Renald Bernier

La création de richesse, amenez-en!

1 Avr. 2015

Je ne peux vous dire comment je me sens énergisé à chaque fois que j’ai la chance de travailler avec les groupements forestiers. Encore une fois, lors de notre rencontre hivernale, j’ai constaté l’énorme ingéniosité de nos organisations.

Vous le savez, le ministre LAURENT LESSARD nous a interpelés afin d’accroître la récolte de bois en provenance de la forêt privée. Je suis fier que les groupements forestiers aient encore une fois répondu «présents» à cette invitation.

En effet, durant deux jours, une soixantaine de représentants des 42 groupements forestiers du Québec se sont penchés sur plusieurs sujets notamment la mobilisation des propriétaires, la règlementation, la main-d’œuvre, l’alliance avec l’État et l’expertise.

À cet effet, permettez-moi de remercier les industriels qui ont accepté d’échanger avec nous lors de trois ateliers. Cet exercice nous a permis de nous doter d’un plan d’action concret afin d’accroître la récolte de bois des groupements forestiers. Plus que jamais, je peux confirmer notre place privilégiée sur l’échiquier forestier, et non seulement lorsque l’on parle de forêt privée.

Une nécessité

Beaucoup se demandent pourquoi il est nécessaire d’investir des deniers publics en forêt privée. La réponse est très simple : parce que c’est payant pour l’État! Voilà tout.

En effet, les baisses de possibilité sur forêt publique (environ 35 % depuis les 9 dernières années) se feront rapidement sentir à mesure que la demande pour le bois d’œuvre québécois augmentera avec le rétablissement de la construction résidentielle aux États-Unis. À partir de 1,2 million d’unités construites, la forêt publique ne pourra pas continuer à approvisionner les usines québécoises. Il s’agit d’un manque à gagner important pour le Québec en termes d’impôt sur le revenu (corporations et employés), de redevances, de taxes sur le carburant, etc. Une partie de la solution réside en forêt privée. Cette dernière possède une ressource de grande qualité située à proximité des usines. Or, seule une proportion d’environ 30 % de son potentiel est réellement récoltée chaque année.

Les groupements forestiers, l’outil à privilégier

Je suis convaincu que toutes les conditions peuvent être réunies afin d’augmenter substantiellement la récolte en forêt privée. En effet, la possibilité pour les groupements forestiers de récolter de 1 à 2 millions de mètres cubes supplémentaires est bien réelle.

Les propriétaires regroupés sont engagés dans la production de bois, les groupements forestiers possèdent l’expertise, les équipements et surtout la relation privilégiée avec le producteur afin de mener à terme leur démarche d’aménagement en tant que producteurs privés. Il ne reste qu’à créer les conditions de marché favorables afin de concrétiser ce potentiel.

Des outils durement éprouvés

Il ne faut pas se le cacher, mobiliser le bois de la forêt privée ne se fait pas de la même manière qu’en forêt publique. Il faut accompagner le propriétaire dans sa démarche d’aménagement, il faut créer un lien de confiance qui permettra la récolte de bois.

Or, je dois vous mettre en garde. Depuis plusieurs années, nous souffrons d’une décroissance importante des investissements sylvicoles en forêt privée. Ces investissements de l’État jouent un rôle majeur en soutenant les activités d’aménagement forestier et de récolte de bois des propriétaires.

Or, la baisse des investissements sylvicoles fait en sorte que plusieurs groupements forestiers sont maintenant passés sous le seuil budgétaire leur permettant de mobiliser les producteurs forestiers dans la récolte de bois. Qui plus est, nous perdons l’effet de levier du programme qui permettait de créer 6 fois plus de richesse chez les groupements forestiers.

L’État n’a pas le droit de demeurer inerte. La conjoncture favorable qui se dessine sur les marchés ne durera pas éternellement et tout doit être mis en œuvre pour profiter de cette situation, surtout en cette période budgétaire difficile. Je suis persuadé que les groupements forestiers constituent le meilleur outil afin d’atteindre les objectifs de récolte de bois du Gouvernement en forêt privée.

Il est cependant nécessaire de leur fournir les moyens adéquats en reconduisant, dans les plus brefs délais, des investissements équivalant au programme de mise en valeur de la forêt privée, le programme d’intensification sylvicole ainsi que le programme de création d’emplois.

Le chantier auquel nous sommes conviés est l’un des plus importants depuis fort longtemps. Encore une fois, je tiens à assurer le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs de notre entière collaboration. Le secteur forestier doit pouvoir s’appuyer sur les approvisionnements en forêt privée qui sont de grande qualité et situés à proximité des usines. Les groupements forestiers ont des solutions pour y arriver et comme convenu, nous déposerons auprès du ministre ces propositions dans les prochains jours afin de coordonner nos actions respectives.