Marc Beaudoin

On vise la coupe

6 Mar. 2015

Honnêtement, j’ai hésité longtemps avant de choisir mon sujet d’éditorial ce mois-ci. Devrais-je parler de la prochaine saison, du congrès, du financement ou bien d’autres sujets? Je n’étais pas certain. Comme à toutes ces occasions, c’est une fois choisi mon sujet que j’ai décidé de tout changer.

En effet, comme à tous les weekends d’hiver, je suis allé voir mon garçon jouer au hockey. Force est d’admettre que ce n’a pas toujours réjouissant, surtout au début de l’année. Les défaites s’accumulaient au rythme des dégelées et les seules victoires coïncidaient avec les épidémies de gastros dans les régions que nous visitions.

Par contre, les entraîneurs demeuraient positifs. Ils insistaient sur l’importance de travailler comme tout un chacun sur les choses qui comptent, de parfaire la technique avant d’apprendre le jeu de puissance. Faut croire qu’ils avaient raison. Depuis les Fêtes, ils gagnent. Ils gagnent vraiment souvent et contre les équipes qui nous désossaient en début d’année.

Travailler sur les bonnes choses

L’exemple de l’équipe de mon fils m’a fait réaliser que les groupements forestiers ont aussi fait un travail admirable depuis quarante ans et spécialement depuis les dernières années.

Les groupements forestiers se sont notamment diversifiés, dotés d’une main-d’œuvre spécialisée, dotés de systèmes de certification reconnus, acquis de la machinerie forestière, etc. Ce travail, je le crois, nous permet de devenir l’atout principal dans la mise en valeur de la forêt privée.

La reconnaissance du modèle d’affaires

Rien n’obligeait les groupements forestiers à s’astreindre à une définition claire de ce qu’est un groupement forestier. Par nous-mêmes, nous avions amorcé les travaux au début des années 2000. Ce travail nous a conduits à répondre à un besoin du Gouvernement qui s’est transformé en reconnaissance du modèle d’affaires des groupements forestiers.

En termes clairs, cette reconnaissance assure que le groupement forestier est dirigé par et pour les propriétaires en vue de créer de la richesse dans les communautés forestières. Suivez-moi bien, cette reconnaissance donne l’assurance non seulement que l’argent ne sera pas dirigé vers un centre de profits unique mais qu’elle servira aussi à produire du bois.

Dans le contexte financier actuel, je suis certain que le ministre est heureux de pouvoir dire qu’au moins 73 % du budget est sous contrôle et sert à produire de la richesse et non pas à enrichir un propriétaire unique.

La production de bois

Rapidement dans l’histoire des groupements, nous nous sommes rendu compte que l’on devait aller au-delà de la sylviculture précommerciale pour offrir aussi le service qui permet au propriétaire de se rendre jusqu’à la récolte et la vente de son bois. Plusieurs groupements ont investi des sommes importantes dans l’acquisition d’équipements de haute performance. Ils ont aussi soutenu les entrepreneurs alors que les systèmes bancaires les abandonnaient. Ce faisant, ils ont permis de maintenir une force de travail essentielle dans les régions forestières.

Mais bien au-delà des équipements, les groupements forestiers permettent aujourd’hui au Québec de profiter d’un vaste réseau de propriétaires engagés envers la récolte de bois. Des propriétaires qui sont prêts à aménager leur propriété mais aussi à récolter le bois au terme des investissements.

L’approche collaborative

Le poids représentatif des groupements forestiers est indéniable. Sans conteste, nous représentons la principale force dans la mise en valeur des boisés privés. Plutôt que de choisir la confrontation à outrance, nous avons préféré travailler avec les autorités en place. Ainsi, plutôt que de nous perdre dans des combats infertiles, nous avons toujours participé à la recherche de solutions en proposant des approches novatrices. Dans un contexte où il sera difficile de continuer à faire la même chose de la même manière, nos propositions prennent maintenant beaucoup de valeur.

Le partage de services

Le réseau d’expertise des groupements forestiers est sans nul doute l’un des plus imposants du Québec. Ainsi plus de 2500 employés y ont développé plusieurs formes d’expertise tant sur le plan professionnel, qu’opérationnel. Les liens qui unissent les groupements forestiers ont permis à cette expertise de voyager parmi nos organisations. Aujourd’hui, non seulement l’information se transmet d’un groupement forestier à l’autre, mais plusieurs ont décidé d’unir leurs forces et de fusionner des services afin de se donner plus de force de frappe. Cette approche a permis autant l’accès au marché du bois du Bureau de la mise en marché des bois de (BMMB) qu’à la réalisation de projets sylvicoles dans des conditions beaucoup plus favorables et à des prix très avantageux.

La suite de la saison

Les actions posées par les groupements forestiers au cours des dernières années n’ont pas toujours attiré l’attention. En fait, plusieurs se sont faites dans l’anonymat presque complet. Par contre, aujourd’hui, nous avons en face de nous des entreprises de producteurs engagés qui se sont dotés d’équipements modernes de récolte et qui cherchent à maximiser la création de richesse par la production de bois. Ne me dites pas le contraire, avec un attaquant de puissance de ce calibre dans son équipe, le Gouvernement peut viser la coupe à la fin de l’année.