Alain Paradis

Nos attentes pour le prochain gouvernement canadien

26 Oct. 2015

Les Canadiens iront aux urnes le 19 octobre prochain. Nous vous invitons à nous aider à faire connaître les attentes des coopératives forestières québécoises.

Un soutien au secteur forestier

Le momentum est parfait. La Commission permanente des ressources naturelles du Canada, présidé par Léon Benoit, un député conservateur de l’Alberta, vient de déposer son rapport. Il s’intitule «L’industrie forestière canadienne: reconnaître les défis et les possibilités.». La Fédération a eu l’occasion de se faire entendre par la Commission, son directeur y est même cité, et elle est très à l’aise avec la majorité de ses recommandations.

Le rapport met la table pour les partis qui voudraient s’engager à soutenir le secteur forestier canadien. D’ailleurs, le NPD a déposé un avis complémentaire qui précise ses intentions. Après avoir entendu cinquante témoins d’un peu partout au Canada, le rapport conclut que l’industrie connaît une reprise vigoureuse et une transformation profonde liée en partie aux investissements stratégiques du gouvernement du Canada. Il précise cependant que les attentes sont élevées pour que le soutien se maintienne.

Le rapport propose sept recommandations au gouvernement canadien. Parmi celles-ci, la FQCF appuie particulièrement celle qui concerne le besoin d’investissements stratégiques pour le développement technologique, la commercialisation des produits et la diversification des marchés. Notre avenir passe forcément par l’innovation. La Fédération tient beaucoup à connaître l’engagement des partis au sujet de notre besoin de connaissance accrue pour réussir à protéger les espèces en péril, dont le caribou forestier. En s’appuyant sur la science, il faut aller au-delà des simples principes de précaution.

Nous nous attendons aussi à un engagement à fournir de l’aide pour la lutte contre la tordeuse. L’industrie canadienne semble avoir beaucoup de mal à se mettre au diapason à ce sujet, mais le gouvernement canadien doit avoir comme priorité la reconduction de l’Accord sur le bois d’oeuvre. Je comprends d’ailleurs mal pourquoi ce sujet semble oublié pendant la campagne électorale. Le nouvel accord devra tenir compte des particularités de chaque région du pays, dont le Québec, qui doit bénéficier d’une exemption liée à son nouveau régime forestier plus orienté vers le marché.

Concernant la biomasse, le Comité l’a traité sous un angle un peu réducteur en parlant seulement de «granules de bois». Il ne revient d’ailleurs pas sur notre principal recommandation de «s’assurer que la mesure actuelle qui permet d’obtenir un crédit d’impôt pour du matériel de production d’énergie thermique alimenté à la biomasse forestière demeure en vigueur au-delà du 31 décembre 2015 et que celle-ci soit bonifiée pour atteindre 20 %». Un engagement de cette nature de vos partis à ce sujet serait très bien accueilli par les coopératives forestières.

Pour le développement des coopératives canadiennes

Nous avons la chance au Québec de bénéficier d’un environnement politique et administratif favorable au développement de nouvelles coopératives. Même s’il existe de très grandes coopératives dans le reste du Canada, les autres provinces sont loin de bénéficier du même support.

Coopératives et mutuelles Canada (CMC), notre grande organisation canadienne qui représente les coopératives et les mutuelles, demande aux partis politiques de s’engager à donner suite à deux demandes précises.

La première porte sur la mise en place d’un Fonds d’investissement coopératif canadien. Il s’agit d’une initiative du mouvement qui vise l’expansion et la croissance coopérative. CMC souhaite également que tous les candidats à l’élection comprennent que les coopératives prennent plus de temps et exigent plus de ressources de gestion lors du démarrage, mais aussi, une fois qu’elles sont nées, qu’elles entraînent des impacts très positifs sur la croissance et la solidité de l’économie canadienne qui en découle.

La meilleure façon de faire la preuve que ce potentiel est bien compris consisterait pour les partis politiques à appuyer la stratégie nationale de développement coopératif. Cette stratégie vise la création de 30 000 emplois d’ici 2020, l’élargissement des bénéfices découlant de la coopération à un million de Canadiens supplémentaires et surtout une prospérité durable pour le pays.

Des engagements à prendre

Nous savons tous que les engagements électoraux durent le temps d’une campagne. Il s’agit tout de même d’une période nécessaire pour sensibiliser nos élus à ce qui nous préoccupe. Si vous rencontrez des candidats, faitesleur part de nos attentes.