Marc Beaudoin

J’ai reçu des patins neufs, reste à les aiguiser!

28 Nov. 2013

Je ne sais pas pour vous, mais lorsque j’étais jeune, je préparais Noël longtemps à l’avance. Il fallait que tout soit parfait, car je verrais mes cousins qui demeuraient loin de chez moi; j’aurais la chance de manger un paquet de choses auxquelles je n’avais pas le droit d’ordinaire et il y aurait … des cadeaux!

Je prenais un soin jaloux à préparer ma liste. Il ne fallait pas que j’en demande trop afin être certain d’avoir ce que je voulais, mais il fallait tout de même laisser un choix. On prenait des chances à demander quelque chose de moins cher, tout le monde se tirait dessus, etc. Malgré toute la préparation, il y avait un danger, un nuage noir qui planait toujours au-dessus de nos têtes : serait-ce une bonne année pour les cadeaux. Mes parents auraient-ils les moyens de me faire plaisir? Ça créait toujours un petit stress. Est-ce que je déballerais une paire de patins ou bien une nouvelle chemise?

Un Rendez-vous national sur la forêt québécoise

C’est un peu dans cet état d’esprit que je me trouvais au début du Rendezvous national de la forêt québécoise. Nous avions eu l’occasion de faire connaître nos besoins au gouvernement en sachant aussi que ses moyens étaient limités, que les finances auraient de la difficulté à suivre. Qui plus est, je faisais partie du groupe qui croyait que l’échéancier ne permettrait pas d’arriver à des solutions satisfaisantes. Aussi bien dire que je m’étais préparé mentalement à recevoir une chemise plutôt que ma paire de patins! Il faut croire que j’ai été sage, car les bonnes nouvelles étaient au rendezvous. Une prévisibilité des budgets, une mise à jour du Programme de remboursement de taxes foncières, une révision du processus de planification et j’en passe. Ce sont toutes de bonnes nouvelles. Par contre, du travail reste à faire. On ne pouvait tout régler en une journée et demie. C’est pourquoi des chantiers ont vu le jour. Laissez-moi vous parler de quelques enjeux :

L’efficacité dans la livraison des programmes de forêt privée: En 2008, nous avions revu la gouvernance des agences de mise en valeur. L’idée n’est réellement pas de recommencer cet exercice. Il a été fait et bien fait. Toutefois, comme l’argent se fait rare, il est plus que jamais important de se questionner sur notre manière de fonctionner. Y a-t-il d’autres méthodes que nous pourrions utiliser pour améliorer l’efficience des processus? La responsabilisation professionnelle, l’utilisation des forces des partenaires sont des thèmes qui devront être abordés. Plusieurs agences de mise en valeur ont développé des façons de faire inventives qui pourraient être appliquées ailleurs. Nous devons absolument utiliser toutes les bonnes idées et les faire connaître.

L’utilisation des appels d’offres pour l’octroi de contrats: Lors des travaux préparatoires à la mise en oeuvre du régime forestier, nous avions accepté de tenir des appels d’offres pour l’octroi de 25% des contrats de travaux sylvicoles non commerciaux. Par contre, cette décision s’appuyait sur certaines conditions initiales. Parmi celles-ci, un volume suffisant de travaux basé sur l’historique 2008-2010, le maintien des conditions des travailleurs et des travaux prêts en temps. Nous devons constater que ces conditions préalables n’ont pas été respectées cette année. Il semble que plusieurs d’entre elles ne pourront pas l’être à court terme. La question doit être clarifiée : pouvons-nous rassembler les conditions afin de tenir des appels d’offres pour les travaux sylvicoles au Québec? Bien que nous soyons derrière ce mécanisme, il semble que la réponse soit non!

Les éclaircies commerciales de plantation: Avec l’arrivée à maturité des plantations, il y aura une migration progressive des budgets de travaux non commerciaux vers les travaux commerciaux. Ce faisant, l’industrie de l’aménagement verra son volume de travail diminuer. Cette situation devrait durer environ une quinzaine d’années, jusqu’à ce que nous arrivions à la seconde éclaircie. Il est essentiel d’assurer cette transition en permettant à l’industrie sylvicole de réaliser ces éclaircies commerciales, qui n’ont souvent – commerciales – que de nom. En fait, les premières éclaircies commerciales devraient être considérées comme étant des traitements non commerciaux et données à l’industrie de l’aménagement.

En guise de conclusion

Dans le contexte budgétaire que nous connaissons, nous devons saluer l’effort fait par le gouvernement envers la filière sylvicole. De notre part, nous affilerons nos patins pour avancer à vive allure et redonner au secteur forestier la place qui lui revient.