Marc Beaudoin

Les commotions cérébrales, ça peut laisser des traces!

2 Déc. 2014

L’autre jour, je me suis retrouvé au beau milieu d’une discussion de football avec un ami de mon garçon.

– Et puis Victor, comment va la saison?

– Mal, la ligue ne veut plus de contact «casque à casque»!

– Ouin, me semble que c’est une bonne nouvelle, tu auras moins de chance de te blesser non?

– Bah! C’est un règlement fait pour les moumounes! C’est pas si dangereux, Tristan en a eu«une» et il est revenu au jeu après seulement 3 semaines…

Ouf! Les écarts de perception. On comprend l’importance du jugement des adultes pour éviter les décisions rapides aux conséquences désastreuses à long terme.

Le gouvernement agit en bon père de famille

En 2011, le gouvernement du Québec reconnaissait le modèle d’affaires des groupements forestiers. Il poursuivait trois objectifs alors :

1) diminuer l’impact du chevauchement des rôles joués par les différents partenaires de la forêt privée;

2) retourner aux objectifs initiaux du programme qui sont de regrouper les superficies, de maintenir une expertise solide dans tout le Québec, défavoriser un effet de levier des investissements de l’État sur d’autres secteurs d’activité;

3) maintenir un bassin de travailleurs compétents, dotés d’un bon encadrement en matière de santé et de sécurité, tant pour la forêt privée que publique.

Les décideurs avaient vu juste. La collaboration entre les groupements forestiers et les syndicats de producteurs de bois s’est grandement améliorée et plusieurs dossiers sont maintenant portés conjointement.

Le modèle d’affaires des groupements forestiers a été évalué et audité. Plus que jamais, les propriétaires regroupés sont engagés à l’intérieur d’une démarche de création de richesse! Le pôle de main-d’œuvre a été sauvegardé par les groupements forestiers qui ont agi comme dernier rempart lors de la crise. Resterait-il suffisamment de travailleurs pour faire face au nouveau défi de création de richesse? J’en doute fort!

Des nouveaux défis

Plusieurs défis se pointent. Par contre, profiter de la reprise des marchés doit être une préoccupation de tous les instants. Le faire dans un contexte budgétaire précaire ajoute à la commande. C’est ici que prend tout son sens la décision de reconnaître les groupements forestiers.

Voilà pourquoi:

Investir avec un groupement forestier c’est créer un partenariat direct avec le propriétaire

Un groupement forestier, c’est une organisation collective gérée pour et par les propriétaires de lots boisés. Les investissements ne passent pas entre les mains d’une tierce partie qui cherche le profit, mais bien au sein de propriétaires qui cherchent à maximiser l’impact des sommes investies.

Investir avec un groupement forestier assure la transparence dans l’utilisation des fonds publics

Les groupements forestiers sont les seules organisations dont les processus sont audités à la fois par l’État, les syndicats de travailleurs et ses propres membres. En effet, chaque année, une vérification financière indépendante est présentée à tous les producteurs regroupés qui ont le loisir de poser toutes les questions qui leur semblent importantes. Le mode de fonctionnement de chacun des groupements forestiers est évalué par l’État pour s’assurer de la représentativité, de l’accès équitable aux services et de la liberté de prise de décision. Tous ces pare-feu assurent à l‘État que les fonds publics seront dirigés de manière efficace vers la création de richesse et non dans la poche d’un propriétaire.

Investir avec un groupement forestier assure la récolte de bois

Les 34 500 propriétaires regroupés sont les seuls producteurs qui se sont engagés, par écrit, à réaliser la récolte de bois. Ainsi ils ont tous signé une convention très explicite sur la finalité du financement de l’aménagement, à savoir «la production et la récolte de bois». Pour les propriétaires regroupés, cet engagement est d’autant plus impor- tant que le non-respect de cette clause peut mener à l’impossibilité de recevoir de l’aide regroupée.

Investir avec un groupement forestier assure la démocratisation de la mise en valeur

Le propriétaire doit investir dans l’aménagement de son boisé, c’est normal. Par contre, le modèle d’affaires des groupements forestiers permet différentes formes de contribution comme l’utilisation des droits de coupe ou des bénéfices externes de son entreprise afin de garder le plus de propriétaires actifs possible.

Avoir les idées claires

Le modèle d’affaires des groupements forestiers n’est pas le seul qui mérite d’exister. Par contre, il est de loin celui qui permettra d’atteindre le plus efficacement les objectifs gouvernementaux de création de richesse, de transparence et de gestion efficace des fonds publics. La vision du gouvernement de reconnaître le modèle d’affaires des groupements forestiers est plus que jamais pertinente et évitera que les contacts «casque à casque» ne laissent la forêt privée avec des séquelles permanentes.