Renald Bernier

Le temps de se regrouper

17 Fév. 2017

En tant que président de RESAM, j’ai l’occasion de participer à plusieurs rencontres. Depuis mes débuts, j’ai fait connaissance avec beaucoup de gens fort talentueux. Qui plus est, ma fonction de maire de la ville de Saint-Pascal me permet aussi de côtoyer des personnes intéressées au développement des régions. J’ai donc la chance de voir les enjeux de deux angles différents et cela m’aide beaucoup dans mon travail.

Vous le savez tous, j’ai affirmé notre intention de rendre les investissements de l’État en matière d’aménagement de la forêt privée beaucoup plus efficients. Je suis persuadé que plusieurs millions de dollars sont «dépensés» sans réel bénéfice. C’est pourquoi nous avions souscrit à la volonté ministérielle de diminuer de 30% les actes administratifs.

Dans un contexte où les ressources sont tellement difficiles à trouver, ce serait inacceptable de ne rien faire. Vous voulez des exemples ? Est-ce normal qu’un producteur ait deux cahiers de normes à respecter parce que ses lots sont dans deux municipalités différentes? Deux cahiers de normes, cela veut aussi dire deux méthodes de travail différentes, ce qui veut aussi dire beaucoup plus de technique pour réaliser les mêmes travaux.

Est-ce normal que le dossier d’enregistrement du statut de producteur de bois ne soit pas encore réglé? Cette situation bien documentée impose des délais et des embûches importants dans le travail de planification. Est-ce normal qu’un professionnel ait à demander la permission à un autre professionnel pour réaliser ses inventaires et ses prescriptions? Sans dire que la réponse est toute noire ou toute blanche, je suis persuadé que beaucoup d’améliorations doivent être envisagées à court terme. C’est certain !

À qui la faute?

Je vous disais au début que j’ai rencontré des gens formidables dans les dernières années. J’en ai suffisamment rencontré pour être persuadé que des situations comme celles que je viens de décrire ne sont pas causées par des gens malveillants. En fait, je suis certain que tout ce qui a été mis en place jusqu’aujourd’hui l’a été pour de bonnes raisons.

Pourquoi y a-t-il des problèmes alors, me demanderez-vous ? Sans être un expert, je pense que tout un chacun a analysé la situation selon sa propre perspective et sa compréhension. À plusieurs égards, nous avons tous manqué dans la compréhension des besoins et des enjeux des autres partenaires.

Un objectif commun

Je suis d’avis que si on se dotait d’un objectif commun de réellement rendre le système plus efficace, nous aurions les moyens pour y arriver. Par contre, si les partenaires de la forêt privée se placent en réaction aux diverses propositions, les chances de succès sont plutôt faibles.

De ma perspective, les solutions passent par deux grands chemins : il est essentiel d’harmoniser la réglementation municipale. J’entends déjà certains collègues sursauter. Quand je parle d’harmonisation, je parle surtout de l’objectif des différentes règles. Sans oublier les risques de pillage de lots qui prévalaient au départ, maintenant nous devons nous orienter afin que les règles favorisent la création durable de richesses à partir de la forêt privée.

Nous devons faire confiance aux professionnels plutôt qu’augmenter les contrôles. Si nous partageons tous le même objectif, il n’y a pas lieu de se concentrer sur la prémisse que les professionnels seront mal intentionnés. Donnons-leur les moyens d’être plus efficaces pour atteindre l’objectif. Je comprends que vous vous demandez en quoi les groupements forestiers contribueront à l’atteinte de cet objectif.

Nous avons été, nous sommes et nous serons actifs sur ce point. En quelques mots voici nos principaux dossiers :

– Continuer rigoureusement le suivi de la reconnaissance des groupements forestiers afin de garantir à l’État que les sommes investies par le biais des groupements forestiers le soient pour le développement du potentiel de la forêt privée.

– Améliorer les équipements et les méthodes de travail afin d’être plus efficace.

– Former nos travailleurs, notamment sur les outils nécessaires pour assister les propriétaires à la récolte de bois.

En tant que président de RESAM, je vous invite à partager cet objectif d’augmentation d’efficacité de nos processus. Je vous invite à regarder comment vous pouvez contribuer à cet objectif et améliorer la situation. Ensemble ce sera possible !