Marc Beaudoin

Merci messieurs

3 Juil. 2020

Même si on nous dit que le temps passe, il y a des jalons qui, une fois passés, ne manquent pas de nous rappeler que ce n’est pas qu’une vue de l’esprit.  En début de carrière, on se trouve toujours dans la position du petit nouveau.  On apprend les rudiments du métier, les us et coutumes des différents groupes. On tisse des liens avec des personnes, on établit des relations solides et, après un certain temps, on se rend compte que ce n’est pas immuable, que les choses peuvent changer.

Dans les derniers mois, j’en ai eu un rappel brutal. Trois collègues de longue date ont décidé de changer leur cheminement professionnel. J’avais déjà souligné leur départ dans des éditoriaux précédents, mais l’occasion me semble tout indiquée pour leur signifier toute ma reconnaissance.

Ronald Brizard

Ronald a pris sa retraite il y a à peine quelques mois de son poste de sous-ministre associé.  Toutefois, je l’ai connu alors qu’il arrivait des Laurentides pour occuper un poste de direction à Québec. C’était juste après la Rencontre des partenaires de la forêt privée de 2006. Parmi ses affectations, il y avait la présidence du Comité de suivi des décisions du sommet sur la forêt privée.

Pour ceux qui s’en rappellent, ce comité n’était pas une sinécure et les tensions étaient, disons très palpables. Qui plus est, la forêt privée n’occupait pas le haut des priorités du ministère.  Ce n’est peut-être pas très connu, mais si aujourd’hui, nous avons une réelle équipe dédiée à la forêt privée et si la forêt privée fait réellement partie des plans du ministère, nous le devons en grande partie à Ronald. Il a su nous regrouper bien sûr, mais surtout, convaincre les décideurs du fort potentiel qu’offre la forêt privée.

Marc-André Côté

Je me rappelle particulièrement de deux conversations avec Marc-André. La première de toutes, juste après sa nomination à titre de directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ). Il me dit :« Marc, mon objectif est de faire en sorte que nos deux organisations réapprennent à travailler ensemble !»

Quelle belle invitation, mais surtout quel entêtement à réaliser cet objectif.  Je ne me souviens pas d’avoir collaboré autant avec un partenaire. Non seulement ses talents exceptionnels ont aidé la cause des propriétaires forestiers, mais son honnêteté et sa rigueur ont ficelé une collaboration des plus productives. Il n’y a pas assez de place pour citer l’ensemble des projets et des idées que nous avons développés ensemble. Pour ceux qui ne le savent pas, si nous travaillons si bien avec la FPFQ aujourd’hui, c’est en grande partie parce que Marc-André s’est investi dans ce projet.

Jocelyn Lessard

À tout seigneur, tout honneur, vous avez vu en prenant le journal que mon collègue Jocelyn quittait son poste de directeur général de la Fédération québécoise des coopératives forestières.  Un bloc sur lequel on comptait – tous nous quitte.

En effet, Jocelyn est le plus expérimenté d’entre nous. Il a une mémoire phénoménale et une connaissance intime de l’évolution de la foresterie au Québec. C’est très rassurant de l’avoir près de nous.

Ce que j’admire le plus toutefois, c’est son absolue conviction qu’ensemble, nous pouvons faire de grandes choses. Sa foi envers l’entreprenariat collectif, la certitude que le développement de nos régions passe par les gens. Dans un contexte forestier, c’est très rafraichissant.

Ma carrière est très reliée à celle de Jocelyn et lors d’un prochain congrès je vous en reparlerai, mais je peux vous dire que sa rigueur et son désir de faire les choses « comme il faut » poussent toute la filière à se dépasser. Il a été une force importante dans le développement du programme PGES, des programmes de formation et du processus d’octroi des contrats en forêt publique. Il nous a aussi poussés à mieux connaître la force du développement coopératif, notamment par sa grande implication avec la SOCODEVI. Ce n’est donc pas étonnant de le voir quitter pour une dernière mission coopérative, là où tout a commencé pour lui.

Une nouvelle page

Avec le départ de ces trois figures de proue, une nouvelle page se tourne. Par contre, ils ne partent pas en nous laissant les mains vides. Leur travail acharné nous a permis de faire progresser le développement de la forêt privée et de l’entreprenariat collectif. Qui plus est, nous ne nous gênerons pas pour les solliciter encore.  Mais d’ici là, il ne reste qu’une chose à dire : merci beaucoup messieurs, on ne vous oubliera pas de sitôt !