Renald Bernier

La fierté du producteur privé !

12 Juin. 2017

Plusieurs présidents d’associations auront le même thème que moi ce mois-ci. En effet, le 15 mai dernier plus de 40 partenaires se sont joints pour donner le coup d’envoi au « Collectif pour une forêt durable ». Il s’agit d’une initiative historique. Avoir autant d’acteurs qui se joignent afin de promouvoir la forêt québécoise, cela ne s’était encore jamais vu.

Les travaux des trois prochaines années seront surtout centrés sur une campagne destinée à créer un sentiment de fierté dans la population dans la mise en valeur des différentes fonctions de la forêt. En tant que président de RESAM, je suis très fier que les groupements forestiers fassent partie de cette aventure. Je suis d’autant plus fier que l’action des groupements forestiers du Québec est nécessairement une source de fierté.

UN HISTORIQUE BIEN REMPLI

Les groupements forestiers ont été créés dans les années 1970, à la suite des opérations Dignité, qui visaient la prise en main par les communautés de leur développement. Leur création a permis de structurer des actions collectives d’aménagement forestier des forêts privées.

Les groupements forestiers, d’organisations artisanales qu’elles étaient, sont devenus des entreprises modernes et expertes en matière d’aménagement forestier et de mise en marché des bois récoltés. Les groupements forestiers sont des instruments de consolidation des forces vives du milieu en maintenant en place une main-d’oeuvre capable et efficace.

Ils consolident également le tissu régional en favorisant les achats locaux et les implications sociales ainsi qu’en veillant aux intérêts forestiers et environnementaux des collectivités régionales. Le modèle d’affaires des groupements forestiers est unique et génère des retombées significatives en ce qui concerne la consolidation régionale, l’utilisation des surplus, la mise en valeur des superficies.

Pour le gouvernement, ce modèle d’affaires est garant de l’investissement public, par le regroupement des superficies, l’engagement et l’encadrement des propriétaires de même que la production de bois. De plus, certains groupements deviennent des agents économiques importants de changement, en acquérant des propriétés forestières, des usines de transformation, ou développent des expertises complémentaires. À elles seules, ces retombées sont dignes de fierté vous en conviendrez. Mais il y a plus !

OUI, IL Y A PLUS!

En effet, mettre en valeur sa propriété est aussi une source de fierté. Permettez- moi d’être clair ici. Les producteurs regroupés font partie des propriétaires engagés, même très engagés. En ce sens, les investissements réalisés chez eux mènent pratiquement tout le temps à des travaux de récolte à la fin du cycle. En mettant leur propriété en valeur, les propriétaires regroupés améliorent le territoire évidemment.

Mais n’oublions pas que cette décision d’être actifs en aménagement permet de fournir du travail aux membres de leur communautés. En effet, les travailleurs sylvicoles peuvent exercer leur métier près de la maison plutôt que d’être forcés de s’exiler. Qui plus est, la récolte de bois, en plus de fournir du travail aux équipes de récolte, permet aux usines d’avoir les ressources à transformer.

Une étude réalisée en 2012 démontrait que plus de 24 000 personnes s’étaient procuré un emploi directement par la mise en valeur de la forêt privée. Il y a de quoi être fier non ? Mettre son lot sous aménagement a des effets bénéfiques à la fois pour le producteur et pour sa communauté. C’est réellement projet gagnant-gagnant pour l’ensemble du Québec !

UN LONG PROCESSUS

Évidemment, le visage du secteur forestier n’est pas sans ecchymoses. La crise forestière des dernières années et les critiques envers le régime québécois ont laissé des traces. Pour changer la perspective, tous les intervenants du secteur devront mettre l’épaule à la roue. Il faudra expliquer certainement. Il faudra parfois aussi changer notre approche car la réponse aux critiques ne peut pas seulement être « qu’ils n’ont pas compris ».

Par contre, j’ai la ferme conviction que l’objectif est atteignable. Cette conviction vient du fait qu’il y a des histoires « forestières » dont on peut être fiers. Les groupements forestiers en sont un bel exemple.