Marc Beaudoin

Là je suis heureux

18 Jan. 2016

En fin de semaine dernière, j’étais au hockey avec mon garçon. On a parcouru la moitié de la province pour jouer un match très très ordinaire. Les gars n’étaient pas capables d’attraper une passe. Un autre se croyait la réincarnation de Bobby Orr. Un troisième avait oublié que les joueurs qui portaient le même chandail que lui jouaient dans son équipe et j’en passe.

Ce qui devait arriver arriva. Après avoir gagné un tournoi, on s’enlignait pour perdre contre l’une des pires formations de la ligue. Mais voilà, à la toute f n du match, une étincelle! Quelques beaux jeux collectifs et voilà, l’équipe s’en tire avec une nulle, presque inespérée.

Une saison pas facile

Cette année, les groupements forestiers ont dû faire face à des conditions pas toujours évidentes. Des investissements insuffisants, un marché du bois volatil, des employés moins sollicités, etc.

Malgré tout, on s’en est tiré et on est arrivé à Noël en même temps que tout le monde. Il ne reste qu’à attendre les développements de la prochaine année. Pas tout à fait! C’était avant d’apprendre qu’il y aurait du nouveau en forêt privée. Une nouveauté que je n’attendais pas.

En effet, les groupements forestiers de l’Estrie et le Syndicat des producteurs de bois ont fait équipe afin de mettre aux enchères des lots de bois issus de la forêt privée. Il s’agit d’un évènement qui mérite d’être souligné pour plusieurs raisons :

Un petit retour sur les enchères

Avant d’élaborer sur l’intérêt de cette démarche, il est bon je crois de rappeler le principe des enchères. En fait, cette approche est un bon moyen d’activer la compétition entre les acheteurs en l’absence d’un marché parfait. L’idée est de sécuriser l’acheteur sur le bien mis en vente, mais de le mettre en opposition avec d’autres.

Profiter de la demande

Vous comprenez bien qu’en l’absence de demande pour un produit, il est impensable d’utiliser le processus d’enchères. Or, la demande pour les bois augmente. La reprise des marchés en quelques endroits ainsi que l’absence de nouveaux volumes en provenance de la forêt publique augmentent l’intérêt pour le bois de la forêt privée.

L’utilisation des enchères permettra de maximiser l’impact de cette demande accrue au profit des producteurs.

Modifier les façons de faire sans tout chambarder

Depuis des années, plusieurs ont demandé des modifications aux mécanismes de mise en marché. Honnêtement, j’en ai fait partie. Ce qui est intéressant dans cette aventure, c’est que nous sommes en mesure d’implanter des modifications importantes au fonctionnement traditionnel de la mise en marché sans pour autant jeter toute la structure en bas du pont.

En fait cette structure de mise en marché devient plutôt un véhicule intéressant pour mettre en oeuvre des bonnes idées.

On est plus fort quand on collabore

Avez-vous remarqué la synergie entre les groupements forestiers de l’Estrie et leur Syndicat? Soyez honnête, si on avait fait un pool, je ne crois pas que plusieurs auraient misé sur le fait qu’à la suite d’une collaboration groupements/syndicat, du bois privé serait mis aux enchères en 2015! Pourtant cela s’est fait. Les acteurs de la forêt privée de cette région on compris depuis longtemps que nous avons beaucoup plus besoin de collaboration que de confrontation.

Il faut leur lever notre chapeau.

Éviter les pièges

Est-ce que cette première série de ventes donnera de bons résultats? Je n’en sais rien. Est-ce qu’il y aura des ratés? Fort probablement. En l’absence de résultats concluants lors de cette première édition, devrait-on mettre cette idée de côté? Absolument pas! Je m’explique.

Il serait tentant de jeter le projet après un échec, si échec il y a. Rappelons-nous toutefois qu’en forêt publique, nous avons procédé à une application progressive du concept en ne faisant que quelques ventes la première année et les premiers essais ne se sont pas tous soldés par une réussite!

Il ne faut pas abandonner au premier écueil. Il est évident que les acheteurs auront besoin de temps pour apprivoiser le mécanisme. Les groupements auront besoin d’ajuster leurs opérations. Le Syndicat devra travailler sur son processus. Réussir ne veut pas dire être parfait du premier coup!

L’épaule à la roue

Il faut saluer cette initiative. Les partenaires de la forêt privée doivent s’inspirer de l’audace des acteurs estriens. Ceux qui demandaient des changements aux mécanismes de mise en marché doivent participer activement aux enchères et le Gouvernement doit supporter cette initiative ainsi que ses promoteurs dans son développement à long terme. On peut décrier l’absence d’évolution mais lorsque cette évolution se pointe, nous avons tous l’obligation de mettre les efforts nécessaires pour en faire un succès.

Une bonne année à tous et que la créativité soit au rendez-vous en 2016.