Alain Demers

Parlons chasse!

22 Oct. 2015

Selon vous, quelle est la meilleure carabine? Quand il vente, est-ce moins bon pour chasser l’orignal? Tous les chasseurs ou presque ont leur opinion sur de tels sujets. Dans le domaine de la chasse, la réalité et les croyances se confondent souvent, d’où des discussions animées. Il y a donc matière à discussions!AD01-perdrix - copie

La meilleure carabine

Pourquoi avoir plusieurs carabines quand une seule peut tout faire? Avec un calibre 270 ou encore un 30-06, on peut aisément abattre tous nos gros gibiers: chevre
uil, orignal, caribou et ours. Ces calibres ont le grand avantage d’offrir une trajectoire plane et un grand choix de munitions.

Pour chasser avec autant d’aisance le chevreuil que l’orignal, il est préférable d’éviter les modèles lourds au canon long. Si vous possédez plutôt une 308 ou un autre calibre, ce n’est pas pour autant un handicap. Il est plus important de bien connaître la portée de son arme et s’approcher si c’est possible, pour éviter un tir à longue distance risquant de blesser inutilement le gros gibier.

Calibre 20 ou calibre 12 ?

Pour plusieurs chasseurs, rien ne vaut un fusil de calibre 20 pour chasser la perdrix. C’est peut-être valable en début de saison quand les perdrix ne sont pas méfiantes ou encore, pour les personnes de petite taille. Les chances de toucher la cible n’en demeurent pas moins meilleures avec un calibre 12, tout simplement parce que les cartouches contiennent environ 80 plombs de plus avec du No 7 1/2.

Ceux qui prétendent qu’un 12 réduit le petit gibier en bouillie se trompent. Il suffit de choisir un fusil avec canon muni d’étranglements interchangeables ou encore un fusil à canons interchangeables. On utilise alors un étranglement cylindrique, lequel permet un patron moins dense. Avec le même fusil, vous pouvez chasser les oies et les canards, en utilisant un étranglement plus serré couramment appelé full choke.

L’orignal et la température

De quelle façon la température influence-t-elle les résultats de la chasse à l’orignal? J’ai un jour posé la question à Eugène Labelle, alors guide dans la réserve La Vérendrye avec plus de 100 orignaux abattus par ses clients. «Combien de fois je me suis fait dire par mes chasseurs pour justifier leur raison de rester au camp, qu’il pleuvait, qu’il neigeait, qu’il faisait trop froid ou trop chaud, m’a-t-il répondu. L’argument voulant que les orignaux ne sortiront pas n’a pour moi aucune valeur puisqu’ils sont toujours sortis, n’ayant d’autre demeure que la forêt.»

Quand le son ne porte pas pour l’appel, à cause d’une forte pluie ou d’un grand vent, il est toujours possible de pratiquer la chasse fine ou de patrouiller le territoire, sur terre et sur l’eau. Pour augmenter nos chances, son point de vue était fort simple: ne pas lâcher une minute durant notre séjour, aussi longtemps que nous le permet la loi. «Qui peut affirmer à quel moment la chance va frapper?», a conclu Eugène avec sagesse.

25 perdrix/ km2

Si vous et vos compagnons de chasse abattez 10 perdrix sur vos terres durant votre saison, y en aura-t-il autant l’année suivante? Tout d’abord, vous devez avoir une idée du nombre de gélinottes sur le territoire. Pour le savoir, il faut évaluer la superficie des lieux, puis déterminer le nombre de ces oiseaux au kilomètre carré. Si l’habitat est propice, soit avec des aulnes par exemple pour abriter les poussins au printemps et des branches basses de conifères en guise d’abri l’hiver, on parle d’une moyenne de 25 gélinottes/ km2.

Normalement, on peut prélever jusqu’à 20 % d’une population de perdrix, sans que cela ait un effet nuisible. Un territoire de 4 km2, abritant théoriquement 100 gélinottes, permet d’en prendre une vingtaine lors d’une année d’abondance.

Le fameux cycle du lièvre

Une des croyances les plus répandues veut que le cycle d’abondance du lièvre soit réglé sur sept ans. Cette idée semble venir d’anciennes études dans des forêts peu fréquentées ne tenant compte que de la présence du lynx comme prédateur.

Qu’en est-il si le secteur est chassé régulièrement mais sans excès? En fait, comme la population ne peut devenir trop abondante, cela l’empêche de chuter brutalement à cause du manque de nourriture ou des prédateurs comme le renard ou le lynx. Durant les années 1980, une étude en Europe menée par le chercheur Pépin a estimé que l’abattage de 30 à 40 % des lièvres avait peu d’effet sur l’abondance des lièvres l’année suivante. Il n’y a alors pas de cycle. Autrement dit, là où vous chassez, il se peut qu’il y ait des hauts et des bas plus ou moins réguliers pouvant même varier selon les boisés…

Le call de l’orignal

Le grand bramement, celui le plus utilisé par les chasseurs, imite le cri d’une femelle qui ne veut rien savoir! Ce cri peut même faire fuir le mâle…

Avec son film mythique En compagnie des orignaux, produit dans les années 1990, la peintre naturaliste Gisèle Benoît avait été l’une des premières personnes, sinon la première, à démontrer que le langage du roi de nos forêts comporte des sons variés et souvent même assez courts. C’est ce que lui ont permis d’apprendre ses 12 années intensives d’observations et d’images, en particulier dans le parc national de la Gaspésie. Plusieurs guides et chasseurs réputés partagent d’ailleurs le même point de vue.

Les grattages du chevreuil

C’est bien connu. Peu avant la période de rut, les grattages au sol mais aussi les marques de frottage sur les arbres indiquent qu’un chevreuil mâle a marqué son territoire. Il est alors tentant de se poster tout près. Mais avant de vous installer à l’affût, comment vous assurer qu’il s’agit d’un trophée de chasse potentiel? Il suffit alors de chercher une branche brisée ou visiblement mâchée tout près d’un grattage. C’est l’indice qu’un mâle dominant se trouve dans le coin.

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