Renald Bernier

Le travail d’équipe

30 Jan. 2018

Je dois vous le dire, le dernier mois a été particulièrement occupé. Non pas que des troubles importants apparaissaient dans le monde forestier. C’était mon « autre vie » qui prenait toute la place.

En effet, c’était les élections municipales et mon siège de maire de la municipalité de Saint-Pascal était en jeu. J’ai donc dû faire ce que tout élu doit faire. J’ai élaboré, avec mon équipe, une plateforme électorale. C’est à ce moment que cela m’a frappé. J’étais chanceux de pouvoir compter sur une équipe de personnes si dévouées, qui partageaient les mêmes vues que moi sur le développement de notre communauté tout en provenant de milieux forts différents. C’est cet amalgame unique qui donnait de la valeur à ma candidature, je crois.

DES RELATIONS À REDÉFINIR

Peut-être que c’est parce que je sors d’un processus électoral. Mais je me sens en mode développement, en mode coalition. Nous avons la chance de profiter d’une forêt aux multiples possibilités avec laquelle nous pouvons réellement croire créer de la richesse pour le Québec.

Or je crois que les liens entre chaque partenaire peuvent s’améliorer. Je crois que l’on peut faire en sorte d’être encore plus efficace et constructif. Si je dis cela, c’est que l’expérience semble confirmer mon point de vue. En effet, il y a quelques années, RESAM et la FPFQ avons décidé de travailler dans le même sens. Avons nous toujours la même opinion? Bien-sûr que non! Mais le fait est que nous avons décidé d’investir sur ce qui nous rassemble et non sur ce qui nous divise. Depuis, je peux dire que nous avons fait des avancées importantes pour la forêt privée.

UN TRAVAIL D’ÉQUIPE

Il est évident que des défis importants doivent être surmontés afin que le secteur forestier puisse jouir d’une vitalité à long terme. Pas juste une vitalité qui correspond à une augmentation momentanée des prix du produit fini ou par une absence de tarifs douaniers. Non, je parle d’une prospérité qui s’assoit sur des bases solides et un objectif partagé par tous. Pour y arriver, la forêt privée devra jouer un rôle important.

UN LIEN DIFFÉRENT ENTRE LE PRODUCTEUR ET LE TRANSFORMATEUR

Nous ne pourrons pas changer les lois du marché. Il y aura toujours un impact entre l’offre et la demande pour fixer le prix. Il faudra toutefois sortir du seul principe de rapport de force et vendre la spécificité du bois de forêt privée.

Par exemple, les groupements forestiers ont des avantages qui peuvent être monnayés. Je pense ici à la flexibilité. En effet, il est possible pour les groupements d’ajuster rapidement les horaires de livraisons et les spécifications techniques selon les besoins changeants de l’acheteur. Cela donne une valeur ajoutée au produit.

Par contre, comme je l’ai déjà dit, la relation d’affaires entre producteur privé et transformateur devra évoluer. La prévisibilité que demande, avec raison, les transformateurs, devra être aussi mise de l’avant pour les producteurs. La prévisibilité du producteur est incompatible avec des contrats qui peuvent se terminer à tout moment. Un partenariat solide signifie que les deux parties s’accompagnent dans les bons et moins bons moments.

UNE RELATION SOLIDE AVEC L’ÉTAT

Je ne m’en cache pas, pour moi, il est très important que l’État et les producteurs travaillent main dans la main, non pas pour en tirer des avantages indus, mais pour s’assurer que nous visons les mêmes cibles. En ce sens, la reconnaissance du modèle d’affaires des groupements forestiers représente une avancée importante. Elle permet à l’État de s’assurer que les investissements qu’il consent sont dirigés vers la production de bois. Je crois que nous allons dans la bonne direction.

Des efforts importants ont été consentis pour « virer le bateau de bord ». Toutefois, encore là, il reste beaucoup de travail à faire. La place de l’ingénieur forestier est trop étroite à mon goût. La lourdeur administrative joue encore en défaveur de l’efficacité des interventions. Nous ne nous sommes pas encore affranchis de l’approche « vérificateur vérifié » au profit de celle de partenaire. Cela demandera des efforts de tous les côtés pour y arriver.

EN GUISE DE CONCLUSION

Je ne voudrais pas vous laisser sur l’impression que cela va mal. Ce n’est pas le cas. Toutefois, nous sommes maintenant rendus à prendre des décisions importantes pour l’avenir de la forêt privée qui iront au-delà d’ajustements administratifs. Heureusement, nous avons des partenaires de qualité. Si je me ramène à mon expérience municipale, c’est maintenant de savoir si nous pouvons tous travailler dans la même direction.