Renald Bernier

Mettre en commun

12 Mai. 2017

Au moment d’écrire ces lignes, je suis à peaufiner les derniers préparatifs de la rencontre printanière des groupements forestiers. Au moment où vous les lirez, cette rencontre sera déjà du passé. Vous saurez évidemment que nous en étions à notre 8e rencontre en dix ans et qu’aujourd’hui, je crois sincèrement que cette activité est devenue incontournable.

Je le répète, le forum dont les groupements forestiers se sont dotés avec ces rencontres va bien au-delà d’un simple vote sur différents sujets. C’est, selon moi, l’occasion privilégiée pour chaque membre de RESAM de venir s’abreuver de l’expérience de tous les groupements forestiers et de partager ses préoccupations avec ceux-ci.

Ces échanges dynamiques dictent en quelque sorte, l’agenda de votre organisation provinciale pour l’année. Au cours des dernières années, nous avons su mettre en commun nos différentes visions sur plusieurs sujets. Cette mise en commun nous a permis de développer des positions fortes, respectueuses de nos membres et partagées par tous. Ç’est tout à l’honneur des groupements forestiers du Québec.

Dans les dernières années, nous avons osé. Nous avons osé nous commettre dans la mobilisation des bois. Nous avons osé nous investir dans cet objectif en mobilisant les producteurs regroupés, en achetant de la machinerie, en orientant nos programmations. Bravo ! Nous avons aussi osé revoir nos façons de faire afin que tous les groupements forestiers du Québec offrent le même service et permettent de créer le maximum de richesse à partir de la forêt privée.

Nous avons osé nous commettre dans un processus de reconnaissance et garantir à tous que les sommes investies par le biais d’un groupement forestier l’étaient pour la production de matière ligneuse.

OSONS ENCORE PLUS

Je ne m’en cache pas, lorsque je regarde la situation actuelle, il est clair qu’il manque des sommes importantes afin de réaliser toute la recette sylvicole des producteurs actifs du Québec. Au bas mot, 33%. La remise en production des peuplements affectés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette ne fera qu’augmenter ce déficit.

Le spectre de la guerre commerciale avec les États-Unis n’est rien pour rassurer non plus. Nous travaillons bien sûr avec nos partenaires afin de trouver des solutions. Ce n’est pas nécessairement facile, mais il ne faut pas lâcher.

Par contre, ce que j’observe dans le milieu municipal et dans le milieu des groupements forestiers m’inspire et j’aimerais partager ces réflexions avec vous. Qu’est-ce que les producteurs forestiers ont fait lorsqu’on a voulu fermer des paroisses ? Qu’est-ce que les municipalités ont fait lorsqu’il a été le temps de fournir des services avec moins d’argent ? Se regrouper !

En effet, j’ai vu plusieurs municipalités se regrouper pour partager des services, par exemple celui d’incendie. Ce faisant, parce que ces municipalités étaient compatibles, elles ont pu développer un schéma de couverture de risque cohérent pour l’ensemble de ce territoire et diminuer les frais de manière importante.

J’ai aussi observé des groupements forestiers qui, faute de masse critique, ont décidé de jumeler tous leurs contrats de reboisement et former une équipe spécifique pour les réaliser. Ce faisant, ils se sont assuré les services de travailleurs spécialisés et ont diminué les risques et les coûts inutiles.

Un peu plus? Il y a des groupements forestiers qui ont été encore plus loin que le simple partage de services. Ils ont poussé la démarche jusqu’à la fusion d’entités afin de se donner plus de marge de manoeuvre. Un des objectifs de la reconnaissance du modèle d’affaires des groupements forestiers était aussi de s’assurer que tous partageaient une vision et des valeurs communes. C’est, à mon avis, fait.

Cette situation nous permet maintenant d’oser encore plus. Devant les défis qui se pointent à l’horizon, nous devrons trouver encore une fois des solutions novatrices. Elles peuvent venir de l’interne, c’est vrai, mais aussi de nos voisins, de nos collègues, de nos amis. Je vous invite à partager la force du réseau afin de trouver des solutions avec vos pairs.

Que ce soit par un conseil, un partage de services ou même une fusion ; il est temps d’oser faire les choses différemment afin de se donner plus de pouvoir d’intervention pour nos membres. Je le disais au début, nos rencontres annuelles sont devenues incontournables. J’en suis convaincu, nos collaborations entre groupements forestiers le deviendront tout autant.