Renald Bernier

Ouf!

27 Mai. 2013

Vous le saviez, l’état des finances publiques laissait présager des coupures importantes dans les investissements en forêt privée. Les dépôts successifs du budget et des crédits budgétaires ont aggravé ces craintes. La place de la forêt privée était bien difficile à voir. Qui plus est, il était impossible d’ignorer la menace alors que tous les secteurs d’activités du gouvernement étaient appelés à trouver des fonds pour équilibrer le budget. L’intégrité de notre secteur d’activité était en danger.

C’est donc avec un profond soulagement que j’ai écouté madame MARTINE OUELLET annoncer les investissements en forêt privée. Ainsi, le MRN reconduit le Programme de mise en valeur de la forêt privée (28,5M$) et celui du Programme de création d’emplois (15M$). À ces sommes s’ajoutent 5M$ en aménagement sylvicole en forêt privée. Ces annonces ont enlevé beaucoup de pression sur les acteurs de la forêt privée et spécialement sur les groupements forestiers. À cet effet, je dois vous dire que je ne suis pas peu fier du travail réalisé par RESAM et madame Ouellet. Dès les tout premiers jours, nous avons entretenu des canaux de communications fort constructifs. Nous avons pu sensibiliser les décideurs sur l’importance que jouait la forêt privée dans les communautés forestières et on nous a écoutés. Cette attitude a permis de développer une vision commune de la situation et de trouver des solutions. Jamais nous n’avons été en confrontation dans ce processus et j’en remercie la ministre. Cette relation est de bon augure pour les travaux à venir.

De l’aide encore bienvenue

Il m’apparait très important de souligner la participation du ministre fédéral de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, monsieur DENIS LEBEL. À maintes occasions par le passé, monsieur Lebel a démontré sa préoccupation pour le développement des communautés forestières. Encore cette année, il a contribué au maintien de l’activité forestière en région en investissant 9,9M$ dans une entente pour le renforcement de l’activité économique des collectivités du Québec en sylviculture. Sans son intervention, la forêt privée aurait dû faire face à un avenir beaucoup plus sombre.

Du travail encore à faire

Bien que soulagés, nous devons constater tout de même que les annonces confirment une diminution de deux millions de dollars en investissement par rapport à l’an dernier. L’impact de la crise forestière rend difficile l’absorption de cette baisse pour nos entreprises. Par contre, nous sommes d’avis qu’il est possible et nécessaire de faire en sorte que tous les processus soient optimisés afin de pouvoir réaliser le même volume de travaux sur le terrain. Il est très important que débute immédiatement le processus d’optimisation des ressources en forêt privée. L’heure est à chercher toutes les parcelles d’efficacité possible et il est essentiel de revoir le rôle de chacune des structures afin d’évaluer leurs compétences stratégiques et trouver le meilleur moyen de faire de la forêt privée, le fer de lance de la reprise du secteur forestier. Nous devons nous donner comme objectif de trouver ces deux millions de dollars dès cette année en améliorant la productivité de toutes les composantes de la forêt privée. C’est nécessaire!

À bout de souffle

L’épisode hivernal de la course aux budgets remet sur la sellette l’importance de pouvoir planifier à long terme. Cet hiver, le MRN a concentré ses efforts afin de trouver des sommes supplémentaires à investir en forêt privée. De notre côté, nous avons été placés dans une situation de décroissance potentielle importante qui nous a empêchés de profiter de la saison morte pour faire du développement. Il n’y a pas grand monde qui a eu le temps de regarder en avant… Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de passer par un processus semblable l’année prochaine. Il est indispensable de doter la forêt privée d’une vision de trois à cinq ans afin que l’on puisse maximiser l’impact de nos ressources. C’est une priorité!

Regarder devant

Somme toute, je vois dans cette aventure un signe positif pour la forêt privée. Surtout lorsque l’on pense à l’exercice de refonte du régime forestier. Les efforts déployés par l’appareil gouvernemental pour supporter la forêt privée sont très encourageants. Il faut maintenant unir nos forces afin d’utiliser nos ressources à bon escient, et RESAM est toujours disponible pour y travailler.