendre?

Nul n’est devin. Bien malin celui qui peut dire comment ça va se passer. On sait que toutes les ficelles ne sont pas attachées. Le MRN, sagement, a retardé l’application de certaines dispositions. Par contre, cette année, on vivra pleinement l’application des enchères pour le bois de la forêt publique. Quels seront les impacts pour la forêt privée? Quelles seront les opportunités pour la forêt privée? On le verra sous peu… Chose certaine, ce début de ronde sera vraisemblablement un peu chaotique. Il nous faudra tous s’adapter à une nouvelle façon de faire les choses avec des joueurs différents. Eh oui! nous devrons accepter le fait que nous n’avons pas pu tout planifier et que des ajustements doivent être réalisés en cours de route, c’est certain.

Birdie ou bogey?

Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle? Ça dépend du genre de joueurs que nous sommes. C’est certain que si nous désirons absolument la stabilité, à tout prix, pour fonctionner, on est dans la trappe de sable. Par contre, si nous sommes du type à chercher les opportunités de développement, nous serons servis. Pourquoi je dis cela? Simplement parce que les dirigeants feront face à une multitude de situations qu’ils n’auront pas prévues au cours des prochains mois. Que ces mêmes dirigeants n’auront pas développé suffisamment de solutions afin de résoudre tous les problèmes qu’ils auront à résoudre. Parce que ces dirigeants devront se tourner vers des joueurs sérieux pour les aider à passer au travers de ce défi. Les entreprises qui pourront proposer de telles solutions seront assurément en avant de la parade.

Plusieurs bâtons dans notre sac

Les groupements forestiers peuvent facilement jouer un tel rôle. Trois petits exemples…

Dans un premier temps, nous sommes des acteurs de premier plan qui peuvent faire en sorte que le bois de la forêt privée puisse combler la diminution importante de la possibilité forestière en forêt privée. Cette possibilité a fondu de plus de 30% depuis 10 ans. La soupape, c’est la forêt privée. Le propriétaire est intéressé à mettre du bois en marché, mais il doit avoir confiance en son conseiller, une confiance que nous entretenons depuis 40 ans. Dans un second temps, les groupements forestiers ont souvent été précurseurs d’innovation en sylviculture afin de faire face aux différentes attentes des propriétaires en forêt privée. Le nouveau régime forestier désire nous éloigner de l’approche normative en sylviculture pour favoriser l’atteinte d’objectifs clairs. C’est ce que nous faisons depuis 40 ans, pourrait-on l’exporter? Assurément! Dans un troisième temps, nous aurons besoin de main-d’oeuvre qualifiée afin de garder le régime forestier sur les rails. Tout le monde sait que la main-d’oeuvre spécialisée en sylviculture est de plus en plus rare. Les groupements forestiers ont compris depuis belle lurette son importance et plusieurs moyens ont été pris pour valoriser leurs employés. Ce n’est pas pour rien que le taux de roulement de la main d’oeuvre des groupements forestiers est trois fois inférieur à celui des autres entreprises du secteur. Pas un vilain coup, n’est-ce pas?

Remporter le tournoi

Comme les pros disent: « Il reste beaucoup de coups à jouer avant de remporter le tournoi. » Qu’on le veuille ou pas, il faudra les jouer, prendre des risques. Nous sommes en position pour enlever les honneurs. Il ne reste plus qu’à mettre notre stratégie en oeuvre, ni plus ni moins.