Renald Bernier

Le ministre Lessard rencontre le CA de RESAM: une rencontre inspirante

18 Jan. 2016

Pour la première fois, un ministre responsable du secteur forestier rencontrait le conseil d’administration de RESAM une seconde fois durant son mandat. En effet, monsieur Laurent Lessard s’est joint à nous lors de notre dernière rencontre. Bien sûr, nous avons eu droit à la familiarité légendaire de notre ministre. Mais j’aimerais souligner la chance que nous avons eue de creuser plusieurs enjeux et surtout, de discuter d’autant de solutions.

Mobiliser le bois

Nous avons abordé d’entrée de jeu l’élément central du discours de monsieur Lessard: la mobilisation des bois. Je n’étais pas peu fier de dire que les groupements forestiers avaient respecté leurs engagements.

Toutes les régions avaient augmenté leurs récoltes durant la dernière année, et ce, malgré des prix souvent plus ou moins intéressants et des conditions de marché défavorables.

Nous avons aussi présenté les résultats d’une étude sur les moyens d’aller chercher rapidement 2 millions de mètres cubes de bois supplémentaires en forêt privée. Il est surprenant de voir ce que l’on peut apprendre en regardant les faits et en laissant les présomptions de côté.

Par exemple, il est démontré que le niveau de récolte en forêt privée suit les mêmes tendances que celle de la forêt publique. Il n’y a donc pas de refus des producteurs de récolter le bois. La baisse de la récolte est surtout reliée à une diminution de 17 % des prix depuis 2002.

Par ailleurs, il y a peu de superficies privées aménagées qui ne sont pas récoltées chez les groupements forestiers et il en coûte à l’État 38 % de plus d’investissement par mètre cube récolté en forêt publique qu’en forêt privée (11,25 $/m3 contre 6,90 $/m3).

Finalement, nous disposons actuellement de 66 % des investissements nécessaires pour maintenir la possibilité forestière des producteurs engagés.

Des solutions partagées

Les groupements forestiers n’ont pas l’habitude de s’apitoyer sur leur sort. Il aurait été facile de simplement demander plus d’argent. Nous ne sommes pas tombés dans ce panneau.

Nos propositions sont cohérentes avec le contexte budgétaire du Gouvernement. En termes clairs, payons les résultats et soyons plus efficaces. Comment? Notamment:

• En offrant une fiscalité avantageuse (du moins pas désavantageuse) au producteur forestier.

• En utilisant réellement la responsabilité professionnelle de l’ingénieur forestier pour faciliter le travail.

• En augmentant les budgets lors de l’atteinte d’objectifs.

• En augmentant la contribution de l’industrie lors d’atteinte d’objectifs de récolte.

• En séparant le budget de réalisation de travaux sylvicole de celui d’encadrement.

J’ai été ravi de voir que plusieurs similitudes existaient entre les positions de RESAM et celle du ministre Lessard. Les discussions nous ont permis d’évaluer certaines voies de passage intéressantes. C’est sans aucun doute une belle motivation à ne pas lâcher.

Important de continuer

De la motivation, il n’y en aura jamais de trop, particulièrement en ce moment. J’ai fait part au ministre de l’importance d’obtenir des résultats dès cette année.

En effet, la crise forestière a laissé certains groupements forestiers dans une situation précaire. La baisse des investissements sylvicoles jumelée avec une baisse de la récolte et de la contribution de l’industrie fait en sorte que certains groupements disposent de moins de 50% des investissements qu’il y a trois ans à peine.

Ne nous méprenons pas, perdre un groupement forestier ne constitue pas uniquement une perte d’emplois, mais surtout la disparition d’un outil de mobilisation des bois hors pair et d’un agent de développement régional.

La prochaine année

Évidemment, la prochaine année sera très importante pour les groupements forestiers et la forêt privée. Un coup de barre doit être donné, c’est certain! Nous serons toujours disposés à accompagner le ministre dans cette aventure.

D’ici-là, j’aimerais féliciter les groupements forestiers d’avoir rempli leurs engagements et de s’être résolument tournés vers la récolte de bois. Je sais que ce n’est pas toujours facile.

Par la même occasion, je vous souhaite tous une bonne année 2016 qui permettra, espérons-le, de voir la forêt privée jouer son le rôle comme il se doit.