Claude Dupuis

Nos coopératives : un véritable pouvoir

27 Mai. 2013

Notre congrès vient de se terminer dans l’enthousiasme. Notre thématique nous a aidés à comprendre à quel point notre modèle est intéressant. Voici mes impressions :

Tout un Sommet!

Notre choix de profiter de l’élan du Sommet international des coopératives tenu en octobre 2012 était judicieux. Je l’ai manqué et je le regrette. La rétrospective que nous avons effectuée m’a permis de mesurer la portée de l’événement. Les études déposées, la notoriété des conférenciers et les échanges entre les participants ont permis de mettre en valeur le modèle et d’en faire la promotion, mais également de réfléchir aux défis que nous devons relever pour l’adapter et soutenir sa croissance. Puisque la tenue d’un deuxième sommet international a été confirmée en octobre 2014, je compte bien y participer.

De généreuses contributions

Nous avons eu le plaisir d’entendre des conférenciers d’envergure qui ont transmis la fierté qui découlait du Sommet, mais aussi fait connaître les questions les plus importantes qui en découlent. Les représentants des deux grands réseaux coopératifs québécois, Desjardins et La Coop fédérée, ont été généreux en témoignant des enseignements qu’ils retirent du Sommet. Ils nous ont parlé de croissance, d’agilité, de gouvernance, de réseautage coopératif et de leur intérêt à faire des affaires avec les coopératives forestières. L’un des bénéfices importants du Sommet aura été de faire connaître que les coopératives constituent une alternative nécessaire pour diluer les effets pervers de la financiarisation de l’économie. Hazel Corcoran a aussi bien présenté le rôle et la place des coopératives de travail dans le mouvement coopératif. Souvent de plus petites tailles, leurs membres ne recherchent pas forcément la croissance, mais plutôt une expérience représentant une véritable alternative au capitalisme en s’appuyant sur les valeurs de la coopération. Elle a souhaité qu’une plus grande place soit donnée à ces coopératives lors du prochain Sommet. Les études et les débats du Sommet ont conduit Michel Lafleur, le directeur de l’IRECUS, à bien expliquer à quel point il est difficile de comprendre les coopératives avec le seul cadre d’analyse capitaliste disponible. Il nous a invités à contester les mythes qui reposent sur une vision unidimensionnelle de l’économie. Notamment, le fait que la réalité ne s’exprimerait que par des éléments binaires s’excluant mutuellement, comme l’économique qui exclurait le social ou la théorie, la pratique. En revenant sur le paradigme coopératif, il nous a proposé un plan d’action pour mettre l’humain au coeur de nos coopératives.

Une réflexion à entretenir

Nous avons mené en après-midi un exercice ambitieux. Nous voulions déterminer comment adapter et utiliser les enseignements du Sommet pour notre réseau. Les représentants des coopératives et nos partenaires présents ont bien joué le jeu. Nous avons fait le tour des sujets et les résultats m’ont surpris tant par le réalisme des participants que par l’intérêt qu’ils portent à l’importance de déployer tout le pouvoir de leur coopérative. La question est loin d’être vidée. Nous devrons approfondir les options les plus intéressantes en conseil d’administration et ensuite revenir à nos membres.

Des mérites stimulants

Comme à chaque année, nous avons honoré deux personnes en leur remettant nos mérites. Jacques Bélanger, le gagnant du mérite d’excellence, a eu une carrière dans notre réseau à l’image de son message de remerciement : humble, efficace et amical. Bravo Jacques, ta présence nous manque. Quant à Hélène Simard, la gagnante du mérite coopératif pour son rôle comme présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, elle a réussi à nous émouvoir en chaussant ses bottes de géante de la coopération et faisant rayonner son honneur sur l’ensemble du mouvement coopératif plutôt que sur elle.

De multiples mercis

Je termine avec quelques mots de remerciement pour tous ceux qui ont fait de ce congrès un succès. Je remercie l’équipe de la Fédération qui pense à tous les détails tant au niveau de la logistique que du contenu, les participants des coopératives, les conférenciers et personnes-ressources des ateliers et, bien sûr, nos précieux commanditaires, dont particulièrement nos deux commanditaires coopératifs privilégiés que sont Énergies Sonic et le Mouvement Desjardins. Merci au conseil d’administration pour m’avoir confié à nouveau la présidence. Enfin, merci à Gaston Lavoie qui a quitté le conseil après plusieurs années de contribution et bienvenue à Martin Béland qui le remplace.