Houle Bellerive

Nos attentes pour la campagne électorale

6 Sep. 2018

Les élections arrivent et les partis politiques préparent leur plateforme électorale. Pour les aider à nous convaincre qu’ils offrent la meilleure option, la Fédération leur a proposé d’y intégrer les attentes du réseau.

UNE VISION POLITIQUE POUR LA FORÊT?

Le dossier forestier fait rarement la manchette pendant les campagnes électorales. Nous sommes pourtant un pays forestier. Le secteur est aussi complexe à saisir et peu de candidats comprennent la portée de l’enchevêtrement des organisations, des marchés et des politiques.

La Fédération est pourtant persuadée que la forêt offre des perspectives de développement positives et déterminantes pour la santé des collectivités en région. La forêt permet de créer de la richesse, d’occuper d’une manière dynamique le territoire et elle est un outil irremplaçable pour lutter contre les GES.

Afin de proposer des solutions concrètes, nos propositions sont synthétisées et simples, mais pas simplistes. Elles sont interreliées et elles forment un tout qui se veut cohérent. Nous avons aussi précisé nos attentes pour le volet coopératif, notamment en demandant un engagement à poursuivre la mise à jour de la Loi sur les coopératives.

PRÉCAUTIONS POUR LA MAIN-D’ŒUVRE FORESTIÈRE

Le Québec de tous les secteurs est inquiet face à l’actuelle pénurie de main-d’œuvre. Je suis anxieux parce que les signes de pénurie s’amplifient dans le secteur. Qu’adviendra-t-il quand nos seniors expérimentés, doués et mobilisés prendront leur retraite? La situation devient critique pour les équipes techniques, les ouvriers spécialisés en sylviculture et les opérateurs d’équipements forestiers.

Pour nous aider à combler les postes, le gouvernement devra faire preuve d’une extrême prudence avec ses politiques publiques. Le recours au principe du plus bas soumissionnaire est simple et rassurant pour l’administration, mais il comporte des effets pervers et pernicieux pour les conditions de travail et l’insécurité des travailleurs. Dans un système où les employés acceptent déjà beaucoup plus de compromis que dans les autres secteurs, dont le travail à forfait, la saisonnalité et la vie en campe- ment, la main-d’œuvre constitue notre préoccupation principale.

RECENTRER LE RÔLE DE L’ÉTAT POUR LA PLANIFICATION

Ce sujet est délicat et presque tabou. Le discours officiel est que les choses s’améliorent et que tout va bien. Pourtant, alors que la planification joue un rôle déterminant pour l’efficacité des opérations, nous sommes encore loin du niveau attendu. Nous croyons qu’il est possible de faire mieux en associant les entreprises d’aménagement forestier qui sont sur le terrain avec le MFFP. L’État doit explorer de nouveaux modèles et des configurations de partenariats pour créer des synergies et des liens plus forts entre la planification, les opérations et le territoire. Une meilleure intégration doit permettre d’obtenir une planification prescrite et harmonisée pour au moins trois ans.

CONNECTER LA FORÊT AUX USINES

Il s’agit d’une étape cruciale. Nos coopératives sont en marche pour le 4.0 en connectant la forêt aux usines avec tous les bénéfices qui en découleront. La gestion de données massives permettra d’améliorer la prévisibilité et la visibilité des flux de bois et, ainsi, augmentera l’agilité de toute la chaîne à satisfaire les besoins des clients finaux.

L’État doit contribuer à accélérer ce virage en rendant disponibles tous les outils dont nous avons besoin, dont surtout la couverture Lidar fine et les moyens de communication pour couvrir tout le territoire forestier. Une assistance stratégique, pour faciliter l’acquisition d’équipements forestiers à la fine pointe de la technologie, contribuerait aussi au virage.

INTENSIFIER LA SYLVICULTURE

Le bois est un matériau fabuleux. En plus d’être renouvelable, il possède des caractéristiques exceptionnelles pour une multitude de produits. Il capte beaucoup de carbone et il peut remplacer d’autres matériaux qui en émettent. La forêt doit jouer d’autres rôles que la production de bois, mais pourquoi ne pas intensifier l’effort sylvicole sur les sites les plus productifs?

L’avis du Forestier en chef, émis en décembre 2017, propose justement cette option. En septembre, je commenterai d’ailleurs le projet de « Stratégie de production de bois », que le ministre Blanchette soumet actuellement à la consultation, qui va aussi dans cette direction. L’intensification de la sylviculture en forêts publique et privée constitue un moteur de développement indispensable. Nos propositions peuvent incarner un véritable projet de société pour occuper durablement notre vaste territoire. Qu’en pensez-vous messieurs et mesdames les candidats et candidates?