Houle Bellerive

Passation à la présidence

28 Avr. 2020

Déjà deux ans que je préside la FQCF. Je passe maintenant le relais à l’un de mes collègues du conseil d’administration. Voici un bref et positif bilan.

Une expérience enrichissante

Je ne suis pas tombé du ciel à la présidence. Je siégeais au CA depuis six ans et j’avais été vice-président deux ans. Ce n’est cependant pas pareil d’être président. Il faut être disponible pour assister le directeur général par qui transite tous les dossiers de la Fédération. Il doit pouvoir compter sur le support du président pour prendre des décisions rapides ou pour tester de nouvelles idées avant d’élargir le cercle. Il est aussi indispensable d’être au courant de tout ce qui se passe pour pouvoir analyser convenablement les options qui se présentent. C’est un peu comme un contrôleur aérien qui doit avoir en tête où sont tous les appareils en vol dans son rayon d’action. Tout cela m’a plu; cela donne l’impression d’être au cœur de l’action.

Il y a aussi les obligations. Il faut présider les rencontres du conseil d’administration et des assemblées générales en gérant les droits de parole. Ce n’est pas toujours facile, je suis moi-même tenté de partager mes émotions, mais il faut traiter tellement de sujets que nous devons faire preuve de discipline.

Il y a aussi les activités plus protocolaires et publiques. Nous devons rencontrer des élus. Il faut prendre la parole en public, ce qui ne m’a jamais particulièrement satisfait. Il faut aussi écrire dans Le Monde forestier. J’ai toujours l’impression que nous venons de sortir le journal quand on m’invite à écrire un autre éditorial. Heureusement, c’est plutôt un privilège qu’une corvée.

Je dirais qu’à travers mon expérience, ma plus grande révélation comme président a été de mesurer pleinement l’importance du réseau. J’ai à cœur, plus que tout, le succès de la coopérative que je dirige, mais j’ai maintenant une vision plus large de la diversité et de la richesse qui se trouvent dans les autres coopératives et de l’importance de faire converger nos forces. J’ai aussi eu la chance de mieux connaître l’ensemble du milieu coopératif québécois qui m’a aussi beaucoup impressionné par sa profondeur.

Une période turbulente

Je quitte la présidence à un moment où le secteur entre dans une période critique. L’adaptation à la COVID-19 va demander beaucoup d’attention. Les marchés ont aussi ralenti brutalement, la demande, surtout de bois d’œuvre, s’étant effondrée. Il faudra suivre tout cela avec une concentration redoublée pour que toutes les coopératives traversent la crise. Je sais heureusement que la Fédérations sera là pour les accompagner. Mon plus grand regret de quitter la présidence est relié au fait que j’ai de grandes craintes que toute la réflexion sur la nécessité de réviser le régime forestier soit reportée. C’est dramatique. Au moment de sortir de la crise, il faudra trouver l’énergie pour s’attaquer rapidement à ce problème.

Reconnaissance et encouragement

Je n’aurais jamais réussi à présider la FQCF sans les multiples soutiens dont j’ai bénéficié. Cette reconnaissance va en premier à toute l’équipe de la Fédération qui met tout en œuvre pour me faciliter la tâche. Le président bénéficie d’un accompagnement qui lui permet de penser à presque tout. J’aimais l’équipe avant de devenir président, mais je l’apprécie encore davantage après l’avoir côtoyée.

Les collègues du conseil d’administration jouent aussi un rôle formidable. Ils m’ont fait confiance et ils ont collaboré étroitement pendant et entre les rencontres du conseil d’administration. Quand les décisions se prennent au conseil, elles ont été analysées sous de nombreux angles. Ils réussissent aussi à garder un climat détendu, même pour traiter les sujets les plus graves.

Les coopératives ont aussi contribué à me faciliter la tâche. Tout n’est pas toujours rose et nous devons nous remettre en question régulièrement, mais le respect et la coopération animent toujours les échanges avec elles.

Je termine en souhaitant bonne chance à Stéphane Gagnon qui devient le nouveau président. À titre de vice-président, il m’a beaucoup aidé dans mon rôle. J’ai une très grande confiance en son talent et son dévouement et je lui souhaite bonne chance. Puisque je suis devenu vice-président coopératif à sa place, je vais bien sûr faire de mon mieux pour l’assister.