Renald Bernier

Plus que ce que l’on voit

15 Mai. 2018

Le 27 mars dernier, le gouvernement du Québec déposait son budget annuel. Il s’agit toujours d’un moment important, car c’est l’occasion pour nos élus de passer de la parole aux actes. Cette année, ce l’était d’autant plus pour la forêt privée car nous avions des attentes importantes.

En effet, l’importante hausse de la récolte de bois en forêt privée entraîne une augmentation des besoins de remise en production lorsque la régénération naturelle est insuffisante. Par ailleurs, l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) accentue les besoins de soutien pour planifier les interventions, récolter les peuplements affectés et remettre en production les sites mal régénérés. Qui plus est, nous estimions que la réalisation de la séquence sylvicole nécessiterait 6,5 M$ supplémentaires pour les régions qui ne sont pas encore touchées par la TBE. Cette situation justifiait selon nous, une augmentation substantielle des investissements en forêt privée.

LES ANNONCES

Nous étions en attente, réellement, et le gouvernement du Québec nous a fait de belles annonces :

• Un soutien additionnel de 41,1 M$ réparti sur trois ans ;

• Des sommes additionnelles de 40 M$ pour protéger les peuplements en forêts publiques et privées contre la tordeuse du bourgeon de l’épinette

• Les investissements annoncés permettront d’assurer la remise en production plus rapide de ces secteurs et ainsi consolider les volumes de bois disponibles.

PLUS QUE DES ANNONCES

Ces investissements permettront de créer plus de valeur à partir de la forêt privée. On ne peut en douter. Toutefois, ils cachent une réalité encore plus intéressante. Ces résultats sont, selon moi, le fruit d’une ère de collaboration qui date de la dernière rencontre des partenaires de 2011.

Si nous nous rappelons bien, c’est à ce moment que l’ensemble des partenaires de la forêt privée a pris la décision de faire en sorte que notre secteur contribue encore plus à la création de richesse. Passer de la parole aux actes n’a pas été une mince affaire et il aura fallu beaucoup d’efforts de tout un chacun pour y arriver.

Pensez au paiement du PAF, à la grille de taux provinciale, à l’implantation de la reconnaissance du modèle d’affaires des groupements forestiers, à la mobilisation des bois et j’en passe. Ces engagements ont tous demandé des efforts pour être implantés. Aujourd’hui, je suis content de dire que les groupements forestiers ont livré la marchandise. Nous avons augmenté de manière importante les livraisons de bois aux usines de transformation ; nous avons raffermi la volonté des producteurs de mettre en valeur leur lot boisé, nous avons donné une assurance aux citoyens que les sommes investies par l’État l‘étaient pour le développement de la forêt privée. C’est du bon travail.

IL Y AVAIT DES ATTENTES

Il y avait des attentes dans le budget du Québec. Sont-elles toutes comblées ? Non. Suis-je content ? Bien sûr. Depuis son arrivée, nous travaillons en étroite collaboration avec le ministre LUC BLANCHETTE afin de permettre à la forêt privée de créer davantage de richesse au profit des Québécois. Les annonces faites dans le budget démontrent sans aucun doute l’importance de notre secteur dans le plan de développement du Gouvernement du Québec.

Nous pouvons dire que l’équipe en place a permis de développer une vision commune de l’importance de la forêt privée. Elle a de plus, mis des balises afin de canaliser les efforts des partenaires. Les annonces faites à ce jour m’inspirent et me confortent dans l’idée que ce n’est qu’un début et que tant que les résultats seront au rendez-vous, les moyens suivront.

UN GRAND MERCI

Au moment d’écrire ces lignes, j’ai appris, non sans une certaine déception, le départ de monsieur SIMON VÉZEAU qui était chef de service à la forêt privée. Si la forêt privée a pu évoluer autant dans les dernières années, c’est certainement grâce à sa vision et à sa contribution énergique. Simon, bonne chance dans tes nouvelles fonctions et sois certain que tu seras toujours le bienvenu en forêt privée.