Renald Bernier

Le printemps arrive

28 Mar. 2019

Les temps ont bien changé. Dans l’ancien temps (!), les employeurs donnaient du travail. Ils permettaient à leurs employés de faire vivre leur famille. Le rêve suprême étant de demeurer à l’emploi du même employeur durant toute sa carrière. On nous a bien avertis qu’avec la démographie, ce ne serait pas le cas éternellement, mais, quand il n’y a pas de problème, on ne répare pas dit-on?

Les temps ont changé en effet. Les employeurs ne donnent plus de travail. La rareté de la main-d’œuvre signifie que présentement cette dernière a le gros bout du bâton. Pour reprendre l’exemple d’un de mes collègues administrateurs : «Les entrevues d’embauche, ce ne sont plus les futurs employés qui les passent, mais bien les employeurs qui ont à convaincre les gens que de travailler dans leurs organisations est la meilleure chose pour eux.»

Est-ce bien ou mal? Là n’est pas la question. Il faut juste accepter que ce soit la situation qui prévaut actuellement et celle qui prévaudra pour longtemps encore. Il faut donc s’adapter et ajuster notre tir.

LA RENCONTRE PRINTANIÈRE DES GROUPEMENTS FORESTIERS

C’est dans ce contexte que notre prochaine rencontre printanière se tiendra. Durant deux jours, nous regarderons les faits et analyserons les moyens de s’adapter à ce nouveau contexte. Mais qu’en est-il vraiment?

ÉVALUATION

Une première partie consistera à analyser les conditions dans lesquelles nos employés œuvrent. Plusieurs facteurs peuvent rendre le travail agréable dans nos organisations. Toutefois, il faut maintenant comprendre que la compétition ne vient plus simplement des autres entreprises de notre secteur. Nous devons compétitionner avec d’autres secteurs d’activités pour recruter des gens de talent. Pour y arriver, nous devons bien les connaître.

EFFICIENCE

Par ailleurs, une autre approche doit être aussi utilisée afin de combler les besoins en main-d’œuvre. Celle de l’efficience! Quels sont les processus que nous pouvons améliorer, quels actes n’apportent pas de valeur ajoutée? Comment fait-on pour évaluer notre efficience? Les gestes inutiles diminuent l’intérêt de nos employés et leur productivité. Quelles sont les approches à privilégier?

TECHNOLOGIES

Quand on parle d’efficience, nous ne sommes jamais très loin des évolutions technologiques. En effet, ces évolutions peuvent nous permettre d’économiser temps et argent en plus de rendre le travail beaucoup plus agréable.

Que peuvent être ces évolutions? Un RESAM géomatique plus performant, des bases de données complètes, des logiciels intégrés à la machinerie, des drones, la prise de données sur le terrain et quoi d’autre? Si ces évolutions peuvent nous donner un avantage, elles peuvent aussi nous tirer dans un gouffre. Il devient alors essentiel de bien cerner les avantages et les risques associés à ces développements.

FORMATION

Pour gagner en efficience, il faut aussi donner les outils modernes à nos employés. Ce sont eux l’âme de nos organisations. Ils sont expérimentés et loyaux. Sur ces gens, il est essentiel d’investir en formation afin de rendre le travail plus sécuritaire, plus efficace et plus intéressant.

Mais qu’en est-il de l’employé idéal d’un groupement forestier? Quelle formation doit-il posséder? Qu’est-ce qui est disponible sur le marché pour lui? Qu’est-ce qu’il manque comme service pour l’aider? Ce sont des questions essentielles à se poser afin de développer des outils d’amélioration continue qui permettra le développement à la fois du potentiel de nos travailleurs ainsi que celui de nos groupements forestiers.

CONSOLIDATION

Tout ce dont je viens de vous parler demande des changements parfois profonds dans nos organisations.Dans bien des cas, ces changements auront des répercussions financières importantes qui peuvent être intimidantes.

Par contre, comme je l’ai déjà dit la question que nous devons nous poser n’est pas : «Sommes-nous capables de nous payer cela?», mais plutôt : «Comment allons-nous faire pour y arriver?» En ce sens, différentes solutions sont envisageables, mais de prime abord, ne devons-nous pas nous questionner sur le minimum (masse salariale, chiffre d’affaires, etc.) pour faire fonctionner un groupement forestier?

EN GUISE DE CONCLUSION

La situation est préoccupante certes, mais ensemble je suis certain que nous avons les ressources pour faire face à ce nouveau défi. Notre rencontre printanière sera encore une fois l’occasion de profiter de la force de notre réseau afin de développer ces idées innovantes qui font des groupements forestiers, la pierre d’assise du développement de la forêt privée.