Marc Beaudoin

Les tempêtes de neige

15 Mai. 2018

À la maison, nous entrons actuellement dans une drôle de période : celle des examens. Tout se ressemble mais tout est différent ! Bien sûr, le vocabulaire guttural des adolescents demeure le même, mais avec une teinte d’inquiétude en arrière-plan. Il y a même une tentative de gentillesse lorsque l’on nous demande d’expliquer un concept mathématique à 22h30 !

C’est plutôt tranquille aussi. Il y a bien le sac de biscuits qui se froisse et quelques mots ecclésiastiques qui proviennent, je crois, de l’ordinateur. Mais il règne un silence quelque peu tendu. Ce genre de silence que l’on ne veut pas déranger au risque d’amorcer un cataclysme.

Mais voilà, la tempête arrive. Pas celle de panique de ne pas être prêt pour l’examen, la vraie, celle de neige, celle qui éloigne l’examen en question. Or là, la manette de jeu ressort, les siestes s’allongent. Les sons gutturaux sont plus agressifs lorsque l’heure des repas arrive. On a beau dire qu’ils ont une chance d’avoir de meilleures notes en profitant de la journée pour travailler, mais la tentation de forcer un peu moins demeure là.

UN HISTORIQUE DE CONFIANCE

L’État, dans son budget 2018, a donné plus de moyens aux groupements forestiers afin de créer de la richesse. Que ferons-nous ? Je ne peux pas parler pour tous les conseillers indépendants, mais en ce qui concerne les groupements forestiers, je peux le dire : beaucoup plus !

L’idée même qui a présidé à la naissance des groupements forestiers était de se regrouper afin de se doter d’outils plus performants qui auraient été hors de moyens autrement. C’est ce que nous avons fait. Il y a longtemps que nous n’avions pas vu autant d’achats d’équipement de récolte dans le réseau. Je ne parle pas ici d’équipement usagé, bas de gamme. Je parle d’équipement à la fine pointe de la technologie qui augmente la productivité tout en respectant les besoins des producteurs.

Nous avons aussi investi dans la formation de nos employés. Nous avons su utiliser les programmes existants en plus d’en développer de nouveaux. Nous avons su donner à nos travailleurs et à nos cadres des habiletés supplémentaires. Depuis nos débuts, chaque groupement forestier a mis un point d’honneur de se doter d’une main-d’oeuvre fiable et qualifiée.

Le secret de notre succès s’appuie de plus sur notre capacité à créer des liens avec les membres de notre communauté. Ces liens sont précieux, car ils sont basés sur un long historique de confiance réciproque. Nous avons prouvé que nos groupements forestiers étaient dignes de confiance. Ainsi, nos partenaires gouvernementaux, nos souscontracteurs, nos municipalités et j’en passe, savent que lorsque nous sommes dans le portrait, le travail est entre bonnes mains.

UNE OCCASION EN OR

Les investissements consentis par l’État pour la forêt privée ainsi que leur prévisibilité sont importants et doivent nous interpeler. Ce n’est pas l’occasion de s’asseoir et de se la couler douce. C’est plutôt l’occasion d’aller plus loin et de créer encore plus de richesse. Si nous avons pu bouger si rapidement jusqu’ici, nous pourrons encore le faire demain matin.

Dans les prochaines années, nous devons réaliser la recette sylvicole des producteurs regroupés. Pour y arriver, il faudra notamment, utiliser encore plus le Programme de remboursement de taxes foncières et améliorer notre efficacité pour diminuer les coûts. Le 3 et 4 mai prochain, nous aurons l’occasion d’échanger ensemble sur les moyens d’être plus efficaces lors de notre rencontre printanière. Nous explorerons à la fois les moyens administratifs, technologiques et relationnels afin de nous donner les outils pour en faire plus.

La rencontre printanière est devenue un incontournable dans l’agenda de RESAM et des groupements forestiers. Encore une fois, ce sera l’occasion pour chaque membre de RESAM de se mettre à jour sur les enjeux provinciaux. C’est surtout la chance de s’abreuver de l’expérience de tous les groupements forestiers et de partager nos préoccupations respectives. Comme en font foi les quarante dernières années, nous ne nous laisserons pas endormir mais nous utiliserons ces nouvelles encourageantes comme tremplin.