Renald Bernier

Le prochain plan d’action des groupements forestiers

10 Nov. 2015

Il n’est pas nécessaire d’être très âgé pour constater que la forêt qui nous entoure évolue rapidement. Les propriétaires forestiers sont bien placés pour en parler. Ils meurent d’envie de raconter à quiconque semble intéressé l’histoire des travaux réalisés sur leurs lots à bois. Parfois, c’est même sur trois générations qu’ils peuvent remonter. Ils ont compris que la nature n’était pas statique mais bien dynamique, n’est-ce pas ?

Il n’y a pas que la forêt qui évolue dans le secteur forestier. Tous les acteurs sont soumis à l’obligation de se redéfinir afin d’assurer la pérennité de leur existence. Ceux-ci doivent composer avec une multitude de facteurs qui, eux aussi, changent avec le temps. Pensons notamment à la règlementation provinciale et municipale, les types d’interventions en forêt, l’évolution des technologies, la représentation politique, les produits transformés, le marché international, les accords de libre-échange et j’en passe.

Les groupements forestiers ont su s’adapter au fil des ans. Nous devrons continuer à le faire. Ainsi, lors de la dernière assemblée générale, nous avons tous décidé de nous doter d’un plan d’action qui correspondra au nouvel environnement économique et politique de la forêt privée.

Son importance

En tant qu’acteur principal du développement de la forêt privée, je crois que le nouveau plan d’action des groupements forestiers sera une pièce majeure de redéploiement de notre secteur d’activité. Par la nature et la force de nos organisations, nous élevons les standards et relevons les défis. Nous l’avons déjà prouvé mainte fois dans le passé.

Par ailleurs, il est impératif que nos organisations demeurent en phase avec les orientations du ministre. Notre plan d’action ira en ce sens. Déjà, des travaux ont été amorcés sur la mobilisation des bois des producteurs regroupés. Toutefois, nous devons aller plus loin et faire en sorte que l’environnement des groupements forestiers soit propice au développement.

Le contenu

Le prochain plan d’action sera le fruit d’une longue réflexion stratégique visant la prospérité de nos organisations. Nous sommes convaincus que le gouvernement doit faire plus pour l’aménagement de la forêt privée, notamment par le biais d’un financement diversifié, suffisant et stable. Sans cet apport, il accule certains groupements forestiers sous le seuil de viabilité.

Par contre, même si le financement est un élément déclencheur, les groupements forestiers doivent faire leur part. Les groupements forestiers le feront en faisant preuve de leadership et en créant des partenariats, en améliorant l’échange d’information et en changeant certaines pratiques désuètes. Heureusement, la tâche sera facilitée, car nous disposons d’administrateurs et de membres compétents et dévoués qui nous permettent d’avoir une vision d’ensemble. Ce faisant, nos efforts de représentation sont toujours bien reçus et avec intérêt puisqu’ils reflètent la réalité que vivent nos organisations.

Nous sommes prêts

Il est évident que nous voulons être en avant de la parade. Nous sommes sensibles aux volontés du ministre et lorsqu’une direction commune est prise, nous nous appliquons à remplir notre mandat. Déjà, plusieurs comités de travail composés de membres des groupements forestiers sont à pied d’oeuvre pour relever le défi.

En conclusion

Le nouveau plan d’action des groupements forestiers est l’occasion de bien se préparer à la mise en place prochaine d’un nouveau Programme de mise en valeur des forêts privées. Il se veut aussi un coffre à outils précieux pour démontrer à l’État les avantages d’augmenter les investissements en forêt privée et la pertinence d’utiliser les groupements forestiers comme pilier de ces changements.

Les prochains mois seront fertiles en discussions et en échanges. Déjà, une rencontre hivernale est prévue afin que tous les groupements forestiers puissent participer à ce processus de réflexion. Encore une fois, j’ai confiance qu’avec tout le talent qu’on retrouve au sein de notre réseau, nous serons en mesure de relever ce nouveau défi et de donner tant aux groupements forestiers qu’à la société québécoise, les moyens de profiter de l’immense potentiel qu’offre la forêt privée du Québec.