Claude Dupuis

Les attentes des coopératives forestières envers le nouveau gouvernement

25 Oct. 2012

En préparation des élections du 4 septembre dernier, la FQCF a transmis aux partis politiques ses principales attentes. Que reste-il de ces démarches ?

Des attentes précises

La FQCF s’est concentrée sur les deux volets qui ont le plus d’importance pour ses membres, soit le secteur forestier et le mouvement coopératif. Nos attentes étaient bien sûr teintées par notre intérêt, mais la Fédération a aussi rappelé que ces deux segments de l’économie québécoise ont aussi toujours constitué des piliers sur lesquels se sont construites les régions. Nous voulions donc nous assurer que le prochain gouvernement allait prendre les mesures nécessaires pour créer les conditions favorables à leur développement. La FQCF a souligné que le secteur forestier traverse une très sérieuse crise et qu’il doit en même temps s’adapter à une réforme très profonde du régime forestier. Sous l’effet de ces deux chocs, les entreprises qui travaillent en forêt ont connu de graves difficultés et elles souffrent toujours du climat d’incertitude qui limite leur capacité à se préparer à l’avenir. Malgré tout cela, les coopératives forestières demeurent persuadées que la foresterie comporte toujours un très grand potentiel de développement, notamment à cause de la noblesse du matériau bois. Pour ces raisons, la FQCF demandait aux partis politiques de s’engager à compléter la réforme du régime forestier, notamment en donnant suite au projet de loi 67 qui modifiait la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier. Cependant, les coopératives forestières demandaient en même temps d’améliorer la compétitivité des activités d’aménagement forestier en confiant davantage de responsabilités aux entreprises spécialisées dans le domaine. Cela visait surtout à favoriser l’obtention de synergie entre les différentes activités et à améliorer leur capacité d’optimiser la chaîne de valeur entre l’arbre et le client. La Fédération a aussi bien sûr demandé d’intensifier la sylviculture et de sécuriser davantage les travailleurs forestiers en garantissant la disponibilité des budgets. Une section importante portait aussi sur la nécessité de valoriser le matériau bois, notamment en favorisant le recours au bois dans les bâtiments non résidentiels. Cette façon de faire ayant l’immense avantage de miser à long terme sur l’innovation plutôt que sur les faibles coûts. La FQCF a aussi rappelé l’importance de développer la filière de la biomasse forestière pour le chauffage des bâtiments institutionnels et commerciaux. Enfin, pour le volet coopératif, qui répond aux besoins de plus de 8 millions de membres grâce à 3 300 entreprises coopératives et mutuelles, la FQCF a souligné l’importance qu’elle accorde au renouvellement et au renforcement de l’Entente de partenariat entre le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité et le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. Elle demandait aussi de favoriser la formule coopérative pour assurer une partie de la relève entrepreneuriale. Elle rappelait qu’il faut également préserver et améliorer les dispositions fiscales en faveur de la coopération comme le régime d’investissement coopératif. Il faut aussi mettre à la disposition des coopératives un financement adapté à leurs besoins et à leurs caractéristiques. Enfin, elle précisait qu’il faut toujours clarifier les rôles entre les associations de travailleurs coopératifs et syndicales. Une réception positive La plateforme électorale du Parti Québécois contenait déjà plusieurs des éléments souhaités par les coopératives forestières. En plus, en réponse à la note transmise, le PQ a confirmé par écrit à la Fédération ses engagements, dont celui d’adopter une charte du bois avec les cibles d’introduire 5% de bois dans les constructions privées non résidentielles et 30% dans les constructions publiques. L’engagement porte aussi sur l’intention de doubler la valeur de la production forestière avec un vaste chantier sylvicole qui comportera un budget de 35 M $ supplémentaire au budget libéral d’investir 200 millions de dollars par année. Il s’engage aussi à adopter une loi cadre pour reconnaître la contribution positive de l’économie sociale et à mettre en place un nouveau programme d’aide à la relève d’entreprises, dont les coopératives. Nous sommes donc très heureux de ces très bonnes dispositions de départ et nous attendons avec impatience la nomination des prochains ministres pour poursuivre avec eux une collaboration étroite. Félicitations au Parti Québécois, travaillons ensemble pour relancer le secteur forestier, notamment en misant sur la coopération.