Jocelyn Lessard

L’oracle se prononce

28 Mar. 2019

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) a la générosité d’inviter ses membres associés pour entendre annuellement une brochette de conférenciers sur un sujet d’actualité. Cette année, elle a eu lieu le 28 février dernier avec comme thème la révolution 4.0.

LE BESOIN DE CONNAÎTRE L’AVENIR

La thématique a été intéressante. Les conférenciers ont réussi à bien illustrer la progression du phénomène et l’importance de se doter d’une approche globale quand sont introduites de nouvelles technologies. Comme à chaque année, le clou de la journée était cependant lié à la présentation de Michel Vincent, le directeur économie et marchés du CIFQ. Il présente, depuis 16 ans, sa mise à jour économique pour le secteur forestier. Je fais toujours mon possible pour y être. C’est très instructif pour connaître la situation de chaque segment de la transformation et c’est aussi agréable. Monsieur Vincent est un excellent communicateur qui met beaucoup de vie dans ses présentations.

Comme tous les économistes, il ne « connait » pas l’avenir, mais, au fil des années, il a conçu un modèle qui tient compte de nombreux paramètres qui prédisent ce qui va se produire. Parfois des phénomènes imprévus altèrent sa lecture et ses prédictions ne s’avèrent pas exactes, mais en général, son modèle est impressionnant.

Il avait bien hâte de présenter sa mise à jour 2019 parce que ses prévisions 2018 étaient particulièrement précises. Il avait, par exemple, prédit avec justesse l’évolution du prix du carburant et des prix du bois d’oeuvre. Personne n’avait encore connu une chute aussi brutale du prix du bois que ce qui s’est produit à l’automne, mais il l’avait prophétisé. Cette situation a été bien difficile pour le secteur, mais comme capacité d’anticipation : respect !

Il était déçu de constater que le Québec n’a pas réussi à profiter des prix du marché du début de 2018, parce que le volume récolté a été stable. Il faudrait réussir à comprendre où sont les freins qui ont privé le Québec de cette occasion. Est-il préférable de faire monter la valeur des redevances ou le volume ?

Il utilise de nombreux graphiques qui illustrent l’évolution de ses indicateurs dans le temps et, souvent, leurs liens avec des périodes de récession. L’indice de confiance des consommateurs américains par rapport à celui des constructeurs est généralement décalé. Les consommateurs portent des lunettes roses bien plus longtemps que les constructeurs quand la récession se pointe. Il nous a même révélé le « secret des économistes », l’indicateur ultime qui prédit avec justesse la récession.

Bon, ok, il est bon, mais quand est-il de notre avenir ? Je vous invite à lire son texte qui devrait faire partie de ceux de ce journal. Très sommairement, il anticipe un répit en 2019 avant que les choses ne se détériorent vraisemblablement au cours d’une éventuelle récession qui se pointe.

Les prix du bois devraient être volatiles en 2019, mais demeurer, grâce au taux de change, à un prix qui permet de rester en affaires. Les mises en chantier devraient se situer entre 1,2 et 1,3 unités pour l’année aux États-Unis. C’est cependant assez clair que nous sommes dans une fin de cycle économique. Comme la reprise avait été assez lente, il faut espérer que la fin du cycle prendra son temps également. La bonne nouvelle est qu’il nous reste encore du temps pour continuer à améliorer notre performance.

MERCI GUY

Est-ce l’effet de la pénurie de main-d’œuvre qui fait en sorte que nous sommes aujourd’hui aussi affectés par le départ de personnes que nous apprécions ? C’est le sentiment que j’ai eu en apprenant la décision de Guy Lavoie de partir relever d’autres défis professionnels. Il était avec nous depuis 12 ans. Comme tous les autres directeurs du journal, il a été indispensable pour en assurer le succès. Il a contribué à faire réduire les coûts et à alléger le contenu afin de le rendre plus compatible avec les attentes des principaux lecteurs. Guy était aussi un compagnon agréable à fréquenter, très agile dans le milieu des médias, toujours de bonne humeur et à la recherche de solutions simples et efficaces.

Merci pour tout le chemin que tu nous as aidés à parcourir et bonne chance pour tes projets.